Si Gerald Genta était encore en vie aujourd’hui, les modèles Geneva Time Only Marrone et Geneva Time Only Grafite auraient pu être des créations reflétant sa manière unique d’allier minimalisme et attention portée aux détails précieux. En réalité, il avait bel et bien créé une montre en or jaune similaire au boîtier coussin de 38 millimètres actuel, proposé aujourd’hui en or rose chaleureux ou en or blanc plus froid. Et il ne fait aucun doute qu’il s’agit ici d’une véritable réinterprétation, enrichie de plusieurs détails améliorés. Par exemple, les cadrans couleur châtaigne ou graphite poussent plus loin la tendance actuelle du cadran fumé en l’associant à une surface en or grainé extrêmement texturée. La création de ce duo horloger a été dirigée par Mathieu Hegi, directeur artistique de La Fabrique du Temps. « Je voulais capturer le génie intuitif et instinctif ainsi que l’art de M. Genta », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse. Les deux versions de la Geneva Time Only sont animées par un mouvement provenant de Zenith, également membre du groupe LVMH. Basé sur le calibre Zenith Elite, ce mouvement offre une réserve de marche de 50 heures, dispose d’un rotor redessiné, et la Geneva Time Only est proposée au prix de 25 000 CHF.
Daniel Roth, l’un des premiers horlogers indépendants, a été relancé en 2023 par LVMH et, grâce au squelettage, la forme complexe du boîtier à double ellipse devient encore plus marquante que sur les modèles pleins. L’Extra Plat Rose Gold Skeleton est équipée d’un nouveau mouvement à remontage manuel, développé exclusivement par La Fabrique du Temps pour Daniel Roth. Là encore, il s’agit de projeter l’héritage indépendant vers l’avenir, puisque le modèle Extra Plat n’avait jamais été squeletté par M. Roth à l’époque. « En squelettant le calibre, nous permettons à son architecture d’être comprise selon ses propres termes. C’est une évolution respectueuse de ce que M. Roth avait imaginé il y a plus de trente ans », a expliqué M. Hegi. « Le choix de réaliser les ponts et les platines en or massif était à la fois technique et esthétique », a ajouté Enrico Barbasini. « L’or est un métal noble qui réagit magnifiquement aux finitions traditionnelles. Il permet au travail manuel de s’exprimer clairement, ce qui est essentiel dans un mouvement squeletté. » Le prix de cette création, bien entendu loin d’être mince, s’élève à 85 000 CHF hors taxes.
Enfin, et non des moindres, Tiffany & Co., qui participait pour la deuxième fois à la LVMH Watch Week, a présenté pas moins de quatre modèles en or blanc. Les premiers dévoilés furent deux versions de l’Eternity Baguette, une nouveauté de la collection Eternity by Tiffany. Cette montre de 36 millimètres, parfaitement ronde et dépourvue de cornes, se décline avec deux lunettes serties de baguettes différentes. Sur une version, les baguettes sont des diamants, associés à un cadran pavé serti neige et à des index en aigue-marine. L’autre version présente une lunette dégradée bleue composée de baguettes en saphirs, topazes et émeraudes, combinée à un cadran bleu et à des index en diamants de toutes les tailles imaginables. Le modèle Sixteen Stone mesure également 36 millimètres, mais son boîtier se distingue par des cornes serties de diamants. Plus remarquable encore, sa bague tournante ornée de surpiqûres en croix en or.
Tiffany & Co. a également présenté en avant-première la New Tiffany Timer lors de la LVMH Watch Week, coïncidant avec le 160ᵉ anniversaire du premier chronographe de la Maison, créé en 1866. Sur cette montre en platine à trois compteurs, la couleur est celle que l’on associe désormais au joaillier américain âgé de 189 ans, acquis par LVMH en 2021 : le bleu Tiffany. En résumé, quatre excellentes raisons de prendre le petit-déjeuner chez Tiffany’s.