L'éthique des métiers d'art

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#wtsihh / En recourant toujours plus aux techniques de décoration traditionnelles, les horlogers les maintiennent vives et lèvent le voile sur des réalisations toujours plus fulgurantes.


WORDLTEMPUS – 18 janvier 2012

Catherine De Vincenti


Des métiers d'art dans les domaines de l'horlogerie et de la bijouterie, il en existe une longue liste sanctionnée, en France, par un arrêté du 12 décembre 2003, signé par Renaud Dutreil, obscur secrétaire d'État aux Petites et Moyennes entreprises, à l'Artisanat et aux Professions libérales. Du batteur d'or en passant par l'émailleur sur cadran, le doreur ou le glypticien, il faut se faire une raison toutes ces qualifications sont en voie de d'extinction.

Dans la haute couture ou la haute horlogerie, quelques-unes de ces professions ne tiennent plus qu'à un fil ou plutôt à quelques rares spécialistes, la plupart déjà orientés sur le second versant de leur carrière. C'est donc d'une priorité "occidentale" qu'il s'agit: sauver les métiers d'art, conserver nos racines et notre patrimoine. Chez Parmigiani, Vacheron Constantin, Van Cleef & Arpels et quelques autres, on maintient vivace, non seulement l'esprit horloger de nos ancêtres, mais toutes ces pratiques qui enjolivent et agrémentent le grand Art des rouages.

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Comme le soulignait une personnalité importante du SIHH: "Il se raconte beaucoup d'histoires dans les stands de ce salon de prestige: l'histoire d'une marque, d'une icône, d'un cadran qui fait rêver. Chez Vacheron Constantin, on parle de métiers!". On ne raconte pas, on montre: le geste issu de la tradition, le savoir-faire qui réunit les époques. Ses collections consacrées aux Métiers d'art, les "Univers Infinis", mettent en valeur des techniques séculaires: la gravure, le guillochage, l'émaillage, le pavage ou encore la marqueterie. De jeunes professionnels passionnés apprennent et transmettent à nouveau des gestes dont certains s'étaient parfois perdus au fil du temps.


Mettre le feu


Le sertissage, si important pour mettre en valeur la beauté d'un cadran, le galbe d'un bracelet, ponctuer le statut d'une pièce exceptionnelle, fait partie de ces métiers qui ajoutent de la valeur au temps. Chez Roger Dubuis, le sertissage a toujours été essentiel. Souvenez-vous de cette fameuse King Size dont la lunette et les index sertis de grenats Mandarine oranges avaient mis le feu au SIHH, il y a deux ans! Le choix des pierres, la régularité des tailles et des proportions, le velours d'un sertissage à la fois sécurisant et tout en douceur reste une priorité de la manufacture genevoise. Cette année, pour le splendide modèle féminin "Velvet", Roger Dubuis ajoute une notion essentielle, parfois perdue de vue chez certains grands noms, l'éthique. A la fois éblouissant et feutré, le modèle en titane noir est incrusté d'améthystes et de spinelles noirs. Pourquoi ne pas avoir choisi comme beaucoup d'autres de sertir des diamants noirs? "Une simple question d'éthique, répond la responsable produits, il est impensable que sur une montre Roger Dubuis, on sertisse des pierres que ne soient pas naturelles et non-traitées. Or, les diamants noirs sont désormais très souvent traités par irradiation pour montrer une couleur homogène. Nous leur avons donc préféré les spinelles noirs, une pierre moins connue mais qui nous offre des garanties".

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Quintessence

Van Cleef & Arpels, année après année raconte, au travers de ses montres, des histoires de complications poétiques aux couleurs des différentes techniques d'émaillage. Chaque fois, le spectateur reste ébahi. "A l'ouverture du Salon, c'est le premier stand que je vais visiter!, raconte cette journaliste spécialisée. Je me demande toujours s'ils pourront faire mieux que l'année précédente. Jusqu'à présent, je n'ai pas été déçue. L'émaillage exceptionnel du cadran exécuté par Vaucher et le mouvement annulaire à répétition 5 minutes de Jean-Marc Wiederrecht sont pour moi la quintessence de ce que produit aujourd'hui le meilleur des Métiers d'art".

Cher Cartier, beaucoup d'exceptionnel dans les collections "Cartier d'Art" et une pièce particulière: un cadran en marqueterie de paille de seigle! Cette technique fut surtout utilisée au XVIIIème siècle pour du mobilier. Cartier et Hermès sont actuellement les seuls à l'appliquer à l'horlogerie. Ce cadran atypique a été exécuté par Charles Jeanbourquin, un artisan talentueux.

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Les codes du dragon

Chez Parmigiani, avec les legs du passé - des mouvements d'automates - on crée avec les techniques les plus sophistiquées, des objets qui scandent les heures et font rêver leurs propriétaires tout en les amusant. Après le "Chat et la Souris", cette pendule-automate qui faisait courir un chat après une souris facétieuse qu'il n'arrivait jamais à attraper, Parmigiani fête l'année du Dragon avec… un dragon exceptionnel. "L'important était de respecter totalement les codes asiatiques, martèle Alexia Steunou qui, au sein du studio de création, a dessiné et le chat et le dragon. Ensuite il a fallu trouver les pierres: un socle en cristal de roche pour recevoir le mouvement, de la jadéite dans un camaïeu de vert et de brun-orangé ramenée des confins de la frontière birmane, des saphirs jaunes, des rubis, des diamants. Pour le dragon, chaque écaille de jadéite a été taillée pour son emplacement spécifique. Les graveurs, les ciseleurs, les sculpteurs, les sertisseurs, et j'en passe: 22 professions et plus de 6000 heures de travail ont été nécessaires! Mais quel plaisir de réaliser une pièce unique et ô combien mythique!". Arrivée la veille de l'ouverture du Salon, le Dragon, un peu menaçant, trône dans le hall d'entrée du stand Parmigiani en défenseur de tous les Métiers d'arts.

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