La montre est animée par un mouvement chronographe mécanique à remontage manuel, calibre EB 1600, 16’’’, doté d’un dispositif mécanique permettant l’arrêt momentané et la reprise sans retour à zéro, grâce à la présence, à 4 heures, d’un poussoir glissant (caractéristique propre aux garde-temps Eberhard & Co. de l’époque), tandis qu’à 2 heures se trouve le poussoir destiné au départ, à l’arrêt et à la remise à zéro du chronographe.
Le boîtier, aux lignes harmonieuses, présente un diamètre de 40 mm, avec lunette à gradin, poussoirs et couronne en acier inoxydable.
Le cadran affiche une composition graphique particulièrement riche et équilibrée : de couleur noir mat, avec des index et des chiffres arabes dorés contrastants, il comporte deux compteurs, une échelle télémétrique externe, une échelle au 1/5e de seconde autour de la minuterie et la caractéristique échelle tachymétrique en spirale au centre.
Ce chronographe sportif illustre parfaitement une époque où le soin esthétique allait de pair avec l’évolution technique et la constante volonté d’innovation de la Maison. Il exprime la vocation technico-sportive initiée dès les débuts par le fondateur Georges-Lucien Eberhard, qui dirigea l’entreprise jusqu’à son décès en 1942, la transmettant à son fils Maurice-William, lequel en poursuivit fidèlement l’esprit d’origine.
La production de cette montre s’inscrit dans un moment significatif pour la Maison, déjà reconnue comme une référence de l’horlogerie suisse. Fondée en 1887, Eberhard & Co. avait déjà franchi des étapes fondamentales dans son développement : des premiers brevets du début du siècle à l’année 1919, date à laquelle elle réalisa le premier chronographe monopoussoir-bracelet, inaugurant ainsi la grande tradition des chronographes de la Maison.
Dans les années 1930, Eberhard & Co. produisit ensuite des chronographes adoptés comme signe distinctif par les officiers de la Regia Marina Militare du Royaume d’Italie.
Dans une période de complexité historique et sociale, Eberhard & Co. sut maintenir une croissance constante, soutenue par un esprit d’innovation permanent. Symbole de cette quête de progrès, l’année 1942 — qui suit la production de ce modèle — vit la présentation du célèbre Système Magini, chronographe pour la navigation astronomique ayant accompagné la première traversée Rome–Tokyo effectuée en vol à vue.