WORLDTEMPUS – 30 mai 2011
David Chokron
Pour certains, c'est une revanche historique. Le démantèlement de l'industrie horlogère dans les années 70-80 avait laissé un goût amer en Franche-Comté. Pour la marque Pequignet, c'est une renaissance doublée d'un pari industriel et économique conséquent. En effet, le calibre Royal est le premier mouvement mécanique de série entièrement conçu, fabriqué et assemblé en France depuis près de 20 ans. La marque, présidée par Didier Leibundgut, un ancien de chez Zenith, est en train de se réinventer autour d'un mouvement dont les caractéristiques sont franchement alléchantes.

Premiers exemplaires
Ce dernier week-end de mai, les premiers exemplaires ont été mis en vitrine à la boutique Les Montres de la rue Bonaparte, à Paris. « Ce qui nous a séduit, c'est l'histoire, la démarche », explique son propriétaire, Jean Lassausois. « C'est une idée de génie de monter une manufacture française. Pour cela, Pequignet a trouvé deux techniciens français, des pointures. Et la montre a enregistré de nombreuses précommandes. » En effet, le produit ne manque pas d'atouts techniques.

Intelligence des choix techniques
Le mouvement est automatique bidirectionnel et dispose d'une durée de marche réelle de 100 heures. Mais l'indicateur de réserve situé à 8 heures se limite à 72 heures, plage où une haute qualité d'isochronisme est garantie. L'engrenage du train de rouage avec l'unique barillet se fait, chose rare, par son axe, ce qui stabilise le couple moteur. Les indications ont été choisies pour leur utilité concrète. Il s'agit en effet, d'un jour grande date, dont les trois disques sont présents dans un double guichet d'un seul tenant. En prime, leur saut est instantané et simultané, encore une rareté. Enfin, certaines versions disposent d'une indication des phases de lune. Le tout tient dans une hauteur raisonnable de 5,88 mm, sans module de complication additionnel. Ses solutions de réduction des frottements, son architecture par blocs, entre autres, ont fait l'objet de six dépôts de brevet.

Nouvelle racine
Le calibre Royal est le point de départ d'une toute nouvelle aventure. « Pequignet se base sur son nom de calibre pour se relancer. Cela crée une racine », analyse Jean Lassaussois. En effet, les détaillants qui ont adopté la ligne n'ont pas l'obligation de prendre l'assortiment plus ancien de la marque. Il s'agit d'une gamme autonome, qui présage d'un bouleversement majeur de la marque. A coté des modèles Rue Royale et Paris Royal, on trouve également une version dans le boîtier sportif Moorea, un classique de Pequignet. La marque revient pourtant de loin. Vieillissante, elle payait aussi le prix de son identité géographique.

Industrialisation bien calibrée
Etre français en horlogerie n'est pas un titre de noblesse sur le marché actuel. A moins d'arriver avec une proposition de haute qualité, comme l'est indéniablement ce calibre. Dimensionné pour être produit à 5000 exemplaires par an, il a été calé sur les quantités optimales pour concilier économies d'échelle et complexité due aux volumes. Il en va de même pour les habillages, qui ont été soignés pour être à la hauteur du moteur. Ainsi, la première version acier n'est facturée que 4 950 € (environ 6800 Frs), soit 30 à 40 % moins cher qu'un équivalent de manufacture suisse renommée et de qualité horlogère comparable.