Lorsqu'une marque de mode se lance dans l'horlogerie, nombreux sont les amateurs qui observent une telle initiative avec un sourire en coin. Le défi est effectivement réellement difficile. Parce qu'il faut conserver l'ADN d'une marque liée à des produits non horlogers, mais aussi « casser » cet ADN pour donner une véritable légitimité au nouvel entrant – en l'occurrence un garde-temps.
Louis Vuitton est une des marques les plus connues au monde. Et le raccourci Sac / Vuitton reste une évidence. Pourtant, en 2002, le maroquinier s'est lancé courageusement sur le marché horloger. En dévoilant une montre baptisée Tambour, dont le design allait s'imposer en quelques années.
Et l'audace venant avec le succès, Louis Vuitton a continué à étoffer sa collection avec des pièces de plus en plus nombreuses, déclinant le succès de la Tambour pour l'adapter aussi bien à un univers féminin, classique, sportif ou même de haute horlogerie.
C'est cet effort d'innovation qui peut aujourd'hui attirer un amateur de montre vers la marque au losange. Et pour vous en convaincre, intéressons-nous de plus près à une pièce atypique, la Tambour Diver II Chronographe.

Pourquoi s'intéresser à Louis Vuitton ?
Pas besoin de revenir sur l'histoire de Louis Vuitton, ça serait faire insulte à ce leader mondial du luxe. L'ancrage de la marque dans l'univers du voyage est une réalité qui lui permet d'ouvrir de nouvelles portes et de quitter son métier de base. Et l'amène notamment à s'impliquer très fortement dans l'univers maritime via l'America's Cup, et plus précisément ses éliminatoires appelés la « LV Cup ». Voyage, mer, il ne manquait donc pas grand-chose pour partir à la découverte des grands fonds. Et c'est ce que Louis Vuitton nous propose avec la déclinaison sous-marine de sa Tambour.
La Tambour Diving II Chronographe : le cygne noir ….
En septembre 2011, dans le cadre du fameux « Only Watch », opération caritative pour laquelle des grandes marques horlogères développent des modèles uniques, Louis Vuitton avait présenté une version très exclusive particulière de ce chronographe marin. Il s'agissait d'un modèle en or noir (or blanc recouvert de PVD noir) et orange. L'orange est effectivement la couleur préférée de Paul Pettavino, le fils du président de l'Association Monégasque contre les Myopathies – et fondateur de cette opération. Cette montre originale était de surcroit proposée dans un écrin sur mesure à damiers noirs rehaussé d'une belle citation de Paul : « Sous la Mer tout un autre monde se cache ».
Si vous n'avez pas eu l'opportunité d'admirer cette pièce - et encore moins de l'acquérir - vous pouvez désormais opter pour sa version « grand public » disponible depuis peu dans les points de vente de la marque.
Ce chronographe de plongée affiche la couleur ! Il n'est pas là pour recueillir des consensus, mais bien pour affirmer sa différence. S'il adopte une livrée noire de plus en plus répandue, il n'opte pas pour un revêtement en PVD ou en DLC mais pour un moulage caoutchouc. Ceci confère à la montre un toucher soyeux, très éloigné de ce que l'on pourrait attendre d'une pièce sportive et virile.
Pour continuer à décliner une partition originale, les designers de Louis Vuitton ont choisi le rouge pour rehausser l'aspect sombre de cette pièce.
Les indicateurs des 15 premières minutes présents sur la lunette tournante sont dans cette couleur que ne renierait pas Stendhal ! Une autre particularité de la Diving II réside à la fois dans le positionnement de son compteur de chronographe (à à 12 heures) que et dans l'apparence du compteur des secondes présent à 6 heures. Ce dernier rappelle le drapeau rouge et blanc qui indique en surface la présence de plongeurs sous l'eau.
Pour mettre encore plus en avant ce signe distinctif, le cadran est totalement noir. Les indicateurs horaires, souvent blancs, sont ici noirs mats. Seul saute aux yeux le blanc du drapeau de plongée, des indicateurs lumineux des aiguilles et de l'aiguille centrale du chronographe.
La vocation marine de ce garde-temps ne fait donc aucun doute. La mention 300 M sur le cadran est là pour le confirmer.
Pour l'animer, la marque française a choisit un calibre automatique La Joux Perret rebaptisé LV 105.
Et finalement, comme toute plongeuse digne de ce nom, la Diving II est équipée d'une lunette unidirectionnelle en céramique noire, dont l'aspect brillant contraste avec le mat de la boîte.
Avec cette pièce, nous avons clairement une montre de mode, très tendance, inscrite dans son époque et aux codes affirmés. A ce titre, elle se distingue très vite de toutes les autres plongeuses et justifie mon qualificatif de cygne noir !

Qu'en pense l'avocat du diable ?
Les quelques critiques possibles peuvent porter sur le fond (les éléments techniques) et sur la forme (sa vocation).
Côté réalisation, les ingénieurs auraient pu porter plus d'attention à la lunette. En effet, lorsque vous la tournez, elle fait un bruit assez peu compatible avec l'image de luxe et de qualité véhiculée par les réalisations de Louis Vuitton. Au-delà du bruit, il y a aussi un jeu assez important qui renforce cette impression.
Le choix du caoutchouc moulé est un autre point d'interrogation. Si au porté il est exceptionnel, et que son apparence est réellement séduisante, il se marque assez vite. La boîte se griffe, et cette fragilité peut sembler être un handicap si son porteur veut réellement l'utiliser pour mesurer ses temps de plongée.
Enfin, si le bracelet en caoutchouc reste une figure imposée sur ce type de montres, il aurait pu rester plus discret, et éviter la grosse inscription LOUIS VUITTON.
Tout ces éléments pourraient faire dire à l'avocat du diable que cette plongeuse est idéale à condition de ne pas plonger trop profond ;) !
Quelle image véhiculera le porteur de cette Louis Vuitton ?
Cette montre attirera les fans de la marque, les fashionistas et les amateurs de pièces qui sortent de l'ordinaire, et dont l'aspect ludique peut séduire.
Cette pièce est effectivement fun, différente, décalée, estivale. Elle n'est pas sérieuse et c'est sa plus grande force.
C'est une montre de vacances, qui sent bon les docks des marinas chics de la Riviera ou de Sardaigne. On la porte avec un polo décontracté, en un short et avec un cocktail à la main. Et bien sûr, elle trouvera sa place dans un écrin à montres de la marque, lui-même posé au fond d'un Keepal qui vous accompagnera en week-end au bord de la mer !
On peut d'ailleurs regretter que Vuitton n'ait pas cherché à intégrer plus cette Diving dans son univers du voyage et la proposer avec deux bracelets : un caoutchouc sobre, et un autre, plus original, dans un cuir damier Fusion (rouge) ou Onyx (noir).