LA « JUMBO », UN DESIGN ICONIQUE
Pour la première fois de son histoire longue de plus de 50 ans, la Royal Oak « Jumbo » accueille en son cœur un mécanisme mariant un chronographe automatique à un tourbillon volant. Une double complication inédite qui a représenté un défi considérable pour les équipes d’Audemars Piguet compte tenu des dimensions de ce modèle iconique.
Lancée en 1972 et conçue par Gérald Genta, la première Royal Oak est surnommée « Jumbo » en référence à ses dimensions jugées larges pour l’époque. Aujourd’hui prisée des collectionneurs, elle incarne l’ergonomie parfaite avec ses 39 mm de diamètre et ses 8,1 mm d’épaisseur. Un critère qui en fait la candidate idéale pour ce nouveau développement dans lequel la mécanique se met au service du design.
En gardant en tête le confort de l’utilisateur et la nécessité de respecter scrupuleusement les codes esthétiques de la ligne, les équipes du département Recherche & Développement ont entièrement repensé la construction du chronographe pour offrir une sensation au toucher d’une finesse inédite, tout en réduisant au maximum l’épaisseur du mécanisme. Il en résulte un garde-temps mêlant complexité technique, simplicité d’utilisation et sobriété esthétique.
L’ERGONOMIE AU BOUT DES DOIGTS
Aux prémices du projet RD#5, il y a la volonté de créer un Chronographe offrant un niveau de confort supplémentaire à l’utilisateur. Le développement a été guidé par une étude ergonomique globale – couvrant le mouvement, l’habillage et le design – qui a permis d’identifier les attentes afin de générer des solutions sur mesure. Dans la continuité des dernières innovations de la marque, cette approche représente une nouvelle manière d’aborder l’expérience client et la conception des garde-temps.
La première innovation porte sur les poussoirs du chronographe de part et d’autre de la couronne à 3h. Dans un chronographe contemporain, les poussoirs nécessitent une force relativement élevée pour les enclencher. « Leur course – c’est-à-dire le chemin qu’ils doivent parcourir pour s’enfoncer – est souvent de 1 mm voire plus et la force que doit exercer l’utilisateur pour enclencher la fonction avoisine les 1,5 kilos. », explique Giulio Papi, Directeur Conception Horlogère. « Nous avons voulu réduire ces valeurs afin d’optimiser l’expérience client en reproduisant la sensation des poussoirs des smartphones qui ont une course de 0,3 mm pour une force de 300 grammes. »
La notion de confort tactile des poussoirs était déjà présente dans les montres chronographe des année 50 et 60, nécessitant un travail méticuleux de réglage de la part des artisans. Avec l’arrivée des joints d’étanchéité et l’accélération de l’industrialisation dans les années 1970, la force nécessaire pour l’activation des poussoirs de chronographe a considérablement augmenté. Aujourd’hui, Audemars Piguet innove dans ce domaine pour offrir à ses clients une expérience d’utilisation plus douce.
La RD#5 présente par ailleurs une couronne avec sélecteur de fonction qui intègre un poussoir avec un indicateur visuel à deux positions : remontage et mise à l’heure. Ce système de sélection facile d’utilisation et discret remplace celui de la couronne traditionnelle hérité des montres de poches, tout en respectant l’esthétique originale de la Royal Oak.
Enfin, dans le but de préserver la finesse de la « Jumbo » qui intègre maintenant cette double complication, les ingénieurs d’Audemars Piguet ont opté pour une glace saphir côté cadran et côté fond, dite « glass box ». Bien que tout à fait plates à l’extérieur, les glaces sont évidées à l’intérieur afin, notamment, de laisser plus d’espace au passage des aiguilles ainsi qu’au mouvement et à sa masse.
CALIBRE 8100, UNE NOUVELLE ÉNERGIE
Depuis plus de 150 ans, le mécanisme du chronographe a connu de nombreuses évolutions, mais son fonctionnement de base, intégrant notamment un marteau et un cœur pour la fonction de remise à zéro des aiguilles, est resté le même. Avec le Calibre 8100, présenté pour la première fois dans la RD#5, Audemars Piguet réinvente entièrement le système de remise à zéro afin de proposer un chronographe flyback complet, plus ergonomique, intuitif et précis.
Le Calibre 8100 a été développé selon des critères stricts, avec l’objectif de créer une mécanique qui serve à la fois le design et l’ergonomie. Il s’intègre parfaitement dans les dimensions de la boîte « Jumbo » et offre des compteurs des minutes (à 9h) et des heures (à 3h) symétriques et de tailles généreuses pour une lisibilité optimale.
Les ingénieurs de la Manufacture ont développé une nouvelle cinématique brevetée qui optimise à la fois l’énergie issue du mouvement et celle transmise par les poussoirs à faible course et faible force. Ce système innovant repose sur un mécanisme de pignon et crémaillère, conçu pour remplacer le traditionnel cœur et marteau. En emmagasinant l’énergie dans la crémaillère, ce dispositif permet de mettre le rouage en tension et d’assurer la fonction anti-chevrotement de l’aiguille de chronographe, tout en supprimant le ressort de friction présent dans les chronographes contemporains – un élément qui agit comme un frein permanent, aussi bien lors de l’entraînement que de la remise à zéro. Le résultat : une consommation d’énergie similaire, mais désormais stockée plutôt que dissipée.
Un autre écueil du chronographe traditionnel est l’énergie qu’il faut fournir lors de la remise à zéro. Ici encore, les équipes d’Audemars Piguet ont imaginé une solution : une remise à zéro plus fluide pour une inertie réduite. L’énergie emmagasinée dans la crémaillère peut être libérée pour ramener l’aiguille de chronographe à zéro selon un mouvement rétrograde. Grâce à un rendement élevé et à une inertie réduite – rendue possible par l’utilisation de composants en titane, notamment l’aiguille et la roue de chronographe – la remise à zéro s’effectue de manière instantanée, avec un minimum d’énergie. « Imaginez le chronographe traditionnel comme une voiture qui avait l’habitude de rouler alors que le frein à main était enclenché. Grâce au Calibre 8100, le frein à main est supprimé et la voiture est maintenant attachée à un élastique lorsqu’elle sort du garage. C’est cet élastique qui servira ensuite à la ramener au garage. L’énergie qui était auparavant perdue en raison du frottement avec le frein s’est maintenant accumulée dans l’élastique. », poursuit Giulio Papi. « Lorsqu’on procède à la remise à zéro du chronographe, l’énergie accumulée est libérée et l’aiguille revient à sa position en moins de 0,15 seconde. Un grand travail a été réalisé sur le comportement des aiguilles pour que la remise à zéro soit si rapide qu’elle devienne presque imperceptible à l’œil, mais aussi pour supprimer les sauts au démarrage ou encore offrir un saut de minute instantané fortement valorisé par les collectionneurs. », conclut Giulio Papi.
Outre ces innovations, le nouveau Calibre 8100 dispose d’un tourbillon volant ainsi qu’un nouvel embrayage par roue à déplacement vertical. Mélangeant embrayage traditionnel dont il conserve les roues dentées et embrayage à friction, ce nouveau dispositif permet à la roue d’embrayage de se déplacer verticalement, supprimant les rotations parasites et limitant les sauts. Le calibre est également doté d’une roue à colonne qui permet de piloter précisément les séquences de l’embrayage et du frein, et de répartir les forces avec fluidité, notamment celles du poussoir marche et arrêt. Pour le poussoir de remise à zéro, un système breveté, à la fois compact et ingénieux, permet d’emmagasiner l’énergie jusqu’à un point de bascule précis. Une fois ce seuil atteint, une bascule centrale libère simultanément tous les compteurs en isolant les obstacles qui les retiennent, permettant à chaque aiguille de revenir à zéro sous l’action de sa crémaillère, assurant une transition nette et parfaitement synchronisée. Au dos de la montre, les équipes d’Audemars Piguet ont développé une masse oscillante périphérique en platine, permettant de gagner en épaisseur et offrant une vue dégagée sur la cinématique du mouvement aux finitions raffinées telles que l’anglage manuel des ponts de chronographe, les angles rentrants ou encore le satinage. Disposant d’une réserve de marche de 72h, ce chronographe robuste s’adapte aisément au style de vie moderne, permettant notamment de pratiquer des activités sportives sans risque de se dérégler.
CINQ GÉNÉRATIONS D’INNOVATIONS HORLOGÈRES
S'appuyant sur plusieurs générations d’innovations issues du département R&D d’Audemars Piguet, cette Royal Oak « Jumbo » Tourbillon Volant Chronographe Automatique Extra-Plat RD#5 intègre également le tourbillon volant avec échappement à grande amplitude présenté en 2022 au sein de la RD#3. Ce tourbillon volant automatique avait alors été intégralement repensé afin de réduire l’épaisseur nécessaire pour l’abriter, tout en conservant ses proportions originelles. Les équipes ont ainsi repositionné certains composants et créé un nouvel échappement qui entraîne la cage en titane de façon périphérique, améliorant la distribution d’énergie du tourbillon tout en l’allégeant et en l’affinant. Ce nouvel échappement fonctionne de concert avec un oscillateur tolérant des amplitudes plus élevées qu’un échappement conventionnel, limitant ainsi l’effet de rebat qui se produit lorsque énergie excessive de l’échappement est transférée à l’oscillateur afin de renforcer la fiabilité, la gestion de l’énergie et la précision du garde-temps. Poussant encore plus loin cette innovation, la Manufacture combine à présent cette prouesse technique à son nouveau calibre chronographe ultra-plat, marquant une double complication inédite.
Initiée en 2015, la série RD apporte avec chaque nouveau lancement des solutions structurelles aux problématiques connues de l’horlogerie. Alors qu’en 2015 la RD#1 s’est illustrée par ses performances acoustiques, la RD#2, présentée en 2018 et lancée en 2019, a réinventé le quantième perpétuel ultra-plat en le consolidant sur un seul plan. En 2022, la RD#3 a introduit le tourbillon volant automatique extra-plat, ouvrant la voie à la Code 11.59 by Audemars Piguet Ultra-Complication Universelle RD#4, la montre-bracelet la plus compliquée et ergonomique jamais produite par la Manufacture. Avec la RD#5, Audemars Piguet révolutionne aujourd’hui l’ergonomie du chronographe, un domaine de recherche inexploré depuis des décennies.
LÉGÈRETÉ, RÉSISTANCE ET UNE TOUCHE DE « BLEU NUIT, NUAGE 50 »
Afin de renforcer la finesse de ce modèle Royal Oak « Jumbo » Chronographe Tourbillon Volant Automatique Extra-Plat RD#5, les équipes Audemars Piguet ont choisi d’habiller la boîte et le bracelet intégré de matériaux innovants en combinant la légèreté du titane à la résistance du BMG (Bulk Metallic Glass) précieux.
Découvert dans les années 60, les BMG sont des alliages qui, lorsqu’ils sont rapidement refroidis, partagent plusieurs caractéristiques communes avec le verre telles que la robustesse et l’amorphisme. Composé à plus de 50% de palladium, le BMG précieux développé par Audemars Piguet possède une forte résistance à l’usure, à la corrosion, ainsi qu’un aspect brillant. Lancé en 2021 sur la pièce unique Royal Oak « Jumbo » Extra-Plat (ref. 15202XT) créée pour Only Watch, ce matériau est entré en collection en 2023.
Pour cette nouvelle édition limitée, la lunette, les poussoirs, la pastille du sélecteur de fonction à la couronne et les plots sont conçus en BMG, lui-même terminé par une finition poli miroir qui en révèle l’éclat. Le fond de boîte est quant à lui satiné circulaire. La boîte et les maillons de bracelet sont en titane, alternant une terminaison satinée et des chanfreins polis pour créer un captivant jeu de lumière.
Renforçant la sobriété esthétique de ce garde-temps, le cadran guilloché est orné d’un motif Petite Tapisserie « Bleu Nuit, Nuage 50 » sur lequel se détachent les index en or rhodié et les aiguilles luminescentes en or gris 18 carats. Les compteurs à 9h et 3h sont peints du même bleu et agrémentés d’une finition azurée pour en augmenter la lisibilité. Les aiguilles de chronographe sont pour leur part conçues en titane pour plus de légèreté afin de permettre une rapidité de mouvement. À 6h le tourbillon volant aux tons rhodiés opère ses rotations en attirant l’œil sur le cœur battant de la montre.
En célébration de cette année anniversaire, la signature de cadran Audemars Piguet spécialement développée pour l’occasion sur la base de documents d’archives trône à 12h. Le fond de boîte porte quant à lui les gravures « 1 of 150 pieces » ainsi que le logo « 150 ans », renforçant le caractère exceptionnel de ce garde-temps qui marie héritage et innovation.
CHRONOGRAPHE, LA COMPLICATION DE TOUTES LES PERFORMANCES
La volonté de mesurer et de découper le temps existait déjà lorsque l’horlogerie est née. Pourtant, l’invention du chronographe à proprement parler fait débat car il résulte de plusieurs innovations au fil des siècles.
En 1776, Jean-Moïse Pouzait crée à Genève une montre qui marque la seconde, capable de s’arrêter et de repartir. En 1799, Ralph Gout invente en Angleterre une montre podomètre pour compter les pas des chevaux lors des courses hippiques. En 1816, Louis Moinet crée un compteur de tierce avec les fonctions arrêt, départ et remise à zéro. Cinq ans plus tard, en 1821, Nicolas-Mathieu Rieussec invente un appareil capable de mesurer les temps courts grâce à une aiguille qui dépose une goutte d’encre sur le cadran en émail. Le mot chronographe (du grec chronos, « temps » et graphia « écrire ») est né.
C’est en 1862 que la maison Nicole & Capt, basée à la vallée de Joux et à Londres, présente le premier chronographe moderne : une montre de poche indiquant l’heure locale et capable de calculer le temps écoulé grâce à une aiguille indépendante contrôlée par un poussoir permettant le départ, l’arrêt et la remise à zéro. En harmonie avec l’évolution de la société et des impératifs de performances qui accompagnent l’industrialisation et la démocratisation du sport, les montres à chronographe gagnent rapidement en popularité. En 1913, l’une des premières montres-bracelets à chronographe est lancée par Longines, destinée aux pilotes qui l’utilisent lors des missions aériennes. Dès lors, cette complication sportive se généralise et devient au fil des décennies un accessoire de mode.
Les premières montres-bracelets chronographes Audemars Piguet font leur apparition dans les années 1930. Elles sont parmi les plus rares au monde avec seulement 307 exemplaires produits avant 1980. À cette époque, chaque montre créée par la Manufacture est unique, la notion de modèle n’est introduite que dans les années 1950.
Riche de cette histoire, Audemars Piguet continue aujourd’hui à créer des garde-temps à la pointe de l’innovation en termes de technique, de matériaux et de design. La Royal Oak « Jumbo » Tourbillon Volant Chronographe Automatique Extra-Plat RD#5 s’inscrit dans ce contexte et révolutionne l’approche traditionnelle de cette complication sportive, ouvrant la voie aux 150 ans à venir.
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