Gérard Berthet, sur le fil

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Je suis mécanicien robofil, c'est-à-dire que mon travail consiste à découper des pièces dans des plaques de métal à l'aide d'un fil de laiton zingué et électrifié.
REVOLUTION #4 - Louis Nardin

Une notice sur des études techniques, un indice sur un caractère jovial, et les traits s'affirment sous l'image d'Epinal. Gérard Berthet distille volontiers ses souvenirs, ses passions collectionnistes, son côté touche-à-tout. A 60 ans, l'homme a acquis une certaine assise dans son métier de mécanicien. Formé dans le lycée technique de sa ville natale - Morez, dans le Jura français - il a gardé de ses études un goût de la quête, aimant approfondir les problèmes dans les plus infimes détails. Sa profession ? “Je suis mécanicien robofil, c'est-à-dire que mon travail consiste à découper des pièces dans des plaques de métal à l'aide d'un fil de laiton zingué et électrifié. ”

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Gérard Berthet, mécanicien robofil chez Daniel Roth et Gerald Genta © Revolution/Philippe Pache

Se perfectionner, trouver le petit plus qui fera la différence, est également son moteur. Il professe une rigueur salvatrice du métier: “Pour l'exercer correctement, il faut être consciencieux et travailler avec des machines qui sont tout sauf faciles à manipuler.” La mécanique n'est pas son unique leitmotiv. De son passage dans le corps des sapeurs-pompiers, il a gardé la passion des véhicules rouges lilliputiens. “ Ce hobby a une histoire puisque j'ai été pompier volontaire à la caserne des Rousses pendant trente ans. Aujourd'hui, j'en possède environ 500 modèles. Je les ai tous achetés et n'en revends jamais. Parfois, j'en trouve 10 en un mois, et puis plus rien pendant plusieurs semaines. ” Où débusque-t-il ses jouets pour adultes ? “Dans les brocantes, les foires, mais surtout sur internet.” Il l'avoue volontiers, le web l'hypnotise si frénétiquement qu'il limite à deux heures par jour ses séances de navigation virtuelle. Il y entretient de nombreux contacts avec d'autres collectionneurs. Dans ses ultimes temps libres, il s'adonne à la lecture. Et c'est toujours un ouvrage sur les miniatures de camions de pompiers qui occupe le haut de la pile. De son passif de skieur, il a gardé le goût de l'exercice et du bricolage. “J'aime faire mon bois de chauffage moi-même et il m'est arrivé de construire des remorques de A à Z pour le transporter.” Célibataire, ce mécanicien ne lâche jamais la bride à l'opiniâtreté. “Je cuisine avec beaucoup de plaisir. Et ce n'est pas si compliqué ; en effet, tout le monde peut s'y adonner grâce aux livres qui existent. Personnellement, je suis touche-à-tout car il est exclu d'en rester au stade de l'omelette. Et pas question d'utiliser des aliments traités chimiquement!” Dans une autre vie, Gérard Berthet s'était aussi découvert un penchant pour l'acquisition de montres : “ J'ai arrêté, car elles finissent toujours par rester au fond d'un tiroir ”. On le regretterait presque, en tout cas pour le quantième perpétuel Gérald Genta.

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