5 novembre 2009
Paul Miquel
D'abord, l'écrin. Situés au n°10 de la place Vendôme, les nouveaux salons Patek Philippe s'étendent sur une surface totale de 358 m2 dans une atmosphère «Art Déco» très cosy où le marbre, l'albâtre, la ferronnerie d'art et le bois de palissandre ou d'érable s'intègrent parfaitement à la saveur «Grand Siècle» de la prestigieuse place parisienne.

Ensuite, le bijou: une adorable montre féminine baptisée «Ladies First Chronograph» -Ref. 70171 R, en or rose - qui s'inscrit dans cette même signature stylistique inspirée des années 30. Petite coquetterie: ce chronographe-bracelet est la première montre mécanique à remontage manuel avec complication de Patek Philippe réalisée spécifiquement pour une clientèle féminine. «C'est effectivement une première, confirme Philippe Stern, président de la manufacture genevoise. Nous avons senti cette tendance. On peut parler d'une attirance des femmes pour les montres compliquées. D'ailleurs, notre équipe de design était uniquement constituée de femmes.»
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Dès le premier coup d'œil, cette Ladies first chronograph se révèle éminemment attrayante. Boîtier coussin en or rose aux angles arrondis, cadran doux en version opalin argenté ou noir avec motifs guillochés, cadrans auxiliaires placés plus bas que l'axe central des aiguilles avec des échelles excentrées, aiguilles de type «feuille» en or rose… aucun détail n'a été laissé au hasard. Cette montre-là ne pouvait pas être dédiée aux femmes sans l'ajout de diamants: il y en a 136, sertis sur le réhaut entourant le cadran rond. Cette touche d'élégance fait la différence. Evidemment, le fond saphir permet d'admirer les 269 composants du nouveau calibre CH 29-535 PS qui équipe la «belle». Alors que de nombreuses maisons horlogères associent invariablement quartz et féminité, Patek Philippe – dont la savoir faire dans l'univers des chronographes mécaniques n'est plus à démonter – a décidé de se poser en révolutionnaire visionnaire. Ce sera donc un chronographe mécanique à remontage manuel et roue à colonnes pour dames disponible! Il fallait être diablement courageux pour s'aventurer sur ce chemin-là.

A cette stratégie lumineuse s'ajoute la création d'un nouveau calibre, entièrement conçu et fabriqué au sein des ateliers de la marque. Elégance, raffinement, sophistication: les trois valeurs chères à Patek Philippe et son poinçon se retrouvent concentrés dans le CH 29-535 PS. Pas moins de six innovations brevetées ont d'ailleurs été déposées par la manufacture au moment de la création de ce mouvement voué à équiper, un jour, des montres masculines. Ses particularités? Un profil de dents optimisé - introduit en 2005 sur le calibre chronographe à rattrapante extra-plat CH R 27 525 PS - qui augmente le rendement dans la transmission d'énergie et réduit les frottements. Un chapeau excentrique au-dessus de la roue à colonnes permettant un meilleur réglage de la pénétration des engrenages. Une optimisation de l'embrayage-freinage avec l'ajout d'un doigt sur la bascule permettant de synchroniser directement les deux organes. Un ajourage fort réussi de la came du compteur des minutes permettant d'amortir les chocs lors de la remise à zéro. La création de marteaux de remise à zéro autoréglants. Et, enfin, l'innovation d'un pivotement des marteaux - secondes et minutes - garantissant un ajustement précis de leur hauteur. On ne sait pas si les femmes qui auront la chance de porter une Ladies first chronograph seront sensibles à ces atours techniques. Mais l'essentiel est ailleurs: avec cette montre-là, elles rendront leur mari fou de jalousie. Si tel est le cas, Patek Philippe aura réussi son pari, un pari à 51'000 euros l'unité.
