Dans certains laboratoires de nanotechnologies, on sait désormais fabriquer des fils de toile d'araignée, matériau à la fois innovant, résistant et élastique qui devrait très vite intéresser l'industrie horlogère.

NOUVEAUX MATÉRIAUX : à quand les bracelets de montres en toile d'araignée ?
Mettez-vous à la place d'un insecte empêtré dans un fil de toile d'araignée : il a beau tordre ce réseau de fils dans tous les sens, il ne parvient pas à le déchirer. C'est que la « structure en réseau » du fil lui-même est un chef-d'œuvre de haute biotechnologie, surtout pour sa finesse : aucun plastique de synthèse n'est capable d'une telle résistance, ni d'une telle souplesse. C'est que les araignées ont l'art de fabriquer des fils quasiment parfaits, constitués de différents éléments protéiques, qu'elles étirent ensuite avec leurs pattes pour leur donner la forme souhaitée. Sebastian Ramensee, un biophysicien de l'Université technique de Munich (TUM) a réussi à reconstituer en laboratoire le processus de fabrication de ces fils, et notamment les éléments physico-chimiques (chaînes protéiniques, hydroxides de potassium et acides, toutes ces substances étant produites par l'araignée) nécessaires à leur composition. A l'aide de bactéries génétiquement programmées, on a pu synthétiser ces éléments fondamentaux et mieux comprendre les secrets de fils qui ne dépassent pas 100 microns de diamètre. Une technique de « mélange microfluidique » a permis d'en tester plusieurs composés, ce qui ouvre la voie à une utilisation industrielle de ce biomatériau riches en développement (fibres nerveuses reconstituées, fils chirurgicaux résistants et 100 % biocompatibles ou remplacement de matériaux synthétiques tirés des matières premières fossiles). Pour l'industrie des bracelets horlogers, c'est une avancée sympathique, surtout à l'heure des bilans carbone et de la prime aux matériaux innovants les plus inattendus. Un bracelet en « soie » de mygale, c'est autrement plus séduisant et plus viril qu'un banal baby alligator, pour peu qu'un bonne communication s'organise autour de ce concept original. En plus, c'est anallergique, ultra-résistant une fois tissé, naturellement waterproof et tellement plus biomarketing…
SOURCE : Université technique de Munich Ces recherches ont eu lieu dans le cadre des clusters d'excellence "Nanosystems Initiative Munich" (NIM) et "Munich-Center for Integrated Protein Science".