La mise en bouche était savoureuse, mais trompeuse. Sur son site, avant l’annonce officielle, Chronoswiss dévoilait un avant-goût de sa nouvelle création, la Pulse GMT, par le biais d’un unique composant énigmatique. Un cercle ajouré, finement guilloché. À coup sûr la masse oscillante de la future collection. En témoignait d’ailleurs sa large ouverture centrale destinée à la faire pivoter. Sauf que le composant en question était en réalité... le cadran, pas le rotor. Bien vu de la part de Chronoswiss, l’atelier indépendant qui aime les chemins de traverse, la surprise.
Simplement double
La Pulse GMT aujourd’hui dévoilée est simple, mais double. Simple car il s’agit, techniquement, d’une montre indiquant sur son cadran deux fuseaux horaires - d’où son nom. À gauche, un fuseau sur 24 heures. À droite, le local sur 12 heures. Les minutes et secondes sont centrales.
Mais double, car la référence est d’ores et déjà déclinée en deux variations. La première est guillochée argentée. C’est bien de la teinte dont il est ici question, non du matériau : le boîtier de 41 mm est en titane, le cadran en laiton, la masse oscillante en tungstène.
La seconde variation offre une approche relevant davantage des métiers d’art. Le cadran est en or gris, guilloché main puis émaillé de multiples couches de bleu, habillé de paillons en forme d’étoile, coupés et positionnés à la main, avant d’être couverts d’une ultime couche d’émail translucide.
Hommage aux finitions horlogères traditionnelles
Les deux pièces rejoignent la collection Pulse qui, jusqu’à présent, ne comportait qu’une seule référence, un régulateur dans le plus pure esprit Chronoswiss. Il représente aussi le premier produit à bracelet acier intégré. Le style de l’atelier de Lucerne y reste très présent avec cet entrelacs de cercles, la marque travaillant presque exclusivement avec des courbes et des arcs, et jamais de lignes droites, à l’exception d’un éventuel guillet ou cartouche. Autres singularités de cette collection Pulse : une lunette cannelée et, surtout, un usage beaucoup moins marqué des couleurs. Le régulateur Pulse n’existe qu’en cadran saumon ou bleu, des classiques assumés.
La nouvelle Pulse GMT suit le même chemin : une version argentée, et une version or avec cadran guilloché bleu. Aucune excentricité chromatique. On perçoit que la marque explore un terrain plus consensuel, qui vient notamment compléter la très sobre Small Second, pour permettre aux nouveaux clients d’entrer par la sobriété et la simplicité avant, éventuellement, de se propulser vers des modèles au caractère plus affirmé (Gravity, Resec ou Space Timer).
Faire autant, avec moins
L’exercice de la nouvelle Pulse GMT n’en est d’ailleurs que plus délicat : comment transmettre l’esprit Chronoswiss sans disposer de toute sa palette chromatique, d’une complication exubérante, d’un cadran ouvert ? La réponse est plurielle. D’abord, par le guilloché. Il représente véritablement la signature esthétique de la marque. Il habille massivement le cadran de chaque version de la Pulse GMT.
Deuxième élément : par le caractère tridimensionnel du cadran. C’est, là encore, un trait essentiel de la personnalité Chronoswiss. La marque joue constamment sur les volumes, les ouvertures, les profondeurs. La Pulse GMT ne fait pas exception. Les deux heures (locale et domestique) sont exprimées sur des dômes. Les aiguilles sont facettées et courbées. Les index sont appliqués. Et l’on note que la carrure de la boîte est en réalité doublement cannelée : côté lunette, mais aussi côté fond, un exercice bien plus rare.
La Pulse GMT pourrait donc en réalité avoir deux objectifs. Le premier, explicite, d’offrir cette porte d’entrée plus sobre et maîtrisée au nouveau client entrant dans l’univers Chronoswiss. Mais aussi celui, plus subtil, de s’adresser à des collectionneurs plus traditionnels avec une pièce de facture apparemment classique mais qui adopte en réalité une exécution unique et singulière. Un joli coup double.