MB & F présente les deux dernières versions de son modèle HM2. Selon Maximilian Büsser, son fondateur, limiter les occurrences est un outil déterminant pour préserver la liberté de créer.
WORLDTEMPUS – 14 janvier 2011
Louis Nardin
Les marques dites «indépendantes» qui ont éclos ces dernières années régatent dans un univers d'audace créative, de remise en question des fondements horlogers, de rareté et de prix dépassant souvent les 100'000 francs. Plus concrètement, elles proposent des montres (très) différentes et destinées aux collectionneurs ayant les moyens de leurs plaisirs. Dernièrement, MB&F a dévoilé les deux dernières versions de la HM2 qui mettent un terme à ce modèle né en 2008. Cette fin de vie programmée dès le départ est l'occasion de se focaliser pour une fois sur la structure économique de ces sociétés. Car pour poursuivre dans leur voie rythmée de défis et de paris, elles doivent en effet voyager léger, c'est-à-dire limiter au maximum leurs coûts. Explications selon Maximilian Büsser, fondateur et à la tête de MB&F.
Privé de liberté«A terme, multiplier le nombre de pièces nous priverait de notre liberté créatrice », résume le CEO. Conséquence a priori étrange, elle devient logique vue sous un angle économique. En effet, garantir toujours des nouveautés à forte valeur ajoutée avec une production dépassant un cadre artisanal – la marque compte 8 personnes seulement – impliquerait des coûts fixes plus importants. Cela sans compter les contraintes logistiques toujours plus fortes qu'engendrerait cette hausse. Conséquence: pour garantir un cash-flow plus fort, le nombre de pièces à vendre au minimum augmenterait aussi. Et comme ces marques sont définies par une démarche extrême, la présentation de produits moins charismatiques irait à l'encontre même de leurs fondements et casserait leur image innovatrice. « Nous avons rendu ce risque acceptable en limitant les séries à une vingtaine de pièces», conclut Maximilian Büsser.

«La production de MB&F est par ailleurs constamment adaptée à la demande, ajoute le fondateur. Elle dispose de cette liberté car la société compte peu d'actionnaires et qu'ils n'exigent pas d'accroître régulièrement leurs dividendes. Bien sûr, des fondamentaux ont été posés dès le début comme la présentation chaque année d'un nouveau modèle et de décider à l'avance de la durée de vie de chacun d'eux par exemple. Et nous veillons à les respecter. Mais, outre ce choix, accorder en temps réel l'offre sur la demande permet de respecter notre clientèle pour qui la rareté est un élément majeur dans l'achat d'une montre et de garantir assez de place aux autres modèles dans le catalogue.»
HM2 Black SV et HM2 Red SVLa HM2 Red SV et sa fausse jumelle la HM2 Black SV présentent toujours ce même capot en saphir intégral qui avait fait le succès de la HM2 SV, leur grande sœur de l'automne dernier. Constitué de trois pièces distinctes assemblées ensemble par collage d'un film Asulab, il est un défi technique en soi: rien que la plaque de base nécessite 55 heures d'usinage! Ici les joints d'étanchéité sont soit verts – HM2 Black SV – soit noirs – Red SV. Mais contrairement à la première version où le fond était en titane gris, sur ces deux déclinaisons soulignent la forme emblématique et en croix du mouvement qui apparaît distinctement. A noter encore le rotor de la HM2 Black SV en or rose teinté d'un vert lumineux tout à fait nouveau. Les deux modèles sont vendus 93'000 francs hors taxes.
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