Un hommage aux grands astronomes
L'observation des astres, le cycle des saisons et l'alternance des jours et des nuits ont de tout temps éveillé la curiosité de l'Homme qui a très tôt cherché à les modéliser. Grâce aux premiers observatoires astronomiques, l'espace-temps devenait une notion plus concrète car susceptible de répondre à des rythmes mesurables. Depuis ces temps anciens, les astronomes se sont ainsi ingéniés à proposer divers systèmes cosmologiques aptes à expliquer ces récurrences de manière logique et scientifique. La pièce à exemplaire unique Les Cabinotiers Grande Complication Haute Joaillerie – Moon Dust leur rend hommage non seulement au travers de ses multiples complications astronomiques mais également grâce aux arts décoratifs illustrant les grandes lois de l'univers telles que décrites depuis Copernic. Celles-ci figurent de part et d'autre du boîtier avec deux représentations du système solaire telles que perçues lors d'un voyage de la Terre à la Lune.
Calibre manufacture 2755 GC16
La montre Les Cabinotiers Grande Complication Haute Joaillerie - Moon Dust, équipée du Calibre 2755 GC16, bénéficie des recherches et développements réalisés pour la célèbre Tour de l'Ile, présentée en 2005.
Le calibre 2755 GC16 est un mouvement manufacture à remontage manuel doté d'un régulateur à tourbillon. Cette complication horlogère compense les effets de la gravité terrestre sur le mécanisme, par un brassage constant des positions de l'échappement et du régulateur. Le tourbillon, dont la cage en forme de croix de Malte rappelle l'emblème de Vacheron Constantin depuis 1880, effectue un tour complet par minute et sert d'indicateur de la petite seconde.
Montre à sonnerie, cette pièce intègre une répétition minutes qui actionne à la demande deux timbres pour indiquer les heures, les quarts et les minutes. Pour éviter les nuisances sonores et l'usure du mécanisme, la frappe des timbres bénéficie d'un ingénieux régulateur de sonnerie rotatif. Ce système se distingue par ses deux masselottes qui génèrent une sorte de « frein moteur » sur la barrette de sonnerie en agissant par force centripète. Ce dispositif original est totalement silencieux. Il régule la durée des séquences musicales, et lisse l'énergie libérée par le barillet, permettant ainsi d'obtenir des sons clairs, distincts et réguliers.
Les fonctions calendaires et astronomiques se positionnent sur les deux faces de la montre. Côté recto d'abord, où le ballet mécanique du tourbillon se laisse admirer à 6h, le dispositif du quantième perpétuel prend place sur les trois compteurs. Positionnés sur la partie supérieure du cadran, ils affichent la date (3h), le jour (9h) et le mois (12h). Cette complication horlogère est conçue pour respecter les particularités du calendrier grégorien sans aucune correction jusqu'en 2100, année séculaire non bissextile. Elle est complétée par l'indication du cycle des années bissextiles. Celle-ci apparaît dans un petit guichet logé à côté l'aiguille indiquant le couple de la répétition minutes à 1h. L'originalité de cette montre réside également dans l'indication de la réserve de marche du mouvement. Celle-ci se lit grâce à une aiguille serpentine, disposée de manière coaxiale à l'aiguille du jour de la semaine, en écho à la réserve de marche de la sonnerie.
La mécanique complexe de cette pièce donne une lecture astronomique du temps. Les premières fonctions prennent également place au recto, à commencer par l'équation du temps à 10h30. Comme la course de la Terre autour du Soleil décrit une trajectoire non pas circulaire mais elliptique et comme l'axe de la Terre est incliné à 24° par rapport au plan de son orbite, la durée entre deux passages du Soleil au zénith n'est pas la même tout au long de l'année. Cette différence entre le jour solaire (vrai) et le jour civil (moyen) de 24 heures, va de -16 à +14 minutes selon les époques de l'année pour ne coïncider que quatre fois par an aux solstices et équinoxes. Appelée équation du temps, ce différentiel est affiché par aiguille. De part et d'autre du tourbillon, on découvre encore les heures de lever et de coucher du soleil selon une ville de référence.
Au verso de la montre, le temps sidéral se révèle grâce à un disque rotatif représentant la voûte céleste et les constellations observables depuis l'hémisphère nord. Le temps que met la Terre à effectuer un tour complet de 360°, ou jour sidéral, est d'exactement de 23 heures, 56 minutes et 4 secondes en prenant comme point de référence une étoile fixe de la voûte céleste. Comme la Terre effectue à la fois une rotation sur elle-même et une révolution autour du soleil, il lui faut en effet environ quatre minutes de moins qu'un jour civil pour retrouver son point d'origine par rapport à l'étoile donnée. Sur cette pièce, un disque « céleste » gravé des constellations effectue une rotation quotidienne « accélérée » de 4 minutes, selon le temps sidéral. L'heure est affichée sur un cadran ajouré fixe, gradué aux 15 minutes. La date se trouve sur le pourtour du disque mobile, en vis-à-vis de l'heure et est également indiquée sur le rehaut extérieur fixe, gradué de 5 en 5, grâce à la grande aiguille centrale. Celle-ci sert également à indiquer les quatre dates correspondant aux solstices et aux équinoxes, les signes du zodiaque et les saisons, indiqués en cercles concentriques sur le cadran fixe. La petite aiguille centrale renseigne quant à elle l'âge de la lune, soit le nombre de jours écoulés depuis la dernière pleine lune.
Ce mouvement de 33,90 mm de diamètre et 12,15 mm d'épaisseur, assemblé de 839 composants minutieusement terminés, offre 58 heures de réserve de marche. Cadencé à 18'000 alternances/heure (2,5 Hz), il prend place dans un boîtier en or blanc 18k de 47 mm de diamètre, dont les caractéristiques ont été spécifiquement étudiées pour offrir la meilleure qualité sonore à la répétition minutes. Cette prouesse technique et de miniaturisation affiche toutes ses fonctions avec une lisibilité parfaite sur les deux faces.
Trois métiers d'art à l'œuvre
Pour mettre en valeur cette mécanique horlogère à grande complication, Vacheron Constantin a fait appel aux talents de ses artisans passé maîtres dans l'art de la gravure, du sertissage et du guillochage. Une ornementation « astrale » évoque les grandes lois de l'univers et les voyages intersidéraux qui ont conduit l'homme sur la Lune.
Le travail de sertissage particulièrement complexe fait appel à plusieurs techniques. D'une part, un sertissage rail de diamants baguette orne les parties planes comme la lunette sur deux rangs, le fond de boîte, le dessus des cornes et la boucle déployante. D'autre part, un serti neige illumine la carrure de la boîte et les cornes. Le serti neige consiste à réaliser un pavage supposément aléatoire de diamants taille brillant de différents diamètres qui s'harmonise sur cette pièce avec le choix de la gravure ornant la carrure du boîtier. Ce jeté de pierres qui se propage sur les flancs évoque une poussière de lune qui a donné son nom à cette montre. Même les espaces entre les cornes sont gravés en taille douce et sertis masse pour évoquer une comète et la voie lactée. Au total, 200 diamants tailles baguette (~9 cts) et 165 diamants taille brillant (~0,92 ct) – de neuf tailles allant de 0,7 à 2 mm –donnent sa profondeur à cette immersion au cœur du système solaire. Le sertissage de la montre a demandé 230 heures d'un travail.
Le travail du graveur met en place la richesse du décor. Côté couronne, un soleil darde ses rayons à travers les nuages jusque vers la Terre, tandis que la carrure à l'opposé du boîtier offre une vue des planètes telles qu'observées depuis la Lune. Ce spectacle est réalisé en taille douce, soit une gravure en creux à la pointe sèche et au burin, au travers d'incisions de l'ordre du 1/10e de millimètre. Cette technique permet notamment de faire ressortir la surface légèrement bombée de la lune à 9h et les contours de la Terre côté couronne, avec des incisions légèrement plus prononcées (5/10e mm). Une fois les volumes créés, le graveur alterne les surfaces polies, notamment sur les planètes, et celles finement ciselées afin d'accentuer les contrastes sur la profondeur du panorama. 180 heures ont été nécessaires pour finaliser le travail de gravure.
Un guillochage rayonnant orne le cadran recto. Réalisée à la main sur un tour à guillocher, il apporte du relief au cadran teinté PVD bleu et évoque l'immensité de l'univers. Le cadran est également réhaussé d'un liseré opalin noir, couleur que l'on retrouve sur les trois compteurs du quantième perpétuel et les indications de lever et coucher du soleil afin d'accentuer le chatoiement des pierres serties sur le boîtier.