Michèle Brunner
A la réception du musée, le visiteur est accueilli par de souriantes hôtesses de l'air et reçoit sa carte d'embarquement. Non, il ne s'est pas trompé de terminal ni de destination! Le week-end dernier, à la rue des Vieux-Grenadiers, le Patek Philippe Museum a choisi le thème du voyage pour convier les Genevois et les touristes à une découverte de ses collections. Il faut dire que Antoine-Norbert de Patek, fondateur de la marque, fut lui-même un grand voyageur.
En attendant l'heure de l'embarquement - de la visite guidée - le curieux a le loisir de s'étonner devant les anciens instruments et machines d'horlogerie. Une pause devant les établis de l'époque permet de méditer sur les conditions de travail d'antan mais aussi d'apprécier la qualité esthétique de ces meubles.
Deux horlogers - bien contemporains ceux-ci - en blouse blanche, répondent à la curiosité des visiteurs. Leur tâche consiste à réparer et restaurer des montres anciennes, dont certaines, parfois, arrivent en pièces détachées sur leur établi. Commence alors un minutieux travail de désassemblage de la montre, de nettoyage, de polissage, de recherche des pièces manquantes ou trop abîmées - Patek Philippe conserve un stock très important de pièces détachées - et finalement, de remontage, pour obtenir une montre presque neuve.

Le haut-parleur annonce l'embarquement. Une groupe d'une vingtaine de personnes se forme autour de la guide. Pendant près d'une heure, elles vont découvrir la collection du musée dans un voyage à travers les siècles et les pays.
La Pologne tout d'abord (Antoine-Norbert de Patek était polonais, de même que son premier associé, François Czapek) et l'Allemagne, berceaux des toutes premières montres au XVIe siècle; la France au XVIIe, et Genève qui se spécialise dans la miniature et la peinture sur émail; la Thaïlande, visitée par Antoine-Norbert de Patek, et ses splendides montres-pendentifs; le Brésil et les Etats-Unis, étape importante pour le développement des montres à complication. C'est là, en effet, qu'au début du XXe siècle, James W. Packard et Henry Graves Jr., deux magnats américains, se sont affrontés à travers Patek Philippe, pour faire fabriquer et posséder les montres accumulant le plus de complications.

Le périple continue avec un passage en Angleterre pour admirer des montres de poche en or repoussé et des modèles destinés à la marine; en Chine, où les montres-bijoux s'ornent de perles et vont toujours par deux, puisque la coutume chinoise veut que les cadeaux s'offrent par paire; en Turquie où une colonie d'horlogers genevois s'était établie aux XVIIe et XVIIIe siècles. Une dernière petite étape en Suisse réserve son lot d'étonnement devant les montres-automates et les montres à oiseaux-chantant.

Comme pour tout premier voyage dans un pays ou une ville inconnue, la visite de ce week-end fut partielle, et l'envie d'y retourner devient une véritable promesse agendée.
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