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Montblanc - Villeret 1858 Exotourbillon Chronographe

Montblanc Villeret 1858 Exotourbillon Chronographe

L'insoupçonnable tourbillon*

L’ExoTourbillon fait son apparition en 2010 dans une montre qui l’associe à un magnifique chronographe. Mais sa nature est complexe et son apparence n’est pas celle d’un tourbillon habituel. Trop malin pour son propre bien ?

En 2010, Montblanc entamait la troisième année de production effective de mouvements développés au sein de sa filiale, qui avait été entre-temps renommée Institut Minerva. Cette fois-ci, la manufacture couplait sa grande spécialité historique, le chronographe, à celle qu’elle venait d’adopter, le tourbillon. Mais Minerva étant ce qu’elle est, et Montblanc ayant bien conscience de l’or qu’elle avait entre les mains, le tourbillon est d’un genre entièrement nouveau. Comme son nom l’indique, l’ExoTourbillon est un tourbillon extérieur… extérieur à quoi ? Voilà qui demande une explication.

Dehors

Dans la construction traditionnelle du régulateur rotatif, l’ensemble de l’organe réglant (spiral, balancier, ancre et roue d’ancre) est logé à l’intérieur d’un grand élément qui les fait tourner pour contrecarrer les effets négatifs de la gravité sur la marche dans les positions verticales. Cet élément s’appelle cage de tourbillon. Elle est maintenue par un pont inférieur et (à part dans le cas du tourbillon volant) par un pont supérieur. L’Exo- Tourbillon, lui, a sorti le balancier de cette construction pour le loger au-dessus de la cage. À l’extérieur donc, d’où le préfixe exo. Le balancier continue d’être entraîné par le tourbillon. Ainsi, il oscille et, en plus, il tourne autour de son axe, bénéficiant des propriétés que l’on attend. Comme le balancier est le plus grand composant de l’ensemble, c’est généralement lui qui dicte la taille de la cage. En son absence, cette dernière peut devenir très petite. Et de ce fait, très, très discrète.

Villeret 1858 Exotourbillon Chronographe

Villeret 1858 Exotourbillon Chronographe © Montblanc

Sensé

L’ExoTourbillon fait valoir un certain nombre d’avantages sur le tourbillon traditionnel. La cage étant plus petite, elle est plus légère et a moins d’inertie. Elle demande donc moins d’énergie pour être tractée, un gain quantifié à 30 %. En clair, l’ExoTourbillon est une réponse à tous les détracteurs du tourbillon qui l’accusent d’être trop lourd, de créer trop de friction, de consommer trop d’énergie au détriment de l’organe qui en a réellement besoin : le balancier. Dans une perspective purement horlogère, ces arguments sont sensés. Et c’est dans la nature de Minerva que d’en exploiter tout le potentiel technique. Mais voilà, le tourbillon n’est pas une complication raisonnable.

Irrationnel

La raison pour laquelle il est réellement acheté par ceux qui veulent le porter n’est que rarement liée, voire jamais, au surcroît de précision qu’il apporte. C’est sur à peu près tout le reste, l’irrationnel, le non-mécanique, qu’il séduit. Et parmi ces arguments insensés, il en est un qui est devenu fondamental. Un tourbillon se reconnaît à sa cage qui tourne. Pas juste à un balancier qui oscille, ce qui est la propriété d’une multitude de montres de type coeur ouvert qui ne coûtent pas grand-chose. Or, l’apparence que présente la Villeret 1858 ExoTourbillon Chronographe, comme tous les autres mouvements à ExoTourbillon de Montblanc, c’est au premier plan celle d’un balancier qui va et vient. Pas celle d’une cage clairement identifiable qui avance dans un seul sens. D’autant plus que la vitesse de rotation est très basse : un tour toutes les quatre minutes. Le splendide pont de tourbillon, au bras bercés et polis, aux pieds en forme de piques, a beau crever l’écran, il passe pour un pont de balancier… un simple coq, alors que l’on attendait un incroyable paon. On est ici dans un cas typique où le mieux est l’ennemi du bien. Bien que plus performant, certes, l’ExoTourbillon ne parle pas à son public, qui a du mal à en saisir le principe, à le reconnaître.

Paradoxe

Ce d’autant plus que l’essentiel de ce qui fait la beauté d’un mouvement à tourbillon, ce sont les finitions de la cage et du pont. Elles sont les marqueurs de la qualité d’exécution du reste du mouvement qui est généralement caché au dos. Pour le pont, rien à redire, le travail de Minerva est comme à son habitude magnifique. Mais la cage est toute petite, et cachée sous le balancier. L’effet waouh, qui est pourtant fort sur un mouvement d’origine Minerva, disparaît. Montblanc continue à exploiter ce tourbillon, d’autant plus que la marque a entretemps réussi à le rendre particulièrement accessible… et pour cause, il n’y a pas de place pour valoriser des finitions, donc elle y passe peu de temps et de soin, ce qui réduit les coûts. Et quand elle livre une exécution plus soignée, le spectacle n’y est pas vraiment. Malgré toute la bonne volonté de Montblanc et l’intelligence chronométrique du concept, l’ExoTourbillon est peut-être ce qu’il convient d’appeler une fausse bonne idée. 

*Cette année GMT Magazine et de WorldTempus se sont lancés dans le projet ambitieux de résumer les 20 dernières années du tourbillon dans The Millennium Watch Book - Tourbillons, un grand et beau livre magnifiquement illustré. Cet article en est un extrait. The Millennium Watch Book - Tourbillons est disponible sur www.the-watch-book.com, en français et en anglais.

 

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