Revolution #7 - Mars 2010Michel Jeannot
Quel est le secret de la réussite de Montblanc ?
Je ne sais s'il s'agit d'un secret, mais c'est en tous les cas une réalité : Montblanc est une marque intemporelle et le produit Montblanc a un caractère essentiel : il est pérenne. Cette double caractéristique est essentielle à Montblanc. Dans cette perspective, le produit Montblanc est très naturellement un compagnon pour la vie et nos clients sont attachés à cette réalité. Il en est ainsi de notre instrument d'écriture Meisterstück depuis 85 ans, il en sera sans doute de même de nos garde-temps ou de nos bijoux. C'est en tous les cas dans cet esprit que nous les avons créés. Car nous faisons en sorte de ne jamais nous éloigner de cet axe fondateur de la marque : Montblanc n'est pas une marque tendance, elle s'inscrit dans la durée. De même, le produit Montblanc n'est pas un produit opportuniste, il est là pour durer.

Lutz Bethge, CEO de Montblanc © Revolution
La plume Meisterstück est une icône parmi les instruments d'écriture. Quel pourrait être son pendant sur le versant horloger ?
Il m'apparaît que notre chronographe Nicolas Rieussec a toutes les qualités pour devenir le Meisterstück de l'horlogerie. Originalité, mécanique complexe, technicité, qualité, fiabilité sont autant d'éléments qui devraient porter la collection Rieussec vers une reconnaissance globale.
Montblanc, comme son nom ne l'indique pas, est une marque allemande. Ces origines sont-elles essentielles à la compréhension de la marque ?
Montblanc n'entend nullement renier ses origines qui ont façonné durablement la société et son esprit. Mais nous sommes dans le même temps une marque très européenne par nos implantations et par notre diversification sur le versant de la production. Nous nous implantons là où il y a du savoir-faire pour chacun des métiers que nous servons. Nous réalisons nos instruments d'écriture en Allemagne, notre maroquinerie en Italie, notre joaillerie en France et notre horlogerie en Suisse.
Et vous vendez beaucoup en Chine…
La Chine est effectivement devenue le marché N°1 pour Montblanc, devant les Etats-Unis. Et cette progression va se poursuivre. Cela étant, nous sommes également présents sur d'autres marchés extrêmement porteurs, à l'instar de l'Inde notamment.
Dans le même temps, vous avez réduit le nombre de points de vente de votre réseau de distribution…
Nous l'avons optimisé en réduisant effectivement le nombre de points de vente. Moins mais mieux, en quelque sorte. En parallèle à la distribution traditionnelle, nous continuons à ouvrir nos propres boutiques, lesquelles ont mieux résisté que la distribution multimarque au ralentissement économique.
De combien de boutiques Montblanc disposez-vous aujourd'hui dans le monde ? Est-ce suffisant ?
Nous avons quelque 360 boutiques aujourd'hui, y réalisons environ le 40% de notre chiffre d'affaires, et nous ne souhaitons pas augmenter significativement ce chiffre. Mais nous saisissons évidemment les bonnes opportunités dans les villes ou les quartiers à fort potentiel.
La société Montblanc songe-t-elle à de nouvelles diversifications ?
Nous croyons profondément à l'artisanat, à l'élégance intemporelle, à la valeur réellement tangible, à la réalité de la manufacture et à la qualité de nos produits. Ces éléments sont indissociables de l'identité de Montblanc et toute diversifification doit répondre à ces exigences. C'est ce que nous nous sommes efforcés de faire à chaque fois que nous nous sommes lancés dans une nouvelle activité. Dans cette perspective, je crois que nous avons fait les diversifications intéressantes et importantes pour Montblanc ; il n'y a pas de raison d'en envisager d'autres. D'autant que nous avons encore beaucoup à faire et à l'évidence un potentiel norme en horlogerie et en joaillerie. 