Haute complication, opération intuitive
La quête d’innovation mécanique menée par Audemars Piguet a permis le développement de certains des garde-temps les plus remarquables de l’histoire. Ainsi, en 1899, la Manufacture dévoile L’Universelle, sa montre de poche la plus compliquée à ce jour, conçue pour Union Glashütte. En 1921, la Manufacture livre à S. Smith & Sons sa seconde montre de poche ultra-compliquée, surnommée La Grosse Pièce pour sa taille imposante et sa grande complexité. Plus d’un siècle plus tard, l’ingéniosité de ces créations inspire le développement du Calibre 1000, introduit en 2023 dans le modèle RD#4, établissant une nouvelle référence en termes de complexité et de simplicité d’utilisation pour une montre-bracelet. Rendant hommage à cette tradition de complication, la 150 Heritage est la troisième montre de poche ultra-compliquée d’Audemars Piguet. Elle inaugure le Calibre 1150, un mouvement qui s’appuie sur l’architecture du Calibre 1000 dont le mécanisme a été revisité et repensé pour un fonctionnement optimal.
Conçu spécifiquement pour une montre de poche, le Calibre 1150 a été adapté à un format de remontage manuel, dépourvu de masse oscillante. Réunissant les savoir-faire de la Manufacture en un seul mouvement de 1 099 composants, cette prouesse de Haute Horlogerie offre à elle seule 40 fonctions dont 22 complications, parmi lesquelles une Grande Sonnerie, une répétition minutes, un calendrier perpétuel semi-grégorien, un chronographe flyback à rattrapante et un tourbillon volant. Il intègre également les dernières innovations R&D de la Manufacture, telles que la technologie Supersonnerie (RD#1), l’architecture ultra-plate (RD#2) et l’oscillateur à grande amplitude (RD#3). Afin d’assurer l’harmonie visuelle, toutes les indications calendaires sont affichées dans des guichets dédiés, permettant de conserver la clarté des compteurs de chronographe et de lire instantanément la date.
Dépassant les normes de construction traditionnelles, les équipes ont brouillé la frontière entre boîtier et mouvement, revisitant la façon d’activer les fonctions. La position et le rôle des couronnes-poussoirs et correcteurs ont été optimisés grâce au modelage 3D et à des tests physiques afin de renforcer le confort tactile et la facilité d’utilisation tout en s’assurant que chaque élément soit bien centré lorsque la montre est fermée. Cette nouvelle construction prévient l’activation accidentelle des fonctions et assure que la montre rentre parfaitement dans une poche.
La couronne-poussoir à 2h lance et arête le chronographe, sélectionne le mode de sonnerie – silence, petite sonnerie ou grande sonnerie – et actionne la répétition minutes avec la nouvelle fonction tirée. À 3h, la couronne-poussoir principale – placée sur l’axe central avec une extrémité arrondie – contrôle le remontage, la correction de la date dans les deux sens, le réglage de l’heure et l’aiguille de rattrapante durant l’utilisation du chronographe grâce à un mécanisme breveté de retour relié à la tige de remontoir. Enfin, celle située à 4h réinitialise le chronographe et ajuste l’indication du mois dans les deux sens, le poussoir revenant à sa position neutre après chaque utilisation pour une meilleure précision et un confort accru.
Deux correcteurs additionnels sont discrètement placés dans le fond de boîte, accessible grâce à un poussoir dédié à 6h. Alors que l’un ajuste le jour de la semaine (“WD”), l’autre, marqué d’un croissant, corrige la lune astronomique. L’ouverture du fond révèle également la table d’harmonie en saphir de la Supersonnerie, laquelle renforce les performances acoustiques du mécanisme de sonnerie tout en offrant une vue unique sur l’architecture et les décorations du Calibre 1150. Dévoilant le fonctionnement interne du mouvement, le fond secret s’ouvre à 180°, révélant également le cadran principal et le Calendrier Universel – le saisissant calendrier lunisolaire mécanique, abrité dans le fond du boîtier.
Un lien entre traditions humaines et le cosmos
Depuis l’aube de la civilisation, l’humanité s’est tournée vers le ciel pour trouver sa voie. En observant les cycles de la Lune et la course constante du Soleil, nos ancêtres ont établi des cycles permettant d’organiser la vie civile, culturelle et les récoltes. Malgré l’absence de communication entre les communautés, leurs observations et calculs ont souvent convergé. Des découvertes archéologiques ont notamment révélé une impressionnante similitude dans les méthodes utilisées à travers le monde pour mesurer le temps, comme en témoignent les sites anciens et les calendriers sur tous les continents – de Göbekli Tepe en Turquie à Taosi en Chine et Stonehenge en Angleterre.
Cette fascination commune pour le cosmos a mené au développement de différents types de calendriers – solaire, lunaire et lunisolaire – chacun reflétant des observations astronomiques et donnant lieu à des célébrations culturelles. Les calendriers solaires, tel que le système grégorien largement adopté, sont basés sur la révolution de la Terre autour du Soleil, alignant le passage des jours avec les saisons définies par les solstices et les équinoxes. Les calendriers lunisolaires, admis dans le système hébreu, hindou ou chinois, calcule les mois en fonction des phases de Lune et les années selon le cycle solaire, alors que les calendriers Lunaires, comme l’Islamique, suivent uniquement les phases de la Lune.
Logé dans le couvercle du fond, le Calendrier Universel s’inspire de la relation de l’humanité avec le ciel. Contrairement aux calendriers perpétuels traditionnels qui suivent un système unique, ce mécanisme reproduit la pluralité des interprétations à travers le monde. Son cadran ne se contente pas de présenter des données astronomiques complexes, il propose également une manière alternative de vivre le temps en mêlant horlogerie, astronomie et tradition.
Prenant le calendrier grégorien pour référence, le Calendrier Universel réunit 8 complications qui associent les cycles solaire, lunaire et lunisolaire sur un seul cadran, offrant un panorama à 360° comptant 18 indications : les années, les années bissextiles, les mois, les dates, les semaines, les phases de Lune et les marqueurs saisonniers tels que les solstices et les équinoxes, ainsi que neuf célébrations culturelles issues de traditions mondiales. Parmi celles-ci, certaines sont basées sur le Soleil – Noël (Sol Invictus) et la Saint-Jean (Inti Raymi) ; d’autres sur la Lune – le début du Ramadan ; et d’autres encore sont lunisolaires, comme Diwali, Roch Hachana, Pessa’h, Vesak, Pâques et le Nouvel An chinois. Chaque événement est présenté comme la conséquence d’un phénomène astronomique, illustrant le lien puissant entre le cosmos et la tradition humaine.
Le fonctionnement de ce mécanisme est à la fois tactile et immédiat : un simple tour de la roue bidirectionnelle située dans le fond du boîtier met instantanément à jour jusqu’à deux siècles de cycles calendaires. Couvrant la période de 1900 à 2099, une rotation complète correspond à un cycle métonique, avec toutes les indications mises à jour instantanément. Fonctionnant indépendamment du Calibre 1150, il reste synchronisé jusqu’en 2099, quel que soit le niveau de réserve de marche de la pièce.
Perpétuer les métiers d'art traditionnels
Conçue en hommage aux astronomes, horlogers et artisans dont le génie a tracé les contours de la mesure du temps à travers les civilisations, la montre de poche 150 Heritage met en lumière les savoir-faire ancestraux caractéristiques de la Haute Horlogerie depuis des siècles.
Audemars Piguet s’est appuyé sur l’expertise de nombreux artisans chevronnés pour la décoration de ce garde-temps. Le boîtier en platine, choisi pour sa rareté et sa valeur symbolique, est entièrement gravé à la main – un art exclusif et très exigeant, réservé aux créations exceptionnelles, rendant hommage à plus d’un siècle et demi de créativité, de savoir-faire et de patrimoine. En regroupant tous les poussoirs et les couronnes du chronographe sur une zone du flanc, le reste de la surface sert de canevas pour des motifs et scènes retraçant l’histoire de la marque, dont les portraits de ses deux fondateurs et le logo dédié au 150e anniversaire.
Le cadran principal en or gris 18 carats permet à différents métiers d’art de s’exprimer, notamment un émail grand feu bleu translucide, dont la profondeur lumineuse est obtenue grâce à plusieurs cuissons. Ponctuant le cadran, les chiffres romains en or gris 18 carats sont gravés à la main et se détachent sur un fond marqué de traçages d’étoiles, évoquant les rythmes célestes qui ont inspiré des générations d’horlogers. Cette décoration méticuleuse réalisée à la main se retrouve également sur le cadran du Calendrier Universel au dos de la montre, permettant au thème astronomique de s’exprimer sur tout le design. Également gravées à la main, les aiguilles en or rose 18 carats ajoutent une touche de contraste et renforcent la lisibilité, tout en répondant aux tons des aiguilles du chronographe et du pont de tourbillon.
Une chaîne en platine réalisée à la main vient compléter le garde-temps, illustrant le métier traditionnel de chaîniste tout en combinant harmonie esthétique et élégance pratique. Cette galerie de métiers d’art, de la gravure à l’émaillage en passant par la création de chaîne, illustre la démarche de perpétuation des savoir-faire traditionnels d’Audemars Piguet afin d’enrichir ses créations et de contribuer à l’évolution de la Haute Horlogerie. En plus des deux pièces uniques conçues en platine, huit variations en or gris 18 carats seront réalisées, reflétant chacune les mêmes standards d’artisanat et de sens du détail.
Inspiré par 150 ans d'expertise
Depuis plus d’un siècle et demi, Audemars Piguet a cherché à atteindre l’excellence, guidé par une constante quête de progrès. Depuis les montres-école de ses fondateurs en 1875, les montres à calendrier ont joué un rôle proéminent dans l’exploration technique de la Manufacture. Cette recherche a mené à la création de deux garde-temps emblématiques : L’Universelle, créée pour Union Glashütte en 1899 et connue comme la pièce la plus complexe produite par Audemars Piguet, et La Grosse Pièce, livrée en 1921 à l’horloger anglais S. Smith & Sons, rassemblant 18 complications et les fonctions calendaires les plus claires dans l’histoire de la marque.
Cet esprit pionnier s’est poursuivi au fil des décennies. En 1955, la Manufacture présente la première montre-bracelet à calendrier perpétuel avec indication des années bissextiles (Modèle 5516, Calibre 13VZSSQP), suivie en 1978 par le calendrier perpétuel extra-plat à remontage automatique le plus fin de son époque (Modèle 5548, Calibre 2120/2800). En 2015, le lancement du Calibre 5134 permet d’adapter le calendrier perpétuel aux proportions de la boîte Royal Oak de 41 mm, marquant un tournant dans la conception ergonomique.
En 2018, le Calibre 5133 (RD#2) redéfinit l’architecture ultra-plate en intégrant toutes les fonctions du calendrier perpétuel sur un seul plan. Cinq ans plus tard, le Calibre 1000 (RD#4) combine plusieurs complications au sein d’un seul mouvement à l’ergonomie éprouvée. Introduits en 2025, les calibres 7138 et 7136 marquent une évolution dans la conception des complications Audemars Piguet qui placent désormais le confort et l’ergonomie intuitive au cœur de l’expérience. Cette étape ouvre un nouveau chapitre dans l’approche de la marque en matière de développement mécanique.
Dernier jalon de cette lignée, le Calibre 1150, un mouvement ultra-compliqué à remontage manuel, perpétue l’héritage de la Manufacture au-delà de la mécanique, mêlant harmonieusement raffinement technique et esthétique.