La Ball Engineer Hydrocarbon DeepQUEST

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La Ball Engineer Hydrocarbon DeepQUEST - Pourquoi pas?
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Le point de vue du collectionneur.

WORLDTEMPUS - 12 novembre 2012

Serge Panczuk



Lorsque l'on aime les montres, on aime les surprises. Chaque voyage est un excellent moyen de partir à la découverte du monde horloger (au sens propre), et de se laisser surprendre par quelques jolies réalisations.
Même si Ball est une marque américano-suisse, elle reste beaucoup plus facile à croiser de l'autre côté de l'Atlantique qu'au bord du Lac Léman. C'est donc en Californie du Sud – au bord du Pacifique - que j'ai eu l'occasion de passer pour la première fois une de ces pièces au poignet.

Tôt le matin, l'Océan dévoile quelques-uns de ses trésors. En regardant bien à l'horizon, vous avez le privilège de voir plusieurs baleines reprendre leur respiration, et des familles de dauphins nager tranquillement à quelques encablures de la plage. Cet environnement donne envie de passer une montre de plongée et de se lancer dans les vagues, que seuls les surfeurs affrontent pour l'instant.
 

 

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Force est de constater que cette DeepQuest est une pièce intéressante pour tout amateur de montres marines, et de grands espaces marins.
Les plongeuses forment une grande famille horlogère. Nées du désir de conquête des océans, elles ont d'abord repoussé les premières limites de l'étanchéité, pour ne cesser de développer de nouvelles technologies afin de descendre de plus en plus dans les profondeurs marines. Les contraintes imposées à ces garde-temps forgent leur design, et l'originalité est limitée. Mais toutes sont construites autour des mêmes exigences : étanchéité, lisibilité, fiabilité.
Cette trilogie est d'ailleurs parfaitement interprétée par cette surprenante DeepQuest …


Pourquoi Ball ?

Rien ne prédestinait Ball a jouer un rôle dans la catégorie des plongeuses.
Le fondateur de la marque, Webster Clay Ball, naquit aux Etats-Unis en 1847. Il grandit dans un monde en expansion, et devint ingénieur des chemins de fer. A cette époque, le train était un des principaux vecteurs de la construction des Etats-Unis et de la conquête de l'Ouest. Les compagnies ferroviaires tissaient leur toile au travers du pays, pour bientôt proposer plus de 150'000 miles de lignes reliant l'Est à l'Ouest du pays, mais aussi le Canada et le Mexique. Pour proposer un service efficace, un élément était alors fondamental. Et le reste aujourd'hui. C'est l'exactitude et la capacité à mesurer le temps, partout et de la même façon pour permettre aux trains de partir et d'arriver au bon moment.
 

 

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Ce fut le rôle de l'ingénieur Ball, qui proposa les premières règles communes permettant de mesurer le temps de la même façon sur l'ensemble des réseaux ferroviaires. Rapidement, ces critères – et ces normes chronométriques – devinrent des montres. Si Ball ne construisit pas directement des garde-temps, il en fit construire afin d'équiper les équipes de cheminots d'outils fiables et précis.
C'est ainsi que la société Ball Watch fut créée en 1891. Avec son ADN si fort, la marque se développa et tissa des liens avec d'autres manufactures américaines ou suisses. Si son origine ferroviaire reste visible dans ses collections (à voir absolument: la Flying Scotsman Edition Limitée), la marque propose désormais des montres destinées à d'autres « environnements ».
C'est le cas de la belle et originale

 

DeepQUEST.


La Ball DeepQuest :  la mer abrite bien des secrets 

Lorsqu'on n'a aucune légitimité dans un domaine, il y a deux options. Renoncer ou surprendre. En se plongeant dans son histoire liée à la conquête de territoires inconnus, Ball a opté pour la seconde option. Les surprises sont réelles.

La première réside dans le choix de l'étanchéité. Point de 300 mètres, ni de 1000 mètres. Ball nous propose ici une montre qui affiche une étanchéité à 3000m ! Soit bien plus que la majorité des plongeuses historiques.
Deuxième surprise : la construction du boîtier. Ball a fait le choix du titane, mais propose - à l'instar d'une Omega Ploprof, ou d'une Seiko Marine Master - une boîte monobloc. La montre ne dispose pas de fond vissé, l'assemblage se faisant par le « haut ». Ceci permet de renforcer la solidité en limitant les risques d'infiltration et de mieux résister à la pression extrême des grands fonds.
La combinaison du titane et de ce choix rendent la DeepQuest unique.

La troisième surprise est liée à la lisibilité. Ici, peu de recours au Luminova. Les aiguilles des heures, des minutes et des secondes abritent des micro-tubes qui contiennent un gaz luminescent jaune. Cette option se retrouve sur les indicateurs horaires, mais avec 11 tubes bleus, et un rouge. Les chiffres de la lunette sont, eux, traités en super luminova vert. Chaque couleur correspond à une indication spécifique, facilitant ainsi la lecture dans des environnements de faible visibilité. 

 

 

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Au-delà de ces trois choix techniques, la Ball DeepQuest propose tout ce qu'une vraie plongeuse se doit d'offrir. La lunette unidirectionnelle permet d'opter pour une mesure par intervalles de 30 secondes. Elle est construite sur une crémaillère offrant 120 « clics ».
La boîte est équipée d'une valve à hélium, même si ce choix est – de par la construction monobloc - moins vital que sur les pièces construites sur des bases plus classiques.
Le verre saphir est comme il se doit très épais (5.3 mm) et contribue à l'embonpoint de la montre, qui malgré ses raisonnables 43 mm de diamètre, fait presque 2 cm d'épaisseur !

Pour le bracelet, Ball offre deux options classiques  pour ce genre de pièces : un modèle en titane / acier, et un autre en caoutchouc noir. Ma préférence va vers la version titane / acier, parfaitement intégrée à la boîte. Il faut d'ailleurs noter le système de double attache du bracelet à la boîte, que je n'avais jamais vu sur une autre montre. Il faut également remarquer que la boucle déployante intègre un double système de rallonge, permettant de porter l'Engineer HydroCarbon DeepQuest sur une combinaison de plongée.

Côté « motorisation », les équipes de Ball ont opté pour le classique – mais solide – ETA 2892. Il faut cependant relever que la DeepQuest est certifiée Chronomètre.

Nous terminerons le tour de cette surprenante plongeuse par un commentaire sur la couronne. Elle est massive et protégée par un dispositif particulièrement massif, qui « signe » cette pièce et la rend reconnaissable. Nous reviendrons d'ailleurs sur ce choix dans les commentaires de l'avocat du diable.

L'HydroCarbon DeepQuest est donc une superbe plongeuse. Elle reste inhabituelle, mais propose une liste impressionnante de caractéristiques qu'on n'imagine pas voir sur un modèle proposé à un prix relativement accessible. Félicitations donc aux équipes de Ball !
 

 

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Qu'en pense l'avocat du diable ?

Que reprocher à cette DeepQuest ? L'exercice est difficile, tant l'accumulation de caractéristiques techniques rend ce garde-temps séduisant. Mais encore une fois, la perfection n'existe pas.
Donc, première remarque : la DeepQuest est proposée soit avec un cadran noir, soit avec un cadran gris. La version grise ne m'a pas plu. A mes yeux, elle rend la montre trop fade et ne la met pas suffisamment en valeur. Optez donc pour le très classique cadran noir. Espérons que, dans le futur, Ball proposera une déclinaison dans une autre couleur plus originale.

La seconde remarque porte sur la lunette. Elle n'est pas en céramique. Or, Ball propose une plongeuse dotée d'une telle pièce. Pourquoi donc ne pas avoir équipé cette version, qui regroupe tout ce qu'une plongeuse offre de mieux ! Dommage… Une autre critique porte sur le protège-couronne qui « sort » beaucoup de la boîte, et peut devenir désagréable au porter dans certaines situations, particulièrement pour ceux qui ont un petit poignet.

Et finalement, je regrette que cette montre ne soit pas plus facilement disponible chez nous, le réseau de distribution européen restant très discret.

 

 

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Quelle image véhiculera le porteur de cette Ball?

Pour porter cette DeepQuest, notre amateur devra d'abord partir à sa recherche. Et c'est ce qui fait son charme.
A l'instar de la Seiko Marine Master dont j'avais parlé il y a quelques semaines, cette Ball se mérite ! Non pas par son prix, mais par sa rareté. Le porteur de cette Ball se distinguera donc des autres « plongeurs » par son désir d'être différent. Il devra aussi accepter de porter une montre qui se distingue par ce qu'elle est plus que par le nom qu'elle porte. Porter cette DeepQuest, c'est afficher son goût pour le bel ouvrage, mais aussi dire non à des phénomènes de mode….

Mais, le choix de cette Ball Watch est aussi en phase avec ce mois de Novembre 2012.
Nous avons effectivement beaucoup parlé dernièrement des Etats-Unis, de leurs forces et de leurs faiblesses. Notre DeepQuest est un bel exemple d'une histoire née outre-Atlantique, et revenue en Europe. Un lien - tant historique qu'horloger - fort, qui permettra à l'amateur de cette montre de dire, en la montrant fièrement :  Yes I can.

 

 

 

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