Claude Meylan, le roi de la mise à nu, a encore frappé. La maison indépendante, sise à L’Abbaye, renouvelle son art du squelette dans trois versions plus dénudées que jamais. Elles rejoignent la collection Lionne, du nom du cours d’eau ruisselant à quelques encablures du siège de la marque.
Été indien à Genève
Les trois pièces ont été dévoilées lors de la dernière édition en date des Geneva Watch Days. Un moment idéal pour elles : une fin d’été douce et indienne, une chaleur estivale qui s’étire le long des berges du lac, de la bonne compagnie et un cadre informel pour les accueillir. De quoi se révéler au naturel en dévoilant non pas une épaule, mais une roue, un pont, un échappement. Le tout sous de magnifiques drapés couleur dentelle.
Les triplés
Sur la base d’un Peseux 7001, ces Lionne Dentelle offrent trois variations chromatiques de bleu, rose et violet, toutes en mode pastel. L’effet est délicat, subtil. Le bleu est le plus vif. Il n’est pas sans convoquer les tons de l’acier bleui fréquemment rencontré sur les vis des mouvements horlogers les plus traditionnels. Le rose, quant à lui, se fait doux et discret. On apprécie la nuance, qui se tient à bonne distance du rose Barbie tant à la mode ces jours-ci, certes très « girly » mais qui ne donne pas vraiment dans la discrétion.
Teinte royale
La troisième teinte est la plus intéressante. On la nomme « gris Marie-Antoinette », du nom de la dernière souveraine de l’Ancien Régime. L’épouse de Louis XVI était friande d’un blanc pastel que l’on obtenait avec de la céruse – autrement dit, avec du plomb, ce métal dont la fin du 18e siècle raffolait sans en connaître les méfaits (saturnisme, entre autres). Or la présence de plomb dans cette base de peinture blanche finissait irrémédiablement par la rendre légèrement plus grise, notamment sur le mobilier d’époque dont on voit encore moult vestiges au Château de Versailles.
Cette teinte, plus proche d’une patine naturelle, est devenue le « gris Marie-Antoinette ». Claude Meylan s’en est inspiré pour le troisième modèle de sa Lionne Dentelle, avec un accent légèrement plus prononcé vers le violet pastel que le gris. L’idée est séduisante, très féminine et remporte le mérite de l’originalité.
Trois montres, trois bracelets
Côté habillage, les trois boîtes partagent un même diamètre de 35 mm, bienvenu pour une pièce dédiée aux femmes. Trois bracelets sont possibles : maille milanaise en acier, satin ou Alcantara. On écartera la maille acier qui, associée à la boîte elle aussi en acier, donne une prédominance un peu trop forte au métal froid et vient quelque peu tuer la douceur et la chaleur de la dentelle pastel.
Le satin reste le choix de l’évidence, sans risque, dont on appréciera ici la finition très moderne. Mais la combinaison gagnante demeure celle d’un mouvement gris Marie-Antoinette, avec bracelet Alcantara, qui allie la douceur des tons avec celle du bracelet, offrant ainsi une belle continuité de matière et de ressenti.