Genève recèle une vingtaine de petites librairies qui cultivent avec passion leurs différences. Petit tour d'horizon forcément très limité.
A l'heure d'internet, Genève possède encore de très belles librairies, parfois très anciennes. Comme Jullien, perchée sur une volée d'escaliers place du Bourgde- Four, et Descombes, rue du Vieux-Collège 6, juste derrière la FNAC. Fondée en 1839, Jullien est toujours dirigée par un membre de la famille, Anne, et deux collaborateurs. Avec comme cap, les livres sur Genève, et plus particulièrement sur l'Escalade, ainsi que la Suisse, tout en restant une librairie généraliste. Seul changement: le vénérable plancher a été recouvert d'une moquette mais les vitrines de bois restent là, tout comme le célèbre couloir sur la droite où l'on a tous fureté un jour ou l'autre, à la recherche d'une occasion. Mais, désormais, on est invité à déposer son argent dans une petite boîte ad hoc, l'endroit étant ouvert jour et nuit. La confiance règne.
Un vent d'aventure
En plein quartier de l'art contemporain d'ailleurs, rue des Bains 50, une librairie fait souffler comme un vent d'aventure. Normal, quand on s'appelle «Le Vent des Routes» et que l'on a vu le jour sur les cendres de la défunte Artou en 2000. Quelques fauteuils vous permettent de faire connaissance avec l'un des quelque 5000 ouvrages d'évasion proposés. Mais surtout, cette librairie a cette particularité unique de comprendre, en entités indépendantes, une agence de voyages et un café-restaurant. Ce qui lui donne d'emblée une ambiance très chaleureuse. Aux commandes du «Vent des Routes»: Alain Rodari, pour qui l'Inde n'a plus de secret. Il s'y rend tous les ans depuis trente ans et y a même travaillé. «Une autre manière de voir le monde!»
Enfin, la librairie la plus secrète de Genève se niche rue des Gares 15bis, dans une ravissante cour intérieure du quartier des Grottes où, l'été, il n'est pas rare que les habitants organisent des grillades sympathiques dans ce qui constitue l'un des derniers carrés de verdure sauvage, à laquelle il ne manque pas même la délicieuse halle de bois. Accueil des plus discrets de la part de Nicolas Barone (vingt ans de métier) qui sait que la lecture est un plaisir solitaire. Il vous laisse vous débrouiller parmi les piles de livres – uniquement des secondes mains – certes répartis par secteurs mais si abondants qu'ils rendent parfois difficile la déambulation dans cet espace offrant également un balcon de bois, lui aussi croulant sous les ouvrages. Mais quel plaisir de plonger dans ce choix immense et de tomber sur ce livre d'art introuvable ou sur cet album de BD depuis longtemps épuisé!
M. B.
A l'heure d'internet, Genève possède encore de très belles librairies, parfois très anciennes. Comme Jullien, perchée sur une volée d'escaliers place du Bourgde- Four, et Descombes, rue du Vieux-Collège 6, juste derrière la FNAC. Fondée en 1839, Jullien est toujours dirigée par un membre de la famille, Anne, et deux collaborateurs. Avec comme cap, les livres sur Genève, et plus particulièrement sur l'Escalade, ainsi que la Suisse, tout en restant une librairie généraliste. Seul changement: le vénérable plancher a été recouvert d'une moquette mais les vitrines de bois restent là, tout comme le célèbre couloir sur la droite où l'on a tous fureté un jour ou l'autre, à la recherche d'une occasion. Mais, désormais, on est invité à déposer son argent dans une petite boîte ad hoc, l'endroit étant ouvert jour et nuit. La confiance règne.

La librairie «Le Vent des Routes», rue des Bains 50 à Genève, a cette particularité d'inclure également une agence de voyages et un café-restaurant. Evasion garantie!
Encore plus ancienne, puisque remontant à 1797, Descombes aurait pu disparaître en 2003 sans l'intervention, providentielle, d'un banquier. Le décor, de bois lui aussi, n'a pratiquement pas bougé, seuls les murs, au-dessus des étagères, ont été peints en rouge passion, tandis que les vitrines sur la rue Verdaine, débarrassées de leurs volets internes, offrent de jolis La librairie «Le Vent des Routes», rue des Bains 50 à Genève, a cette particularité d'inclure également une agence de voyages et un café-restaurant. Evasion garantie! coups d'oeil vers l'intérieur. Ici, vous êtes sûr de dénicher un ouvrage que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Cinq personnes, dont le directeur Jean-Noël Plantier, font tourner ce qui reste un rendez-vous incontournable de Genève, avec, comme points forts, la littérature et l'art, également contemporains.Un vent d'aventure
En plein quartier de l'art contemporain d'ailleurs, rue des Bains 50, une librairie fait souffler comme un vent d'aventure. Normal, quand on s'appelle «Le Vent des Routes» et que l'on a vu le jour sur les cendres de la défunte Artou en 2000. Quelques fauteuils vous permettent de faire connaissance avec l'un des quelque 5000 ouvrages d'évasion proposés. Mais surtout, cette librairie a cette particularité unique de comprendre, en entités indépendantes, une agence de voyages et un café-restaurant. Ce qui lui donne d'emblée une ambiance très chaleureuse. Aux commandes du «Vent des Routes»: Alain Rodari, pour qui l'Inde n'a plus de secret. Il s'y rend tous les ans depuis trente ans et y a même travaillé. «Une autre manière de voir le monde!»
Enfin, la librairie la plus secrète de Genève se niche rue des Gares 15bis, dans une ravissante cour intérieure du quartier des Grottes où, l'été, il n'est pas rare que les habitants organisent des grillades sympathiques dans ce qui constitue l'un des derniers carrés de verdure sauvage, à laquelle il ne manque pas même la délicieuse halle de bois. Accueil des plus discrets de la part de Nicolas Barone (vingt ans de métier) qui sait que la lecture est un plaisir solitaire. Il vous laisse vous débrouiller parmi les piles de livres – uniquement des secondes mains – certes répartis par secteurs mais si abondants qu'ils rendent parfois difficile la déambulation dans cet espace offrant également un balcon de bois, lui aussi croulant sous les ouvrages. Mais quel plaisir de plonger dans ce choix immense et de tomber sur ce livre d'art introuvable ou sur cet album de BD depuis longtemps épuisé!
M. B.
Tribune des Arts - Décembre 2008 - No 367