Le Japon et la Suisse mariés pour l'économie

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Doris Leuthard se rend demain à Tokyo pour signer un accord commercial de premier plan
La Tribune de Genève - 18 février 2009Pierre-Yves Frei
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Elle est sans aucun doute l'une de celles à qui revient la victoire du dernier vote sur les bilatérales avec l'Union européenne. Pourquoi donc Doris Leuthard devrait-elle s'arrêter en si bon chemin et ne pas étendre la formule à d'autres pays? Dont acte. Demain jeudi, la conseillère fédérale en charge de l'Economie foulera le sol japonais pour y signer, avec le chef de la diplomatie nippone, Hirofumi Nakasone, un accord de libre-échange.

C'est la dernière étape d'un processus né en 2005. Qui répond à plusieurs nécessités. La première tient à l'enlisement des négociations multilatérales. Le Cycle de Doha, dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), continue de buter sur plusieurs points dont celui, très sensible, de l'agriculture. La seconde, elle, relève de l'intensité des liens économiques qui existe entre l'Empire du Soleil levant et la patrie du Cervin. Des liens qui vont au-delà des seuls touristes nippons qui squattent le parvis de l'horloge fleurie à Genève.

Balance commerciale excédentaire

En fait, le Japon n'est ni plus ni moins que le quatrième partenaire commercial de la Suisse, après l'Union européenne – qui absorbe plus de 60% de nos exportations et nourrit 80% de nos importations –, les Etats-Unis et la Chine.

En 2008, les échanges entre les deux pays ont atteint quelque 11 milliards de francs suisses, et détail peu banal, la Suisse est l'un des rares pays dont la balance commerciale avec le Japon est excédentaire, avec 3 milliards de francs. Quant aux investissements helvétiques cumulés en terres nipponnes, ils se montent à 14 milliards de francs.

Reste que si cet accord a été rendu possible, c'est que les deux pays ont de quoi s'entendre. Tandis que la Suisse exporte essentiellement des machines-outils, des produits chimiques ainsi que des pièces d'horlogerie, le Japon, de son côté, trouve en Helvétie un débouché pour ses voitures et ses produits électroniques.

Cet accord de libre-échange consacrera à terme la disparition de multiples barrières et autres tarifs douaniers dans le domaine des biens et services. Une mesure qui vise à doper les échanges commerciaux entre les pays signataires. Le Japon en a un cruel besoin, lui qui vit sa pire récession depuis la Deuxième Guerre mondiale avec, au dernier trimestre de 2008, une chute du PIB de 12,8% en glissement annuel.

Hongkong près Tokyo

Pour la Suisse, c'est un pion de plus placé sur son échiquier économique. Ces dernières années, elle a multiplié les accords bilatéraux, encouragée par le fait qu'officiellement le rattachement à l'Union européenne n'est plus un objectif prioritaire. Et la liste devrait s'allonger avec Hongkong – où Doris Leuthard fera étape après Tokyo – les pays du Golfe, l'Inde, mais surtout la Chine. Et avec les Etats-Unis, son second plus important partenaire commercial? Un accord est bien peu probable tant les politiques agricoles des deux pays se situent aux antipodes, la Suisse privilégiant une approche multifonctionnelle, comprenant respect de l'environnement et sécurité alimentaire.

 

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