Tribune des Arts - Novembre 2009
Michel Bonel

Les Français aiment toujours plus leur patrimoine. Dans l'Hexagone, trente-quatre lieux sont inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco. Dont le dernier en date est une petite ville du Jura, Salins-les-Bains, qui abrite aux côtés de la saline royale d'Arc-et-Senans figurant depuis 1982 sur la liste, des bâtiments témoignant de l'histoire de la production du sel, avec ses galeries souterraines voûtées. A Paris, au Carrousel du Louvre, le Salon international du patrimoine culturel qui a lieu jusqu'au 8 novembre, en est déjà à sa 15e édition. Il a été racheté au printemps dernier par Ateliers d'Art de France qui comprend plus de 2800 créateurs, qu'ils soient artisans, artistes ou manufactures d'art.
Dans ce cadre, le mécénat joue un rôle de plus en plus actif. De nombreuses fondations y participent. Ainsi Total, un des tout premiers groupes pétroliers et gaziers internationaux, contribue à la restauration de La Ruche, à Montparnasse, pour quelque 20% du coût global, soit plus de 77 000 euros. L'ancienne rotonde des vins de l'Exposition universelle de 1900, se présente sous la forme d'un bâtiment polygonal dont l'ossature métallique a été dessinée par Gustave Eiffel. L'ensemble fut récupéré en 1902 par le sculpteur Alfred Boucher puis remonté à l'extrémité sud du quartier de Montparnasse pour en faire un lieu d'accueil pour les artistes comme Modigliani, Soutine, Brancusi, Léger, Chagall, Max Jacob, Cendrars. Menacée de destruction, La Ruche fut sauvée par une mobilisation d'artistes, puis rachetée en 1971 par René et Geneviève Seydoux. Une fondation fait perdurer aujourd'hui ce lieu mythique qui accueille dans ses ateliers en location, une cinquantaine d'artistes de douze nationalités différentes. Les travaux portent sur la restauration de la toiture, de la façade et des huisseries.
Velux fait entrer la lumière
Dans les environs de Lyon, le couvent de la Tourette construit de 1956 à 1959 par l'architecte suisse Le Corbusier, fait l'objet de tous les soins de la part de Velux, cette société danoise au départ. En tant que spécialiste de la fenêtre de toit, elle apporte sa contribution financière à des projets dans lesquels la lumière naturelle joue un rôle central. Comme ce couvent créé par un grand maître de l'architecture contemporaine et classé monument historique en 1979, dont les formes subtiles des ouvertures permettent à la lumière naturelle de rentrer abondamment. Ce mode d'éclairage a déterminé Velux à effectuer une donation de quelque 200 000 euros, essentiellement consacrés à la rénovation de la vitrerie d'ici 2012. De même, Velux, qui est présent en Suisse à Trimbach (SO), ne pouvait que participer à la restauration des verrières de la Sainte-Chapelle à Paris, à la hauteur de 5 millions d'euros sur un budget total de rénovation qui se monte à 10 millions d'euros. Le troisième monument le plus visité de la capitale comprend quinze verrières composées 1113 panneaux imagés. La donation doit permettre d'en restaurer sept. La fin des travaux est prévue pour 2014. Une contribution d'autant plus méritoire que cette société dont le siège est à l'étranger, ne bénéficie pas de réductions fiscales en France, précise-t-on à Paris.
Troisième exemple de mécénat: il porte un nom prestigieux, celui de Lalique. Les maîtres verriers de cette maison ont recréé les luminaires des halls et des foyers du Théâtre des Champs-Elysées à Paris. Au nombre de 62, ils avaient été conçus par René Lalique en personne en 1912. Cette délicate mission a été achevée au printemps dernier, à l'issue d'un chantier de deux ans commandité par la société 15. Montaigne, propriétaire du théâtre.
www.fondation-patrimoine.com
www.velux.fr
www.theatrechampselysees.fr
A lire:
Les Patrimoines de France
Éditions Gallimard CHF 65.40
