Raconter des histoires du temps. Hermès s’y emploie depuis 1928. En 1978, le lancement du modèle Arceau ancre la marque dans une époque ouverte à la création protéiforme. Comme en littérature, il s'agit de rendre le récit clair, esthétique et captivant. Arceau se distingue par une police de caractère originale, dessinée sur mesure – une démarche qui contribue à forger l'identité de chacune des collections.
En 2021, avec le modèle Hermès H08, à l’allure sport chic, la maison parisienne répond aux attentes des amateurs appréciant des designs singuliers à forte personnalité, sans tomber pour autant dans le superflu.
« Chez Hermès, la typographie fait partie intégrante de nos montres. Nos chiffres sont avant tout ergonomiques et fonctionnels. Je recherche une esthétique qui puisse s’intégrer harmonieusement au design global du modèle. C’est un élément essentiel à l’équilibre du design, et sa conception est pensée dès le début du processus créatif d’un nouveau modèle. Elle raconte l’histoire d’une montre et fait écho au style de la pièce ; il ne faut pas sous-estimer cette réflexion », explique Philippe Delhotal.
Le style des chiffres joue un rôle prépondérant. Il doit entrer en accord avec le design global de la montre, comme le précise le directeur de création de la manufacture. « Les typographies des montres Hermès comportent également des éléments stylistiques et géométriques inspirés du boîtier ou de l’histoire de la forme. Par exemple, sur le modèle Arceau, les chiffres sont inclinés vers le centre du cadran, évoquant un cheval galopant dans un manège. Pour la Slim d’Hermès, nous avons travaillé avec Philippe Apeloig, un graphiste français proche de la maison – c’était la première fois qu’il travaillait sur un projet horloger. Nous voulions créer une police pour le cadran de la Slim d’Hermès qui soit unique et différente de ce qui existe habituellement dans l’industrie. La typographie devait être légère, épurée et en parfaite harmonie avec un esprit minimaliste. »
« En ce qui concerne la typographie d’Hermès H08, elle est lisible et fonctionnelle. Elle ne tranche pas et s’intègre harmonieusement à l’ensemble de cette montre. Nous retrouvons des éléments stylistiques et géométriques du boîtier : le 0, par exemple, fait écho à la forme de la lunette, tandis que le 8 présente les mêmes contours que le boîtier. On y perçoit un espace entre le “rien” du 0 et l’expression de l’infini du 8. »
Les nouvelles variations esthétiques de la Hermès H08 jouent sur cette capacité à mettre l’ensemble des composants du cadran en symbiose avec les lignes atypiques du boîtier usiné en titane. Les différentes finitions – rhodié sablé, satiné circulaire et grainé – façonnent contraste et relief. Bien que la scénographie des informations temporelles tutoie la monochromie, la lisibilité des données demeure excellente. Les aiguilles des heures et des minutes ainsi que les chiffres sont garnis de matière luminescente, ce qui participe à rendre la lecture du temps aisée. La discrète date intégrée à la minuterie ne distrait pas, par ailleurs, le regard.
La matière luminescente, dans une couleur bleu Saint-Cyr pour une nouvelle déclinaison, offre aussi à la Hermès H08 un visage frais et estival. Cette touche de couleur supplémentaire dynamise la scénographie, accentuant le caractère sportif de la montre, né de la position des éléments, comme le rappelle Philippe Delhotal. « Sur le cadran, la seconde s’inscrit au centre, ce qui est à contrepied de l’horlogerie traditionnelle. Cet ensemble pourrait évoquer un compteur, ce qui renforce l’esprit sportif de la pièce. La date a été déplacée pour laisser place à l’entier de la typographie, tout en respectant la géométrie et l’architecture du cercle. Nous avons également travaillé les terminaisons et le profil de la matière sur chaque cadran, tout en gardant une unité sur les différentes variations proposées. » Le fond s’exprime ainsi avec autant de force que la forme.