Pourquoi pas… La Slyde?

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Pourquoi pas… La Slyde? - Slyde
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Le point de vue du collectionneur sur ce modèle Slyde résolument non conventionnel.

Le titre de cette rubrique n’a probablement jamais aussi bien porté son nom. Et pourquoi pas ? Une forme de défi, une volonté d’oser, et finalement un acte de réflexion. « Why not ». Pourquoi Non ? Et pourtant, il serait bien facile de dire non à une telle montre... Pourtant il n’y a pas de mécanique, pas d’histoire, pas d’horlogers.
Cette pièce vient d’une époque noire, elle sort du cauchemar des années 1970.
Quel est son crime ? : Elle est « électronique ».  

L’ennemi juré de la tradition horlogère est né en 1880. Il s’agit à la base d’une découverte de Pierre et Jacques Curie, qui identifient une capacité du quartz qui intéressera ceux qui veulent développer des horloges très précises. C’est en 1928 que l’essai est transformé, la première horloge à quartz est née. Il faudra cependant attendre 1967 pour voir apparaître les premières montres à quartz. A cette époque, l’innovation est autant suisse que japonaise.
Mais les ingénieurs du Pays du Soleil Levant prendront rapidement de l’avance en voyant l’intérêt de cette technologie pour produire des montres fiables et abordables.

L’horlogerie suisse ne voit pas la menace venir. Le « bas de gamme » ne peut en aucun cas remettre en cause des traditions séculaires. L’erreur de jugement est énorme. La montre à quartz est moderne. Elle combine technologie et design. L’affichage digital est un must. Même James Bond délaisse sa Rolex pour une Seiko.
L’honneur est bafoué. L’industrie horlogère décimée. Il faudra attendre 1982 pour que le berceau de l’horlogerie traditionnelle se relève. La Swatch est née…. Ouf !

Aujourd’hui le numérique a pris le relais. Les « montres virtuelles » sont partout. Smartphones ou tablettes proposent des fonctions horlogères bien pratiques. Combien d’entre nous – amateurs de beaux garde-temps – continuent de regarder leurs téléphones pour connaître l’heure. L’heure utile se différencie de l’heure « de plaisir ». Mon iPhone s’adapte tout seul aux changements de fuseaux horaires. Il est fiable, efficace, précis au centième de seconde. Il me donne l’heure du monde et me réveille. Il est utile, mais tellement ennuyeux …

Et puis, il y a l’heure « de plaisir ». La montre mécanique. Pas parfaite, pas si précise. Je dois m’en occuper, la choyer, la caresser. Elle vit à mon rythme, n’est pas indépendante comme ce fichu smartphone. En d’autres termes, elle me séduit, alors que l’ « autre » me sert …

Finalement, une vraie montre doit être le résultat d’un travail d’artisan. Si elle est parfaite, elle ne séduit plus. Notre monde policé a besoin d’imperfection pour garder sa part d’humanité. C’est ce qu’apporte la montre mécanique.
Mais, parce qu’il y a toujours un « mais », quelques fois les croyances sont bousculées. Il faut toujours une exception à une règle pour en faire une vérité. Notre règle est simple : la « vraie » montre doit être mécanique.
Si exception il y a, cela devrait être probablement être cette Slyde.

 

 



Pourquoi Slyde ?

Parfois, les contraintes ont du bon. L’histoire de Slyde est celle du designer Jorg Hysek. L’homme est né en Allemagne de l’Est et a grandi en Suisse. Il devient designer, travaille pour Rolex ou pour Vacheron Constantin. Il crée également sa propre entreprise, et collabore avec presque tous les grands noms de l’horlogerie.  Il commence à apposer son nom en 1996 sur des stylos. Encore une fois, ces pièces se distinguent par un design en courbe et des fonctionnalités originales. Ces instruments à écrire se caractérisent par un look tout en finesse, et par l’absence d’épingle pour les accrocher … Ce choix surprenant contribuera cependant au succès de cette ligne, puisque les stylos sont fournis avec un étui en cuir, qui lui en est équipé.

L’aventure continuera dans le domaine de l’horlogerie. Et, lorsque l’activité économique se fera plus difficile, que la recherche de mouvements deviendra plus compliquée et que le numérique commencera à envahir nos vies, le designer aura une nouvelle idée. Développer une montre numérique haut de gamme, digne des pièces mécaniques.

Ce pari fou s’appelle la Slyde. C’est autant un choix technologique qu’un audacieux parti pris face à l’industrie traditionnelle. Cette montre est bourrée d’humour. Elle pourrait venir d’un Comics américain, et apparaître comme un « Vilain », venu chambouler le monde des gentils...
D’ailleurs c’est ce qu’est la Slyde...

 



La Slyde: la montre de Jalome Beacher ?

Connaissez-vous cet homme ? Jalome est un chimiste qui inventa une tenue dotée d’un revêtement spécial. Pour créer son entreprise, il décida de voler de l’argent. C’est sous le nom de Slyde qu’il allait devenir un méchant, opposé à Spider-Man. Vous l’avez compris, Slyde est un héros de Comics Marvel.
C’est pour cela que la Slyde a de qui tenir !

Le concept est simple : la Slyde est une montre digitale dotée d’une interface qui affiche sur un magnifique écran des complications horlogères développées spécifiquement pour être téléchargées sur la montre.
Il s’agit autant d’un garde-temps que d’une « smart watch » permettant de sauvegarder des photos ou des vidéos. La première vocation de cette pièce est de rendre l’heure digitale visuellement séduisante.

Le concept Slyde est une montre rectangulaire imposante (48mm sur 58mm), toute en courbe, dotée d’un écran tactile, lui aussi courbé. Sur le coté cinq diodes bleus indiquent la charge de la batterie. Le fond est équipé d’un connecteur qui permet de relier la montre à un ordinateur et de la recharger.
La montre est notamment disponible en acier, en titane et dans des finitions noires. Le bracelet intégré est en caoutchouc, mais une version en cuir est disponible.

L’aspect le plus intéressant de la montre tient dans sa capacité à changer. En effet, les « mouvements » peuvent être téléchargés via le Slyde Shop. Dans sa version de base, la Slyde est fournie avec plusieurs mouvements et complications, que l’utilisateur peut afficher en navigant sur l’écran tactile. Un mouvement vertical permet de passer d’une complication à une autre. Un mouvement horizontal ouvre l’accès à des applications personnels (ex : photos).

La réalisation de la montre est surprenante. Son packaging également. Nous sommes très loin des montres bas de gamme. La Slyde est une vraie pièce de « e »-haute horlogerie. C’est d’ailleurs probablement la seule. Le boîtier incurvé épouse parfaitement le poignet. La montre se met en mode veille rapidement, et il suffit d’effleurer l’écran pour faire apparaître l’heure et les complications voulues.
La qualité visuelle est impressionnante. C’est un des grands points fort de ce concept. Les mouvements sont vraiment bien visibles, dans leurs plus petits détails.

La Slyde est un véritable OVNI. Elle ne répond donc à aucune règle et elle est certainement amenée à évoluer. Ce sera le prix à payer pour avoir marié la tradition et l’innovation numérique.
Parce que l’innovation numérique ne suit pas le même rythme que l’innovation horlogère traditionnelle !

 


Qu’en pense l’avocat du Diable ?

Bienvenue au Vilain !
La Slyde séduit, elle intrigue. Son principal défaut réside dans ce qui fait son charme : c’est une pièce versatile, qui devra toujours évoluer (comme un smartphone). Son écran est beau, mais bientôt des écrans plus fins, aux résolutions plus fines seront disponibles. Et il faudra que qu’elle s’en équipe. Parce que le produit de luxe ne doit pas rester en arrière… Il en sera de même pour la batterie, et pour tous les composants qui l’équipent.
La difficulté sera d’adapter la pièce tout en la stabilisant. Parce que le monde de la high tech ne suit pas les mêmes règles que celui du luxe.

Mais la montre est bien née, le concept séduit. Alors ne boudons pas notre plaisir.


Quelle image véhiculera le porteur de cette Slyde ?

La Slyde  est devenue célèbre en 2012, notamment parce que Dimitri Medvedev est apparu en public avec une de ces pièces au poignet.
Mais au-delà de cette image la Slyde est une montre de geek.

Alors que les rumeurs se font de plus en plus fortes sur le lancement d’une future iWatch, la Slyde  est LA montre du techno-dandy. Elle séduira ceux qui vivent ou font l’univers digital, les entrepreneurs du 2.0, et les digital natives qui veulent bousculer l’ « ancien » monde.
Espérons qu’elle pourra bientôt se connecter à nos divers réseaux. Il serait en effet amusant que l’horlogerie vienne pour une fois bousculer la haute technologie !