A Cassandre "Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil. Las ! voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place Las ! las ses beautez laissé cheoir ! Ô vrayment marastre Nature, Puis qu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir ! Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que vostre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez vostre jeunesse : Comme à ceste fleur la vieillesse Fera ternir vostre beauté."
PIERRE DE RONSARD (1524-1585), «LES ODES», LIVRE I (1552).
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Chantée par les poètes antiques et les mythes païens, elle s'assagit sous l'influence du christianisme et devint symbole de pureté dans de nombreux écrits médiévaux dont le plus célèbre reste le «Roman de la Rose».
Dans la deuxième moitié du XVe siècle, elle fut aussi le symbole d'une guerre civile dite des «Deux-Roses» pour la possession de la couronne d'Angleterre. La rose rouge y gagna un royaume sur la rose blanche.
A la Renaissance, son aspect charnel fut dévoilé par les poètes de la pléiade. Depuis, la liste de ses chantres est longue, c'est dans plus de mille poèmes qu'on la cite.
La rose fut naturellement le sujet de maintes représentations picturales et servit également dans le domaine des arts appliqués. C'est ainsi qu'on la retrouve au centre de la décoration de nombreux objets et montres issus des ateliers de la Fabrique genevoise au début du XIXe siècle.




Tribune des Arts - L'Annuaire 2005