Lorsque l’on évoque Abraham-Louis Breguet, l’univers horloger parle des aiguilles Breguet et des chiffres Breguet comme des valeurs universelles de classicisme et de bon goût. Lorsqu’on parle de technique, les dénominations officielles communes mentionnent la denture Breguet, le spiral Breguet, etc. Enfin, plus personne n’ignore que l’on doit à l’illustre horloger des inventions telles que le tourbillon ou le ressort-timbre des répétitions minutes.
C’est donc évidemment avec beaucoup d’intérêt que nous avons passé en revue la nouvelle Classique Répétition Minutes Réf. 7637.
L’HABILLAGE :
Le boîtier classique se décline ici dans un rapport diamètre (42 mm) – épaisseur (12,35 mm) qui étonne autant qu’il séduit. On aurait pu s’attendre à un diamètre inférieur en raison d’une tendance globale à la baisse et du faible encombrement du mouvement. S’agissant d’une répétition minutes, on peut facilement imaginer que le choix de ces proportions a été retenu afin d’amplifier la résonance acoustique de la montre mais il convient parfaitement au style, à l’élégance de l’ensemble. Le boîtier ne nous réserve guère de surprise puisqu’on est comme toujours séduit par sa qualité de fabrication. Il est à noter que la course de la targette se fait dans un mouvement doux et fluide. Le cadran en émail noir est aussi sobre qu’imposant. Imposant de raffinement et de justesse de proportions. Les chiffres arabes sont poudrés argentés et se détachent lisiblement. Le poli de l’émail, pourtant opaque, lui confère une profondeur attirante. Bien sûr, la traditionnelle signature secrète y figure à 6 h.
LE MOUVEMENT :
Peu de surprise également à ce niveau, le calibre 567/2 (Lemania 399) de cette montre ayant déjà largement fait ses preuves depuis des décennies. Les coûts de développement de mouvements à répétitions étant les plus élevés face à des parts de marché (mouvements à répétitions) des plus faibles, on trouvera très louable de ne pas prendre de risques techniques comme financiers. Ses points clés : un diamètre de 12 ½’’’ et 40 heures de réserve de marche à une fréquence de 18’000 A/h. Ce calibre est certes une merveille de belle horlogerie, de fiabilité et de longévité qui trouve parfaitement sa place dans une collection baptisée « Classique », mais certains collectionneurs attendent peut-être un calibre plus récent pour une marque qui porte le nom de l’horloger le plus créatif et inventif de l’histoire. Gageons que les horlogers de la manufacture leur réservent cette surprise pour bientôt ! La gravure manuelle des ponts, leur forme, la raquetterie, l’architecture et les finitions placent ce mouvement au firmament de l’horlogerie traditionnelle d’exception que chacun appréciera à sa juste valeur.
LES TESTS :
La chronométrie et les performances de ce calibre étant connues, elles ne nous ont pas surpris non plus. Les marches, certes excellentes, sont celles d’un calibre de conception ancienne et l’autonomie est en cohérence avec la petite taille du mouvement. Le mécanisme de remontoir et son encliquetage (franc et léger à la fois) procurent un vrai bonheur lors des manipulations quotidiennes que la montre requiert. La targette de répétition minutes coulisse librement à l’armage et durant sa course libre. C’est à cet instant que nous avons finalement été surpris. La sonnerie est certainement l’une des plus cristallines qu’il nous ait été donné d’entendre par ce calibre, même si quelques irrégularités ponctuelles peuvent être perçues. Les volumes de la boîte et ses proportions ont été clairement (très bien) travaillés pour offrir à cette diva la meilleure des acoustiques.
Cette montre est une pure incarnation de classicisme, d’élégance et d’artisanat. Elle provoque un plaisir intarissable à être observée et manipulée. On ressent sa qualité à distance, en n’apercevant qu’un simple détail de sa boîte. On se sent bien et on redresse la tête en la portant, pas par fierté démonstrative, non, subtilement, parce que c’est dans sa discrétion absolue que réside tout son panache.