On retrouve certaines photos de vous assez anciennes où, à de l’âge de 13 ans, vous portez vos premières montres. C’est aussi précoce que votre tennis !
Oui, effectivement ! J’ai même probablement eu d’autres montres lorsque j’étais à l’école, des Swatch notamment, le cadeau d’anniversaire de mes parents. Mais ma première montre sérieuse, c’était bien une Tissot à l’âge de 13 ans.
Comment s’est faite la bascule vers du sponsoring horloger professionnel ?
J’avais 17 ans, par le biais de mon agent. Mon premier sponsor était Rado. C’est un contrat qui a duré trois ans avec la marque. Ensuite, entre 2017 et 2023, j’ai eu cinq ans de contrat avec Rolex. En 2024, je suis resté indépendant de tout contrat horloger.
Année où Cvstos arrive...
C’est exact. À la fin 2024, mon agent se rapproche de Cvstos. Ce sont des réflexions stratégiques assez poussées, puisqu’il faut être en adéquation avec la marque, son positionnement, ses produits, son image. Il faut également un dispositif complet de relations publiques, et une véritable volonté de son côté de promouvoir le partenariat. Il ne s’agit pas simplement de mettre un nom et une marque côte à côte dans une référence du catalogue.
Toutes ces planètes étaient alignées avec Cvstos ?
Et même bien plus ! Car je voulais effectivement entrer dans le monde de l’horlogerie indépendante. Je voulais chercher quelque chose de plus pointu, hors des sentiers battus, et une maison aux côtés de laquelle je pourrais réellement m’impliquer. Mais au-delà de cela, j’ai eu l’immense plaisir de découvrir une maison familiale. J’ai rencontré Sassoun Sirmakes, fondateur de la marque. Nous partageons les mêmes racines arméniennes. Et puis chez Cvstos, la chaîne décisionnelle est très courte. Tout le monde est impliqué dans les projets. Sassoun et moi sommes en contact permanent pour concevoir mon modèle et le faire grandir.
Justement, comment vous êtes-vous investi dans le développement de votre propre modèle ?
Je voulais quelque chose d’unique et personnel, qui soit établi en Suisse pour la légitimité, mais également la continuité avec les sponsors précédents, tous Swiss Made. Je souhaitais également quelque chose de plus pointu, et la forme tonneau, typique de Cvstos, m’a tout de suite plu. Enfin, dernier critère, je voulais un produit sportif et relativement accessible pour que mes fans, mais également tous les amateurs de belle horlogerie sportive, puissent se l’offrir.
N'aviez-vous pas peur que la marque soit trop niche ?
C’est une bonne question. On va voir. Mais j’ai tendance à croire qu’il y a une réelle continuité entre mon image et celle de la marque, et que la belle horlogerie parle à tout le monde. Il y a quelque chose d’universel.
À quel stade précis de la conception de la montre êtes-vous personnellement intervenu ?
Tous. J’ai visité l’entreprise, son unité de production. J’ai décidé du mouvement que nous allions choisir, de la matière du boîtier, de celle du mouvement, de la forme des ponts, des couleurs, du bracelet. Beaucoup de mes choix étaient orientés vers une légèreté maximale, et nous sommes arrivés au point absolument incroyable de seulement 54 g, bracelet inclus.
Jouez-vous avec votre montre au poignet ?
Pas pour le moment. Mais je l’utilise déjà régulièrement à l’entraînement et ça ne pose aucun problème. Il faut que je puisse voir à l’usage si je m’y habitue, comment cela peut modifier l’équilibre de mon poignet.