Tribune des Arts - Septembre 2009
Michel Bonel

Antiquaire de renom rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, Hervé Aaron déploie une activité tous azimuts. Il préside en effet aux destinées de trois galeries dont il est le propriétaire, et qui sont établies, en plus de Paris, à New York, depuis 1977, et à Londres, depuis le début des années 1980.
Il garde un souvenir ébloui de son père, Didier Aaron, décédé le 3 janvier dernier. C'est lui qui a développé, à partir de 1946, la société familiale créée par sa grand-mère, Jeanne Aaron, en 1923. “ Un homme exceptionnel qui m'a énormément appris, surtout à regarder et à exercer son oeil. ” Son créneau: le grand mobilier français, du XVIIIe siècle essentiellement; un sujet très éclectique qui se vend toujours bien à condition d'être de qualité. S'y ajoutent les dessins et peintures françaises des XVIIIe et XIXe siècles, et les objets d'art asiatique. Son coup d'éclat, dont on se souvient encore: la vente de gré à gré il y a quatre ans, d'un Titien, Portrait d'Alfonso Avalos, marquis de Vasto, de 1533, au Getty Museum, pour plus de 50 millions de dollars.
Haut de gamme dans tous les domaines
A côté de ses trois galeries, Hervé Aaron préside depuis décembre dernier, le puissant Syndicat National des Antiquaires. Comprenant quelque 400 membres, et pas seulement de nationalité française, le SNA représente le haut de gamme dans tous les domaines de l'art et milite pour une meilleure reconnaissance de la profession, face à la jungle des nouvelles législations européennes. Et elle organise, toujours par l'entremise de son président, de nombreuses manifestations. Comme le Salon du Dessin, qui a lieu en mars, après la Foire de Maastricht. Comme la Biennale des Antiquaires, fondée en 1956, la crème de la crème, qui a lieu tous les deux ans sous les verrières du Grand-Palais. Un rassemblement unique, très prestigieux et toujours très couru, même si les prix de location ont augmenté de 40% en 2008, alors que ceux du Salon du collectionneur, institué en 2001 par Hervé Aaron également, ont baissé de 8%. Organisé par Antoine Lebel, antiquaire bruxellois, ce dernier salon occupe, affirme Hervé Aaron qui le supervise, un créneau intermédiaire par rapport à la Biennale, en offrant des prix plus accessibles et en mettant l'accent, comme il se doit, sur les collections. A l'instar d'un ensemble de porte-bouquets du milieu du XIXe et un autre de… dinosaures.
Mais le grand invité de cette édition 2009 sera bien sûr la Fondation de la Haute Horlogerie ainsi que dix maisons horlogères suisses parmi les plus prestigieuses. Celles-ci exposent au Grand-Palais les pièces contemporaines les plus sélectives de leurs gammes, dont la plupart sont proposées à la vente, ainsi que des garde-temps faisant partie de leur patrimoine historique. En outre, la Fondation organise des ateliers de culture horlogère dans un espace exclusif intitulé Montres & Merveilles. “ La Fondation nous a contacté, explique Hervé Aaron, et nous avons estimé que la présence de dix marques horlogères de prestige rassemblées sous l'impulsion du groupe Richemont, comblerait un vide et réaliserait même une très bonne complémentarité avec les joailliers déjà représentés. ”
Les 10 horlogers présents
Cartier
IWC
Jaeger -LeCoultre
Lange & Söhne
Montblanc
Panerai
Piaget
Roger Dubuis
Vacheron Constantin
Van Clef & Arpels
Le Salon du Collectioneur,Antiquaires et Galeries d'Art
Paris
Du vendredi 11 au dimanche 20 septembre 2009
Au Grand Palais.
De 11 h à 20 h (22 h, mardi 15 et jeudi 17).
www.sdcfrance.eu
www.hautehorlogerie.org
