WORLDTEMPUS – 14 avril 2010
Mathilde Binetruy
Il est 18h à Paris, 12h à New York. Rive gauche, un parterre rouge s'ouvre sur un hôtel particulier de 2'100 m2. Côté rue: les Deux Magots, le Flore, St-Germain-des-Prés. Côté cours: l'Amérique. Après la Place de la Madeleine il y a 25 ans et l'Avenue Montaigne en 2008, Ralph Lauren inaugure sa troisième boutique dans la capitale française, au 173 boulevard Saint-Germain. Mieux qu'un flagship store, le lieu invite à un voyage outre atlantique par procuration. Cinq étages rassemblant tout l'univers du créateur, de la mode aux accessoires, en passant par un restaurant intérieur et à ciel ouvert, le «Ralph's», et surtout un écrin dédié aux garde-temps, le premier au monde. Un détail à haute teneur symbolique depuis 2009 et l'avènement de la marque en horlogerie. «Ralph Lauren, qui est un grand collectionneur de montres, rêvait depuis longtemps de créer ses propres collections, dit Guy Châtillon, CEO de Ralph Lauren Watch & Jewellry Co. C'est aujourd'hui chose faite et cet écrin au cœur de l'univers de la marque est une étape supplémentaire. Le concept trouve toute sa légitimité et sa raison d'être dans cette plus grande boutique Ralph Lauren d'Europe.»

L'élégance made in US. © Worldtempus/Mathilde Binetruy
Majordomes aux cols blancs, hôtesses «Carrie Bradshaw», mini-hamburgers en amuse-bouche, ne manque que Gatsby pour s'imaginer en début de soirée dans les Hamptons. Pour comprendre la démarche horlogère du designer new-yorkais une visite guidée fait office de clé de lecture. En marge du salon, le rez-de-chaussée distille les accessoires. Au gré des étages, le dressing s'étoffe et les styles défilent. Ici, un boudoir féminin précieux, là une alcôve easy rider, plus loin un repère preppy. Dans l'espace Nouvelle-Angleterre, l'audience frémit. Le fils de Ralph Lauren, David, passe avec des invités. Sourire avenant, visage où l'enfance n'a pas dit son dernier mot, traits familiaux qu'il tient en ligne droite de son père. Au dernier niveau, le Far West américain. Papa Hemingway veille sur un vestiaire de cow-boy, où selon toute vraisemblance, John Wayne devrait dégainer d'ici peu. Plus besoin d'Ambassade US, nous y sommes.

C'est probablement l'explication de texte qu'il manquait à Ralph Lauren pour faire comprendre l'ADN de ses montres. Elles y puisent et se nourrissent de tout l'univers de son créateur, à l'origine vendeur de cravate chez Bloomingdale's, dans les années soixante, aujourd'hui à la tête d'un empire. Côté en bourse depuis 1997, l'entreprise qui possède 300 boutiques à travers le monde, a totalisé en 2009 un chiffre d'affaires global de 5 milliards de dollars.
