Le dernier Moghol
William Dalrymple
Editions Noir sur Blanc
CHF 45.–
La fin d'un monde Les derniers jours de l'Empire moghol, qui gouverna l'Inde de 1526 à 1858, de l'histoire de Delhi et de l'Inde, sont contés de main de maître par William Dalrymple, auteur écossais qui avait déjà publié Le Moghol blanc il y a trois ans. Il s'agit cette fois-ci de Bahadur Shah II, un poète raffiné et un remarquable calligraphe, l'artisan d'une renaissance de l'histoire de l'Inde, connu aussi sous son nom de plume de Zafar. Mais Dalrymple nous livre moins un portrait de ce dernier empereur qu'une description très précise de cette époque de magnificence qui vit, en 1857, la destruction, lors de la révolte des Cipayes, de la plus belle ville de l'Hindoustan. Et aujourd'hui, plus personne ne semble se soucier de la préserver. La tombe d'un poète, Zaq, a disparu sous un urinoir… et 99% des hôtels particuliers d'alors ont été détruits.
M. B.
Planet India, l'Ascension turbulente d'un géant démocratique
Mira Kamdar
Editions Actes Sud
CHF 48.50
L'Inde dans le sang L'auteur Mira Kamdar, née aux Etats-Unis d'un père indien, l'avoue d'emblée. Elle a l'Inde dans le sang. Ce qui fait qu'elle parle de ce pays de quelque 1,5 milliard d'habitants et aux 22 langues officielles, non pas de façon clinique, mais charnelle. Un pays à la fois séduisant, et même transcendant, par ses paysages, sa riche culture et ses monuments de contes de fées. Mais il peut être aussi le théâtre d'une grande cruauté sociale, de grandes souffrances et de problèmes vraiment effrayants. Bien que ce pays en voie de développement puisse, par ses innovations technologiques, se transformer rapidement en leader mondial. Date: 2012 au plus tard. Un essai original et provocateur, très bien documenté. Une référence.
M. B.
Taj
Timeri N. Murari
Editions Philippe Picquier
CHF 18.80
Les dessous du Taj Mahal Voici réédité en poche le célèbre roman Taj. Ecrit par Timeri N. Murari, un écrivain indien de Madras rompu au journalisme anglo-saxon, qui a publié un très grand nombre d'ouvrages et accumulé les distinctions, Taj juxtapose, chapitre après chapitre, deux trames. Celle de la construction de ce palais mausolée à travers le regard de quelques-uns des 22 000 ouvriers qui l'ont édifié en vingt-deux ans, et celle de l'amour impossible et parfait entre la belle Arjuman et Shah Jahan. Sur fond de luttes de pouvoirs et de conflits religieux avec à l'arrière-plan l'Inde des fêtes fastueuses, des harems et des jardins. Au total, une jolie lecture, d'autant plus que les ouvrages en français sur l'Inde des Moghols sont rarissimes. M. B. Les spiritualités indiennes
Odon Vallet
Chez Découvertes Gallimard
CHF 26.–
Un espace spirituel unique L'étude de l'Inde est un défi à la raison, prévient d'emblée Odon Vallet, qui enseigne l'origine des religions dans des universités parisiennes. Dans une collection très accessible, Vallet fait le point sur l'hindouisme notamment. Une religion aux 900 millions de fidèles, ce qui en fait la troisième du monde, mais qui est pratiquement inconnue sous nos latitudes. On naît hindou, on ne le devient pas, affirme l'auteur, estimant que l'avenir de cette religion est lié à un pays. Le bouddhisme, pourtant né en Inde, s'est réfugié dans quelques vallées himalayennes, alors que le jaïnisme a survécu, représenté par 5 millions de fidèles. Tout comme les Sikhs qui seraient quelque 20 millions. Mais l'Inde compte aussi beaucoup d'animistes et de chrétiens, ainsi que 130 millions de musulmans. Autant de croyances qui font du souscontinent indien un espace spirituel sans équivalent.
M. B.
Jaipur
Alain Borie, Françoise Cataläa
et Rémi Papillault
Editions Thalia
CHF 85.80
La ville rose radiographiée
Jaipur, capitale de l'Etat indien du Rajasthan, ne cesse de fasciner les esprits. Surtout grâce à son célèbre Palais des Vents aux centaines de fenêtres et de balcons. Construit au XVIIIe siècle, il est une des merveilles de l'architecture rajput. Mais aussi pour son observatoire qui, inauguré au début du XVIIIe siècle, fut longtemps une des références en ce domaine dans le monde entier. Mais ô stupeur. Voici que l'on nous apprend que cette ville peinte en rose, la couleur traditionnelle de bienvenue qui fut inaugurée à l'occasion d'une visite officielle en 1853, et qui l'est restée, est, contrairement aux autres villes indiennes, de fondation récente. Bâtie en quatre années à partir de 1727, elle observe un tracé régulier basé sur des cases de forme carrée. Une ville célèbre pour ses pierres précieuses, son artisanat, ses tissus peints à la main. Ainsi que pour tout son patrimoine architectural que l'on découvre, étonné, au fil des pages, lesquelles recensent non seulement les palais mais aussi les maisons et les havelis, ces anciennes demeures de familles de commerçants ou de notables.
Sans oublier les galeries commerçantes, les cours, les façades de cet ensemble qui sont comme autant de masques. A Jaïpur, comme dans toute l'Inde, chaque élément a un sens, des motifs architecturaux aux dessus-de-porte, aux arcades et aux colonnes qui sont comme une évocation des arbres des forêts, ceux-ci ayant toujours été associés àdes divinités. Jusqu'au vide des cours qui ont une signification et qui représentent le souffle vital déifié qui a permis à la civilisation indienne de découvrir l'idée de vacuité et le concept du zéro. Ecrit par des architectes français et des enseignants français et indiens, donc des spécialistes, l'ouvrage fait montre d'un style froid mais qui a au moins le mérite d'une grande précision.
M. B. TRIBUNE DES ARTS - NOVEMBRE 2008 - No. 366
William Dalrymple
Editions Noir sur Blanc
CHF 45.–
La fin d'un monde Les derniers jours de l'Empire moghol, qui gouverna l'Inde de 1526 à 1858, de l'histoire de Delhi et de l'Inde, sont contés de main de maître par William Dalrymple, auteur écossais qui avait déjà publié Le Moghol blanc il y a trois ans. Il s'agit cette fois-ci de Bahadur Shah II, un poète raffiné et un remarquable calligraphe, l'artisan d'une renaissance de l'histoire de l'Inde, connu aussi sous son nom de plume de Zafar. Mais Dalrymple nous livre moins un portrait de ce dernier empereur qu'une description très précise de cette époque de magnificence qui vit, en 1857, la destruction, lors de la révolte des Cipayes, de la plus belle ville de l'Hindoustan. Et aujourd'hui, plus personne ne semble se soucier de la préserver. La tombe d'un poète, Zaq, a disparu sous un urinoir… et 99% des hôtels particuliers d'alors ont été détruits.
M. B.
Planet India, l'Ascension turbulente d'un géant démocratique
Mira Kamdar
Editions Actes Sud
CHF 48.50
L'Inde dans le sang L'auteur Mira Kamdar, née aux Etats-Unis d'un père indien, l'avoue d'emblée. Elle a l'Inde dans le sang. Ce qui fait qu'elle parle de ce pays de quelque 1,5 milliard d'habitants et aux 22 langues officielles, non pas de façon clinique, mais charnelle. Un pays à la fois séduisant, et même transcendant, par ses paysages, sa riche culture et ses monuments de contes de fées. Mais il peut être aussi le théâtre d'une grande cruauté sociale, de grandes souffrances et de problèmes vraiment effrayants. Bien que ce pays en voie de développement puisse, par ses innovations technologiques, se transformer rapidement en leader mondial. Date: 2012 au plus tard. Un essai original et provocateur, très bien documenté. Une référence.
M. B.
Taj
Timeri N. Murari
Editions Philippe Picquier
CHF 18.80
Les dessous du Taj Mahal Voici réédité en poche le célèbre roman Taj. Ecrit par Timeri N. Murari, un écrivain indien de Madras rompu au journalisme anglo-saxon, qui a publié un très grand nombre d'ouvrages et accumulé les distinctions, Taj juxtapose, chapitre après chapitre, deux trames. Celle de la construction de ce palais mausolée à travers le regard de quelques-uns des 22 000 ouvriers qui l'ont édifié en vingt-deux ans, et celle de l'amour impossible et parfait entre la belle Arjuman et Shah Jahan. Sur fond de luttes de pouvoirs et de conflits religieux avec à l'arrière-plan l'Inde des fêtes fastueuses, des harems et des jardins. Au total, une jolie lecture, d'autant plus que les ouvrages en français sur l'Inde des Moghols sont rarissimes. M. B. Les spiritualités indiennes
Odon Vallet
Chez Découvertes Gallimard
CHF 26.–
Un espace spirituel unique L'étude de l'Inde est un défi à la raison, prévient d'emblée Odon Vallet, qui enseigne l'origine des religions dans des universités parisiennes. Dans une collection très accessible, Vallet fait le point sur l'hindouisme notamment. Une religion aux 900 millions de fidèles, ce qui en fait la troisième du monde, mais qui est pratiquement inconnue sous nos latitudes. On naît hindou, on ne le devient pas, affirme l'auteur, estimant que l'avenir de cette religion est lié à un pays. Le bouddhisme, pourtant né en Inde, s'est réfugié dans quelques vallées himalayennes, alors que le jaïnisme a survécu, représenté par 5 millions de fidèles. Tout comme les Sikhs qui seraient quelque 20 millions. Mais l'Inde compte aussi beaucoup d'animistes et de chrétiens, ainsi que 130 millions de musulmans. Autant de croyances qui font du souscontinent indien un espace spirituel sans équivalent.
M. B.
Jaipur
Alain Borie, Françoise Cataläa
et Rémi Papillault
Editions Thalia
CHF 85.80
La ville rose radiographiée
Jaipur, capitale de l'Etat indien du Rajasthan, ne cesse de fasciner les esprits. Surtout grâce à son célèbre Palais des Vents aux centaines de fenêtres et de balcons. Construit au XVIIIe siècle, il est une des merveilles de l'architecture rajput. Mais aussi pour son observatoire qui, inauguré au début du XVIIIe siècle, fut longtemps une des références en ce domaine dans le monde entier. Mais ô stupeur. Voici que l'on nous apprend que cette ville peinte en rose, la couleur traditionnelle de bienvenue qui fut inaugurée à l'occasion d'une visite officielle en 1853, et qui l'est restée, est, contrairement aux autres villes indiennes, de fondation récente. Bâtie en quatre années à partir de 1727, elle observe un tracé régulier basé sur des cases de forme carrée. Une ville célèbre pour ses pierres précieuses, son artisanat, ses tissus peints à la main. Ainsi que pour tout son patrimoine architectural que l'on découvre, étonné, au fil des pages, lesquelles recensent non seulement les palais mais aussi les maisons et les havelis, ces anciennes demeures de familles de commerçants ou de notables.
Sans oublier les galeries commerçantes, les cours, les façades de cet ensemble qui sont comme autant de masques. A Jaïpur, comme dans toute l'Inde, chaque élément a un sens, des motifs architecturaux aux dessus-de-porte, aux arcades et aux colonnes qui sont comme une évocation des arbres des forêts, ceux-ci ayant toujours été associés àdes divinités. Jusqu'au vide des cours qui ont une signification et qui représentent le souffle vital déifié qui a permis à la civilisation indienne de découvrir l'idée de vacuité et le concept du zéro. Ecrit par des architectes français et des enseignants français et indiens, donc des spécialistes, l'ouvrage fait montre d'un style froid mais qui a au moins le mérite d'une grande précision.
M. B. TRIBUNE DES ARTS - NOVEMBRE 2008 - No. 366