WORLDTEMPUS – 3 octobre 2011
David Chokron
Il fait particulièrement beau, ce dimanche. La foule qui converge vers les nombreux accès de l'hippodrome de Longchamp en est un étouffant témoin. Le Prix de l'Arc de Triomphe, qui réunit les meilleurs chevaux au monde, est un évènement de portée internationale, et mondain. Chapeaux melons sur costumes sombres (malgré les 30 degrés à l'ombre), dames en chapeaux expressifs frappent le regard et masquent l'espace d'un instant la foule bigarrée. On attend ce jour-là plus de 50 000 personnes. Ils viennent des quatre coins du monde, en particulier les propriétaires. Tout le monde attend la 6éme, un des temps forts de l'année pour la planète cheval.

De tout pour faire un monde
La foule va et vient entre les tribunes et les galeries, rythmée par les nombreuses courses qui se succèdent. Elles sont courtes et chaque arrivée est ponctuée d'une clameur croissante. On hurle des encouragements, parfois à s'en éteindre la voix. L'enthousiasme fait frémir le béton sur les 200 derniers mètres. Surtout quand le résultat d'une photo finish est annoncé après trois minutes de suspens. De la fièvre, du beau monde, du petit peuple, c'est ça les courses. Même un jour de gala comme celui-ci. Dans les loges, on déjeune alfresco puis on s'accoude aux balustrades. «Pourquoi veux-tu jouer le 7? Tu me diras, c'est le favori», dit une dame en chapeau cerclé de lierre. 16 h passent, la longue litanie de présentation du Qatar Grand Prix de l'Arc de Triomphe commence. La course de 2400 mètres se déroule pour l'essentiel au loin, derrière les arbres. Les chevaux défilent devant les tribunes, tendues, musculeuses, élégantes, de vraies beautés.

Comme un soufflet
Le départ est donné et pour un novice, tout est incompréhensible. On ne saisit presque rien du flux nerveux du commentateur, tous les chevaux se ressemblent et leurs noms sont tellement étranges… Ils sortent du dernier virage et approchent des tribunes. La foule est tendue mais l'électricité ne monte pas et les gens crient peu. Les chevaux donnent leur dernier effort. La ligne est franchie en premier par la pouliche… Danedream. Une totale outsider et donc peu supportée, ce qui explique la petite fièvre à l'arrivée. Elle bat pourtant le record de l'épreuve. Voila, c'est fini. 2 minutes 24 qui ont mobilisé tant d'efforts, sur une journée pour les uns, sur des années d'entraînement pour les autres. C'est court. La remise des prix voit apparaître abondamment Longines, chronométreur officiel de l'hippodrome et, partant, de l'épreuve. Le propriétaire allemand de Danedream reçoit une montre et… un chèque de 2'200'000 €.
