Benoît Mintiens, fondateur de Ressence, n’aime pas suivre les chemins tout tracés. Peut-être parce qu’il n’est pas horloger, mais designer. Pas Suisse, mais Belge. Et que pour lui, la fonction prime, pas la forme. Autant d’attributs qui ont forgé à Ressence un caractère bien particulier – un OVNI de la planète horlogère qui l’était à son lancement à Baselworld en 2010, et qui le reste à Genève 13 ans plus tard.
Peu d’antécédents
Les montres indiquant l’heure par disques rotatifs ne sont pas nouvelles, mais n’ont jamais été légion. On se souvient de micro collections chez Seiko, Swatch, plus tard chez Harry Winston. Mais, dans tous les cas, l’exercice ne fut que ponctuel. Seul Ressence en a fait une marque de fabrique primordiale, fondamentale.
Autre singularité belgo-suisse : l’enchaînement des collections de l’enseigne, ses fameux « TYPE ». Ressence en a détourné la dénomination qui avait traditionnellement cours pour les montres militaires (TYPE XX, TYPE XXI, TYPE XXIII, par exemple) pour en faire autant de chapitres de sa créativité. Mais la progression arithmétique est taquine : TYPE 3 en 2013, TYPE 1 en 2014, avant de repartir vers un TYPE 5 en 2015, et ainsi de suite jusqu’à la TYPE 1° Round dévoilée cette année. Un retour aux sources ?
Oui...et non. Oui, car l’objet est minimaliste. Il revient aux fondations essentielles de la marque. Mais non, car il s’agit bien d’une nouveauté, empreinte de multiples détails qui feront (peut-être) basculer les indécis du côté fonctionnel de l’horlogerie.

Extrême épure
De toutes les créations Ressence avec heures, minutes, secondes et jour de la semaine, la TYPE 1° Round est la plus dépouillée. Déjà parce que, comme toutes les Ressence, elle ne possède pas de couronne, ses réglages se faisant en même temps que son remontage par rotation du fond.
Ensuite, parce que son boîtier se veut plus doux et progressif, avec un esprit « galet » que n’aurait pas renié Laurent Ferrier. Les cornes sont évidées, affinées, le boîtier est moins épais, plus galbé. Ses proportions sont justes, avec 42,7 mm de diamètre pour 11 mm d’épaisseur. Le confort est renforcé par l’usage du titane qui rend la pièce particulièrement légère, gagnant au passage 0,2 mm sur son aînée la TYPE 8 qui en partage l’épure.

ROCS off
Côté mouvement, la TYPE 1° Round reste animée par le combo favori de Ressence : une base ETA 2892 surmontée du module ROCS (Ressence Orbital Convex System), en version 1.3. Il s’agit du module qui convertit l’affichage par aiguilles centrales en affichage par disques excentriques rotatifs. Automatique, l’ensemble garantit 36 heures d’autonomie. Il faudra en anticiper l’arrêt car la pièce ne comporte pas d’indication de réserve de marche. De même, il conviendra d’éviter les projections d’eau, la TYPE 1° Round restant, comme nombre de ses consœurs, restreinte à 1 ATM d’étanchéité.
Une pièce, deux versions
Deux exécutions sont d’ores et déjà proposées : la version N pour Night Blue, et B pour Black. La première offre un bleu plus sombre et saturé que les itérations précédentes. On y apprécie le satiné circulaire qui, par une certaine évidence, vient souligner la ronde des quatre disques en mouvement perpétuel. Si ce modèle N possède une légère touche de couleur pour les deux jours du week-end, la version B est intégralement noire, jouant du contraste de ses indications et aiguilles. Les deux pièces partagent le même prix (16'800 CHF hors taxes).