
© LAURENT GUIRAUD / Eva Green. Hier soir, l'actrice française a fait une courte apparition dans la boutique. Avant de s'éclipser pour assister au repas organisé par Montblanc à La Réserve.
JEAN-DANIEL SALLIN
Est-ce qu'elle sera là? La question était sur toutes les lèvres. Mais le dossier était classé «secret defense». Pour des raisons de sécurité. On ne fait pas venir Vesper Lynd – nom du premier amour de James Bond dans Casino Royale – à Genève impunément. Sans prendre quelques précautions. Mais elle était là…

«Un film dingue»Pour Eva Green, Genève a aussi une saveur particulière. Elle y vient souvent se ressourcer. Incognito. «On y passait déjà avec mes parents quand on allait à Megève», confie-t-elle. «Mais j'aime me balader autour du lac; et j'adore le parc des Eaux-Vives et la Vieille-Ville.» La Française y était également venue, avec sa mère, Marlène Jobert, pour y préparer son rôle dans Franklyn de Gerald McMorrow. Un long-métrage tourné en 2007 – qui sortira en février prochain. «J'y joue deux personnages: l'un très noir, l'autre plus lumineux, style Mary Poppins, avec des cheveux roses», confie-t-elle. «C'est l'histoire de quatre personnages en quête d'eux-mêmes. Un film un peu dingue!»Pendant une semaine, Eva Green s'est enfermée dans une suite du Swissôtel Métropole pour travailler sur ce film. «Il y a certainement des acteurs plus instinctifs. Moi, j'aime travailler en amont. Je lis beaucoup. Je cherche du matériel en relation avec le rôle. Mais, dès qu'on arrive sur un tournage, on se rend compte que c'est différent de tout ce qu'on avait préparé…» A-t-elle toujours voulu être actrice? Suivre les traces de sa maman? A son adolescence, Eva Green disait plutôt qu'elle rêvait de devenir «metteur en scène». Peut-être pour brouiller les pistes.«Etre la fille de n'est pas facile. Il y a une forme de complexe! Je l'ai surtout ressenti à l'école dramatique. On laissait entendre que j'étais pistonnée. C'était assez énervant!» Elle a pourtant fini par choisir cette voie-là. Avec la bénédiction de sa mère. «Elle n'a jamais essayé de me décourager», signale-t-elle. «C'est un métier cruel. Où il y a beaucoup de compétitions. Alors, elle me poussait à ne pas m'apitoyer sur moi-même et à me remuer…»«Une personnalité forte»En six ans, Eva Green est devenue une valeur sûre. En incarnant la troublante Sibylle de Jérusalem dans Kingdom of Heaven de Ridley Scott. En donnant la réplique à Daniel Craig dans Casino Royale. En se montrant très exigeante dans ses choix. Au risque de ne tourner qu'un seul film par année. «C'est difficile de trouver des choses bien», indique-t-elle. Avant d'évoquer son rôle dans Cracks – un film signé Jordan Scott dont la sortie est aussi prévue pour l'an prochain. Elle y joue un professeur dans les années 30. «Un personnage très complexe. C'est l'un des rôles dont je suis la plus fière», souffle-t-elle.La Française prend aussi plaisir à se glisser dans la peau de l'ambassadrice de charme. Egérie gothique de Dior, elle incarne désormais l'élégance et la pureté de Montblanc. «Ça me rappelle mon père! Il écrivait toujours avec sa plume. De plus, chez eux, je ne suis pas considérée comme un produit. Il y a un vrai dialogue entre nous. On m'a demandé mon avis pour la campagne de publicité. Et j'aimerais bien créer quelque chose avec eux…» «Eva n'est pas qu'une belle femme, elle a aussi une personnalité très forte», reprend Lutz Bethge. Ils sont faits pour s'entendre!
Bio express
Eva Green
❚ Née le 5 juillet 1980 à Paris. Elle a une sœur jumelle, Joy.
❚ 2002: elle entame sa carrière au cinéma dans The Dreamers de Bernardo Bertolucci.
❚ 2004: elle joue dans le film Arsène Lupin de Jean-Paul Salomé.
❚ 2005: elle incarne Sibylle de Jérusalem dans Kingdom of Heaven de Ridley Scott.
❚ 2006: elle est la sixième actrice française à devenir James Bond Girl dans Casino Royale.
❚ Février 2009: sortie de son prochain film, Franklyn, de Gerald McMorrow. JDS

Lutz Bethge et Roderich Hess, CEO et directeur général de la marque (Laurent Guiraud)
12 décembre 2008
