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Besançon joue contre la montre !

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Le Musée du temps, consacré à l'horlogerie, est situé dans le Palais Granvelle

La ville de Besançon, dans le Doubs, dont la célèbre forteresse s'apprête à rejoindre le patrimoine mondial de l'Unesco, n'est pas seulement la capitale de l'horlogerie ; depuis quelques jours, son Musée des beaux-arts présente une des plus belles collections de Fragonard au monde, et en 2007 on y célébrera le tricentenaire de la mort de Vauban.

Besançon, ville à l'urbanisme inchangé depuis le XVIIe siècle, lovée dans la boucle du Doubs, possède le plus grand secteur sauvegardé de France : 200 hôtels particuliers, des rues larges et droites, des toitures abruptes et hautes, percées de multiples chiens assis. La ville n'a jamais subi de destruction et conserve un patrimoine d'exception parfaitement restauré. On peut marcher des heures en centre-ville sans déceler une erreur urbanistique qui condamnerait l'ensemble. Même les vitrines et les enseignes des commerçants semblent jouer le jeu. Sur une petite place, à l'entrée du quartier dont Stendhal s'est inspiré pour le décor du Rouge et le Noir, se situe la maison où naquit Victor Hugo. Elle est voisine de celle où vécut Gustave Courbet. Et sur la place de la Révolution que les Bisontins ont rebaptisée place du Marché, un alignement de façades classiques, dans une courbe légère, donne le ton d'une ville conviviale sur laquelle veille la citadelle de Vauban. La nuit venue, cet incroyable édifice, véritable défi architectural, s'illumine et lui répond la mise en lumières élégante des quais du Doubs et celle des grands monuments de la ville. Superbe.

La forteresse Vauban sera inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, normalement en 2008 avec treize autres sites, répartis dans toute la France. « Cette reconnaissance va donner à Besançon la dimension qu'elle mérite », explique Jean-Louis Fousseret, maire de la ville et initiateur du dossier. La forteresse, belle illustration de l'art militaire de Vauban, se visite et abrite également un musée consacré à la résistance et un zoo. Des remparts, la vue sur la ville et la boucle du Doubs sont inoubliables.

L'exposition Fragonard. En 1819, Pierre Adrien Paris, architecte des Menus Plaisirs, fait donation à la bibliothèque de Besançon, sa ville natale, de sa collection de peintures qui comprend notamment 98 oeuvres d'un artiste qu'il a bien connu, Jean Honoré Fragonard. Pour la première fois, cette collection, un des plus beaux ensembles au monde, est montrée dans son intégralité par le Musée des beaux-arts. C'est Pierre Rosenberg, l'ancien patron du Louvre, qui signe le catalogue. La collection mérite le détour, elle compte notamment une suite de dix sanguines considérées « ... parmi les plus belles (...) de l'histoire du dessin », selon Pierre Rosenberg. En écho, Françoise Soulier-François, conservateur du Musée de Besançon, explique : « La liberté de traits dont fait ici preuve l'artiste, un trait jamais descriptif mais toujours suggestif, atteint un sommet ! » Autre chef-d'oeuvre du peintre, un pastel rarement exposé : « Portrait de vieille femme », qui ajoute à la perfection du dessin le génie des couleurs. Il y a d'autres merveilles dans cette exposition que l'on ne reverra pas de sitôt, car prévient encore le conservateur, « Les oeuvres ne peuvent supporter la lumière plus de trois mois sans courir un réel danger. » Et sitôt l'exposition terminée, elles retourneront dans leur réserve !

Le Musée du temps, consacré à l'horlogerie, est situé dans le Palais Granvelle, ancienne résidence d'un administrateur de Charles Quint. On ne sait quoi y admirer le plus : la collection ou le bâtiment. Avec sa cour carrée et ses arceaux monumentaux, que coiffe un toit aux tuiles vernissées, c'est un lieu magnifique. Quant à la collection, elle contient notamment « la montre la plus compliquée du monde » ! Et vous ne serez pas déçu par l'ascension au sommet de la tour avec vue imprenable sur le pendule de Foucault. Les Fragonard de Besançon, jusqu'au 2 avril. Musée des beaux-arts et d'archéologie, 1, place de la Révolution. Tél. : 03 81 87 80 49. ouv. Tlj sf mardi de 9 h 30 à 12 heures et de 14 heures à 18 heures ; sam. et dim. de 9 h 30 à 18 heures. Tarif : gratuit le dimanche. 5 €, TR : 2,50 €.

Figaroscope / Philippe VIGUIE-DESPLACES / www.figaroscope.fr