Gregory Kissling, CEO Breguet
Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez été appelé sur scène pour recevoir l’Aiguille d’Or, l’an passé ?
Beaucoup d’émotion, bien sûr, avec une pensée immédiate pour toutes les personnes impliquées. Une récompense comme l’Aiguille d’Or distingue une montre, mais, derrière cette montre, il y a avant tout une équipe, de nombreux échanges, des décisions et, parfois aussi, des prises de risque. Recevoir cette distinction a confirmé que nous avions fait les bons choix et pris la bonne direction. Voir notre travail reconnu et apprécié par nos pairs a été une immense satisfaction. C’était sans aucun doute l’une des plus belles récompenses que nous pouvions recevoir à l’occasion de notre 250ᵉ anniversaire.
Qu’attendez-vous de votre participation en tant que membre du jury cette année ?
Je trouve très intéressant de passer de l’autre côté. Lorsque l’on développe des produits, on les regarde forcément avec son propre regard, sa propre sensibilité et son expérience. Faire partie du jury, c’est l’occasion de confronter ce regard à celui d’autres professionnels et de découvrir la créativité et le savoir-faire qui s’expriment dans l’ensemble de l’industrie. J’attends surtout beaucoup d’échanges et, sans aucun doute, quelques belles surprises.
Wei Koh, président du jury et fondateur de Revolution
1. Comment envisagez-vous votre rôle de président du jury du GPHG ?
Je considère mon rôle comme celui du gardien du GPHG, cet événement de première importance qui met à l’honneur le meilleur de l’horlogerie contemporaine. Bien que Singapourien, je dois tout – mes amitiés, ma passion et ma carrière – à l’horlogerie, en particulier à l’horlogerie suisse. Afin de rembourser mon immense dette à la merveilleuse communauté à laquelle je suis très fier d’appartenir, je me dois de m’appuyer sur le remarquable travail de mes prédécesseurs, notamment mon cher ami Nick Foulkes et, bien sûr, le génial Aurel Bacs. Si je peux aider le GPHG à élargir son public et à sensibiliser les jeunes générations, ainsi qu’à ouvrir le concours à l’ensemble de l’industrie – avec de petites progressions comme celle de cette année avec la création de la catégorie Montre Iconique, la première à être ouverte à tous –, alors j’aurai remboursé un peu de ce que je dois.
2. Pour la première édition que vous présidez, qu’est-ce qui compte le plus pour vous ?
Cette année est importante pour le GPHG, car il y a la catégorie entièrement ouverte que je viens de mentionner : pour remettre le Prix de la Montre Iconique, le jury et l’Académie peuvent choisir une montre dans l’ensemble du secteur Ce qui m’importe donc, c’est que la composition du jury soit équilibrée et que les membres figurent parmi les personnes les plus intelligentes et les plus perspicaces que je pouvais imaginer. À cet égard, j’ai suivi le conseil de ma mère, qui me disait toujours : « Tu dois toujours t’entourer de personnes plus intelligentes que toi. » Comme vous pouvez le constater devant la liste des membres du jury, c’est exactement ce que j’ai fait.
Caroline Scheufele, coprésidente de Chopard
Chopard est régulièrement récompensée au GPHG, notamment pour ses créations féminines. Cette année encore, en quoi est-ce important pour vous ?
Chaque distinction est avant tout une reconnaissance du travail passionné de nos artisans et de nos équipes, qui donnent vie à des créations dans lesquelles l'excellence horlogère rencontre l'émotion. Les récompenses décernées par le Grand Prix d'Horlogerie de Genève ont une résonance particulière, car elles saluent à la fois la créativité, le savoir-faire et l'innovation. Je suis particulièrement sensible au fait que nos créations féminines soient régulièrement mises à l'honneur. Chez Chopard, nous avons toujours considéré les montres féminines comme un véritable territoire d'expression artistique et technique, et non comme de simples déclinaisons de modèles existants. Voir cette vision reconnue est une immense fierté et une source de motivation pour continuer à repousser les limites de la création.
Chopard est nominée dans 6 catégories, notamment en « Joaillerie » et dans la nouvelle catégorie « Montre sertie ». Que pensez-vous de la création de cette nouvelle catégorie ?
Je me réjouis de la création de cette nouvelle catégorie, qui met en lumière un domaine d'expertise particulièrement exigeant et fascinant. Une montre sertie est bien plus qu'une montre ornée de pierres précieuses : elle représente la rencontre harmonieuse entre la haute horlogerie, la haute joaillerie et les métiers d'art. Chaque pièce nécessite une maîtrise exceptionnelle, tant dans sa conception technique que dans son exécution esthétique. La catégorie reconnaît la singularité de ces créations, qui occupent une place importante dans l'identité de Chopard depuis de nombreuses années. Elle souligne également l'évolution de l'horlogerie contemporaine, dans laquelle l'émotion, la beauté et l'artisanat d'excellence occupent une place aussi essentielle que la performance mécanique.