Les atouts de George Clooney? Steve Urquhart, le grand patron d'Omega, les résume parfaitement. «Il a la grande classe, mais ne se prend jamais au sérieux. Les hommes l'aiment bien, les femmes l'adorent…»
Nicole Kidman sert d'ambassadrice pour Omega. La marque se cherchait un ambassadeur de même calibre pour les montres hommes. «Nous voulions quelqu'un de sympathique et de dynamique, mais pas un sportif. Le nom de George Clooney s'est imposé. » Les premières affiches viennent d'apparaître. «Les contacts ont eu lieu grâce à Cindy Crawford, une amie commune, poursuit Steve Urquhart. La première montre que Clooney avait reçue de ses parents était une Omega: c'était en 69, l'année où Omega avait participé au premier alunissage d'Apollo. Il en était très fier, il nous l'a raconté, photo à l'appui, dans un charmant courrier. L'avoir comme un ambassadeur est un atout fantastique pour nous. »
Au royaume des mégastars prétentieuses et inaccessibles, George Clooney offre un profil qui n'appartient qu'à lui: il a cet art unique, malgré son statut de vedette planétaire, de pratiquer en permanence l'autodérision, l'ironie. D'où un énorme capital de sympathie. C'est sur ce registre-là, de l'humour, que joue depuis un peu plus d'une année le spot de Nespresso, l'autre marque suisse qui s'est offert Clooney. De charmantes demoiselles réunies autour d'une machine à café parlent visiblement de Nespresso, mais Clooney, qui passe à côté d'elles, croit que les compliments le concernent. Et d'enchaîner avec son désormais fameux. «What else?» Quoi d'autre?
«Parmi plusieurs scénarios, c'est lui qui a choisi celui-là, raconte Olivier Quillet, directeur du marketing international. Lors les deux jours de tournage à Los Angeles, il s'est montré fidèle à lui-même: sans caprice, plein d'humour, disponible. » Le spot fait fureur à travers la planète. Nespresso a vu son chiffre d'affaires bondir de 42% l'an dernier, et récemment le patron en personne, Gerhard Berssenbrügge, estimait que ce chiffre record était dû, au moins pour un quart, à l'apport de Clooney.
«En 2006, poursuit Olivier Quillet, nous avons décidé pour renforcer notre image haut de gamme de miser sur un ambassadeur à l'instar de la haute horlogrie. Nous avons demandé à des membres de notre Club Nespresso, de Tokyo à San Francisco, de choisir entre douze noms de vedettes: Clooney a fait l'unanimité. »
Nespresso ne peut que s'en féliciter. «Le risque, bien connu quand on engage une vedette, est qu'il cannibalise la marque, poursuit Olivier Quillet. Autrement dit que le public retienne le nom de la vedette mais oublie le produit. Ce n'est pas le cas avec Clooney, d'après nos études. Car l'association fonctionne parfaitement. Clooney, comme Nespresso, c'est l'art de rester simple tout en étant élégant, la classe mais sans chichis. » Un nouveau spot est prévu autour du plus convoité des célibataires. Classé top secret…
Le Matin / Bertrand Monnard / www.lematin.ch