WORLDTEMPUS – 11 mars 2010
Propos recueillis par Louis Nardin
Société familiale dirigée depuis 14 ans par Olivier Bernheim, gendre du fondateur de la marque, Raymond Weil s'apprête à écouler cette année 210'000 montres pour un prix allant de 850 à 4800 francs suisses. Avec une structure industrielle basée sur des relations de longue date avec ses fournisseurs, la Marque gère à l'interne toutes les opérations de recherche et développement, de marketing, de ventes, de gestion ou encore d'expédition et de service après-vente. D'ici quelques jours, elle présentera le renouveau de sa collection emblématique lancée en 1990, et par ailleurs très sollicitée aux Etats-Unis, la ligne Parsifal.

Louis Nardin: Il y a quelques mois, vous déclariez que les marques situées dans votre positionnement de prix étaient les premières à souffrir de ralentissements économiques, mais qu'elles connaissaient également la reprise avant les autres. L'avez-vous constaté récemment?
Olivier Bernheim: Tout à fait. Notre modèle industriel basé sur un réseau de sous-traitants qualifiés et nos prix attractifs par rapport à l'offre horlogère globale induisent des temps de production relativement courts, en particulier lorsque certains marchés donnent des signes de reprise. Depuis quelques semaines, de nouveaux clients attentifs à la dépense montrent de l'intérêt pour le rapport avantageux entre les prix et la qualité de nos produits. Une fois encore, j'ai constaté que notre segment constituait un excellent baromètre pour identifier une amélioration des ventes.
Comment Raymond Weil s'est adaptée à la crise qui a frappé l'industrie horlogère en 2009?
En tant qu'entreprise familiale, nous avons pris la décision de réduire le nombre de collaborateurs et nous nous sommes focalisés sur un contrôle strict des stocks. Ces mesures m'ont permis de disposer aujourd'hui d'une excellente base financière. Notre niveau de production se rapproche d'ailleurs de celui d'avant la crise.
Avez-vous dû remodeler votre réseau de fournisseurs?
Nous n'y avons pas touché. Toutes nos commandes ont été honorées et aucune de celles qui étaient en cours n'a été annulée mais uniquement lissée dans le temps suivant les cas. C'est pour nous un point capital que de respecter ces engagements. Qu'on l'analyse sous n'importe quel angle, l'industrie horlogère est d'abord définie par la qualité des relations qu'entretiennent entre eux ses intervenants.
Quelles conséquences cette crise a-t-elle eu sur le tissu industriel horloger?
Nous avons assisté à des bouleversements chez les sous-traitants dont certains ont connu, et connaissent encore, des heures pénibles. Très exposés lors des périodes difficiles, ils ne vivent qu'à travers leurs clients et n'ont que peu de visibilité sur l'état des marchés. D'une façon générale, cette crise aura laissé des traces tant au niveau industriel que sur celui de la distribution avec des disparités importantes entre les différentes régions du monde.
Avez-vous procédé à des changements dans votre réseau de distribution?
Depuis le premier novembre dernier, nous avons repris en main la distribution aux Etats-Unis grâce à la création de notre propre filiale. Représentants 24% du volume de nos ventes, ils constituent l'un des débouchés majeurs de la Marque. Nous allons désormais exploiter en profondeur cette nouvelle situation. Le 1er mars, nous avons également inauguré notre filiale indienne basée à Bangalore. L'Inde représente en effet un marché extrêmement important, sur lequel nous portons beaucoup d'attention, après les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Moyen –Orient et la Chine, où Raymond Weil dispose déjà de 88 points de vente avec un ambitieux plan d'ouvertures pour cette année.
L'Asie a été le moteur de la reprise pour l'horlogerie. L'avez-vous constaté vous aussi?
Absolument. La Chine, et Hong Kong en particulier, affiche des résultats de vente très positifs. Je suis également étonné par la vitalité du marché américain qui montre de vrais signes de reprise.
Quelle sera l'actualité de Raymond Weil à Baselworld?
Nous célébrerons en particulier les 20 ans de la collection Parsifal, notre best-seller. D'une façon générale, nous avons travaillé à offrir un large éventail de produits d'entrée de gamme. Il fallait en effet présenter à nos clients des montres qui déclencheront l'envie auprès des consommateurs finaux. Aujourd'hui, notre tâche consiste en effet à aider nos détaillants à dynamiser leurs ventes en assurant une rotation constante du stock. La nouvelle collection 2010 a déjà trouvé un écho positif auprès des rares détaillants qui l'ont déjà vue, ce qui me rend confiant quant à l'issue du salon.