Une montre de légende

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Stephen Urquart, directeur d'Omega, célèbre la Speedmaster portée sur la Lune en 1972

Christian Bonzon
Stephen Urquart avec la Speedmaster portée depuis quarante-deux ans par l'astronaute Eugene Cernan. Cette montre est allée trois fois dans l'espace et une fois sur la Lune. 

 

Cinquante ans de longévité valaient bien une petite réception pour la montre Speedmaster, la seule qui a marché sur la Lune. C'est dans sa nouvelle boutique genevoise que le directeur de la marque biennoise Omega a fêté l'événement: Stephen Urquart (61 ans) s'est remémoré l'épopée spatiale avec Eugene Cernan (73 ans), un astronaute venu hier avec une montre portée trois fois dans l'espace et une fois sur la Lune, en 1972.

Pourquoi fêter cet anniversaire à Genève?
Une petite fête est organisée dans différents pays et comme les missions Apollo sont surtout mythiques pour nos 550 employés, nous avons choisi de leur présenter Eugene Cernan. Mais sa venue méritait un détour par une boutique qui fait son nid à Genève.

Dans la ville de Rolex?
Mais non: Genève est la capitale de l'horlogerie. Le grand public associe souvent les marques horlogères à cette ville, même si elles sont établies ailleurs. Notre boutique renforce notre position, mais nous avons toujours été présents.

La Speedmaster fait-elle votre succès?
Pas à elle seule. Notre ligne Constellation pour dames occupe une position forte en Extrême-Orient. Et la technique se loge dans la gamme DeVille, avec le mouvement mécanique coaxial. Dans cinq à sept ans, ce calibre équipera tous nos modèles. Et Omega redeviendra une manufacture!

Que serait Omega sans ses ambassadeurs?
George Clooney, Nicole Kidman, Michael Schumacher, Cindy Crawford... Tous participent à la vie de l'entreprise et nous sommes fidèles. Il faut établir cette proximité pour être crédible face aux consommateurs. Mais avec Eugene Cernan, c'est encore différent: il vit la marque!

Où étiez-vous pendant la mission Apollo 11?
Déjà chez Omega, tout jeune employé au département de la communication. Comme l'anglais est ma langue maternelle, je traduisais les conversations transmises par Houston. Je portais des écouteurs, mais je n'avais pas d'écran lorsque l'homme a posé le pied sur la Lune...

Saviez-vous que la Speedmaster allait rester unique?
Comment savoir que l'aventure spatiale allait s'interrompre? Nous n'avons pas mesuré l'impact et la technique était rudimentaire: pour diffuser une publicité dans 157 pays le lendemain de l'alunissage, nous avons envoyé à l'avance une photo de l'horizon lunaire prise en orbite par Apollo 10.

 

Le Matin / Vincent Donzé / www.lematin.ch

 

 

Voici le dernier homme qui a marché sur la lune

Eugene Cernan et sa jeep lunaire. C'était au mois de décembre 1972 que l'astronaute a été le dernier homme a foulé le sol lunaire. (KEYSTONE)

  

Eugene Cernan commandait la mission Apollo 17 en 1972. Il fut le 11e homme à fouler le sol lunaire.

Hier à Genève, il a traversé le pont du Mont-Blanc à bord d'une jeep… qui s'est cassée.


Eugene Cernan sur le pont du Mont-Blanc. C'était le 23 août 2007 que l'astronaute est tombé en panne avec une copie de la jeep lunaire. L'original étant resté sur l'astre. (PIERRE ABENSUR)>


Une jeep lunaire en panne sur le quai du Mont-Blanc. La scène, un brin surréaliste, a intrigué les Genevois hier après-midi. A bord, un pilote en combinaison NASA et un monsieur aux che­veux blancs, portant cravate et costume de ville gris. Ne dépas­sant guère les 5 km/h, le der­nier astronaute à avoir marché sur la lune a conduit la jeep jusqu'à ce qu'elle pile net au milieu du pont. En panne!
Le dernier astronaute? Si tout le monde a en tête les images du 20 juillet 1969 et «le pas de géant pour l'humanité» franchi par Neil Armstrong, qui se souvient du dernier homme à avoir foulé le sol lunaire? C'était Eugene Cernan, en dé­cembre 1972. Il commandait la mission Apollo 17. Depuis, plus personne n'a jamais «aluni».


Centre Omega. La rencontre fraternelle de l'astronaute et de sa combinaison lunaire. (PIERRE ABENSUR)


Anecdotes savoureuses
Toujours plein d'allant mal­gré ses 73 ans, l'homme s'est plié avec grâce à l'événement organisé par la marque horlo­gère qui accompagne les mis­sions spatiales américaines. En chantant les louanges de la montre qui l'a suivi trois fois dans l'espace et n'a jamais été réparée depuis quarante et un ans, l' Américain a su distiller des anecdotes savoureuses.
Il se souvient ainsi que sur la lune, il levait la tête pour regar­der le soleil se lever puis se coucher sur la Floride, en pen­sant au déroulement de la jour­née de sa fille de 9 ans. «Au moment de partir, j'ai tracé les initiales de son nom sur le sol. J'ai su que je ne reviendrai jamais… Mais que d'autres le feraient.» Pour lui, l'homme n'a pas encore pris la pleine me­sure de ce qu'il a fait en conqué­rant la lune. Cependant, Eugene Cernan est persuadé qu'on atteindra Mars, et plus vite qu'on ne le pense: «Les jeunes gens d'aujourd'hui le verront, je vous l'assure. La curiosité est le propre de l'homme. Tout le monde veut savoir à quoi ressemble Mars! Et aucun robot ne remplacera l'intelligence humaine.» Celui qui, enfant, rêvait «sim­plement » de piloter des avions, collabore toujours avec la NASA. Pense-t-il tous les matins à ces trois jours passés sur la lune? «Non. Cela n'a pas changé ma vie. Je suis le même mari et le même père. C'est le regard que les gens posent sur moi qui a changé. Oui, je suis fier de ce que j'ai fait. Et si on me le demandait, j'y retournerais demain!»

 

Tribune de Genève / SOPHIE DAVARIS  / www.tdg.ch

 

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