Les pierres possèdent des vertus réelles ou subjectives – qu’importe! Leurs couleurs et motifs s’avèrent largement perceptibles et appréciables à l’œil nu. Si les pierres dures ont connu leur heure de gloire dans les designs pop des sixties, les horlogers ne se font pas prier pour les convoquer régulièrement sur leurs cadrans. Leurs nuances plaisent tout particulièrement aux collectionneurs en recherche de singularité et apportent dimension organique et supplément de caractère aux montres. Dans la Récital 12, malachite et œil-de-tigre dialoguent avec la mécanique et l’éclat des composants soigneusement décorés.
La malachite: les cercles du temps
La malachite se distingue par ses ondes concentriques bleu-vert, vert profond, claires, sombres ou même traversées de noir. Ces anneaux, volontiers qualifiés d’hypnotiques, naissent de l’altération du cuivre. Pierre de la famille des carbonates, la malachite se trouve dans de nombreux gisements de cuivre: du Congo à la Zambie, de la Namibie à la Russie, mais aussi en Australie, aux États-Unis, en Italie ou en France.
Au-delà de sa beauté, la malachite nourrit un imaginaire ancien: pierre des voyageurs, elle protégerait et rassurerait, tout en favorisant la concentration. Symbole de métamorphose et de protection depuis l’Antiquité, son vert intense rappelle les forêts jurassiennes – où se trouvent le château et la manufacture Bovet.
Fragile car relativement tendre (dureté de 3.5 à 4 sur l'échelle de Mohs et densité de 3.60 à 4,05), elle doit être découpée en fines lamelles, puis fixée sur un support métallique et polie miroir.
L’œil-de-tigre: le feu intérieur
Avec l’œil-de-tigre, Bovet explore une autre dimension: celle de la lumière en mouvement. De la famille des quartz, ce minéral possède un chatoiement mordoré avec un effet «œil-de-chat». Sa structure fibreuse s’anime de brun et de reflets dorés, miellés ou cuivrés selon l’angle de la lumière. Ce quartz microcristallin se forme à partir de crocidolite oxydée, et se trouve principalement en Afrique du Sud, en Australie, en Inde, en Birmanie ou au Brésil.
Depuis l’Antiquité, l’œil-de-tigre est considéré comme un talisman protecteur, symbole de courage et de clairvoyance. On lui prête des vertus de clarté mentale et de résilience émotionnelle.
Là encore, la transformation en cadran requiert une découpe millimétrée et un polissage méticuleux – même s’il est plus dur que la malachite (7 sur l’échelle de Mohs).
La mécanique en vitrine
Au-delà de son habillage minéral inédit, la Récital 12 dévoile le savoir-faire de la maison. Le mouvement est inversé et ajouré côté cadran, exposant le balancier et l’organe réglant conçus en interne. La roue des secondes est surmontée d’une couronne de trois aiguilles bleuies, signature distinctive.
Sous cette apparente légèreté, le calibre délivre une réserve de marche de sept jours (168 heures) avec un seul barillet – une prouesse qui dépasse largement les standards actuels. Fidèle à son modèle de manufacture intégrée (production de spiraux y compris), Bovet manufacture plus de 95 % des composants en interne.
Avec ses 40 mm de diamètre et son bracelet métallique – unique dans les collections de la maison –, la Récital 12 se veut polyvalente et confortable. Sa boucle déployante intègre un système d’expansion de 3 mm pour s’adapter aux variations naturelles du poignet. Les alternances de poli et de satiné, ponctuées du «V» de Bovet formant le symbole de l’infini une fois fermé.
Entre nature et culture
Avec ces deux éditions limitées de la Récital 12 (chacune à 60 pièces) Bovet réussit un bel équilibre: intégrer la l’esthétique minérale de la malachite et de l’œil de tigre à la mécanique de mesure du temps, tout en respectant leur identité propre de l’un et de l’autre. Uniques par nature, ces cadrans confèrent à chaque montre un caractère singulier. La Récital 12 devient ainsi plus qu’un garde-temps: une rencontre entre les forces géologiques de la Terre et l’excellence technique horlogère.