«La Placide» de Roger Dubuis, le calme et la fougue de la haute horlogerie

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Calibre 1472 © Roger Dubuis
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Placide? Comme le surnom scout de Roger Dubuis! Un clin d’œil tranquille pour une montre qui ne l’est pas. Cette pièce anniversaire capture sa personnalité, sa vision de l’horlogerie et tisse un lien avec l’horlogerie créée aujourd’hui par la maison. Une montre-histoire, évidemment. Surtout, une montre que l’horloger aurait aimée. Entretien avec David Chaumet, CEO.

Vous dévoilez La Placide au cœur de votre nouveau lounge genevois. Que représente ce lieu?

Ce lounge ouvre un nouveau chapitre pour la Maison. Nous l’avons imaginé comme un espace de partage, de conversations, d’ouverture et d’expériences.

À l’occasion des 30 ans de Roger Dubuis, il permet aussi de revisiter toute l’histoire de la marque. La boutique réunit plusieurs codes emblématiques, fidèles à son intention initiale lorsqu’il a fondé sa maison éponyme.

David Chaumet © Roger Dubuis

Roger Dubuis est une maison d’histoires. La Placide en raconte plusieurs. Lesquelles?

L’horlogerie reste une aventure collective, entre les différentes régions spécialisées et en particulier à Genève, épicentre de la haute horlogerie. Ce contexte nourrit pleinement l’histoire de cette pièce – dotée pour la première fois d’un cadran «bleu Léman», et éditée en 28 exemplaires. En 1996, Monsieur Roger Dubuis a lancé la collection Hommage pour remercier les professeurs, collègues, formateurs et horlogers qui l’avaient accompagnée tout au long de sa carrière.

Un geste fort, qui rappelle combien les liens entre les artisans de l’horlogerie comptent dans la trajectoire d’un horloger et d’une Maison.

Exactement. Relancer Hommage pour les 30 ans nous a semblé évident. Cette édition s’appelle La Placide en référence au totem scout de Roger Dubuis – un surnom qui lui allait parfaitement. Je l’ai connu personnellement: un homme calme, chaleureux, passionné par la transmission de la haute horlogerie et heureux d’être entouré de ses horlogers.

Boutique Roger Dubuis © Roger Dubuis

Le calibre 1472 illustre aussi une part de cette histoire, puisqu’il réunit deux mouvements phares – le module RD72 et le calibre RD14 restauré.

En effet. La Placide embarque le RD14, premier calibre manufacture automatique entièrement produit chez Roger Dubuis. Il porte encore la gravure d’origine: «…c’est ma montre actuelle, inspirée mais pas soumise au passé, qui se projette dans un futur qui nous appartient.»

Un message toujours juste et qui parle de notre approche aujourd’hui. La Placide s’inspire du passé, mais regarde vers l’avant. Elle intègre un quantième perpétuel – le premier de la Maison – associé à un affichage bi-rétrograde breveté par Roger avant même la création de la marque, lorsqu’il travaillait avec Jean-Marc Widerrecht, au sein du projet PME (Placide, Marc, Esther pour Catherine-Esther, épouse de Jean-Marc).

Son cadran, construit sur plusieurs niveaux, transcrit aussi l’esthétique que la Maison a développé par la suite.   

Hommage La Placide © Roger Dubuis

Quels défis a représenté la restauration de ces calibres d’époque?

La pièce est certifiée du Poinçon de Genève. Ils ont donc été davantage que restaurés: nous les avons intégralement remis à niveau et retravaillés, et reproduits lorsque nécessaire. Chaque pièce a été un défi, car ces composants ne sont plus fabriqués. Le Poinçon de Genève a aussi évolué: il n’incluait pas la chronométrie, que nous avons bien entendu intégrée.

Ces mouvements bénéficient de 30 ans d’innovations techniques. Et nous avons pu conserver le spiral d’origine, datant de 2003, lorsque sa fabrication avait été internalisée — dans un laboratoire confidentiel où très peu de personnes avaient accès.

Y a-t-il une autre anecdote que vous souhaitez souligner?

Oui, l’affichage bi-rétrograde. Roger aimait différencier les indications du temps, de la date, de la seconde ou de la phase de lune. Il a d’ailleurs créé un quantième perpétuel instantané en ligne, le RD29, dont l’affichage sautait à minuit avec jour, date et mois parfaitement alignés.

Mais pour lui, un guichet restait moins expressif que ces aiguilles rétrogrades suspendues, bondissant à chaque saut. Il adorait le bi-rétrograde, voire le tri-rétrograde. Une horlogerie fine, vivante, singulière, marquée par les affichages différenciés – qu’elle s’associe aujourd’hui chez Roger Dubuis à l’esthétique puissante des sports mécaniques ou qu’elle soit une référence subtile à la grande tradition.

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