Plus qu’une montre, un style
Nous sommes à la fin des années 1980. En 1987 précisément, lorsque Chanel entre dans le monde de l’horlogerie et dévoile sa Première. Si elle est, en effet, la première montre de la maison - et ne pouvait pas donc mieux porter son nom - elle est surtout la première dans son style et c'est ce qui la rend unique au sein de ce milieu horloger très codifié. La Maison ne cherche pas à s’inscrire dans la tradition horlogère suisse. Elle choisit, au contraire, de la contourner en créant une montre bijou qui reprend les codes qui lui sont propres. Son boîtier octogonal — inspiré tant de la forme du bouchon du parfum N°5 que du tracé géométrique de la place Vendôme — rompt avec la rondeur convenue des montres féminines de l’époque. Son cadran en laque est d’une sobriété déconcertante. Sans index ni trotteuse, il affirme une autre temporalité : celle du style plutôt que de la performance technique. Son bracelet chaîne entrelacé de cuir parachève cette montre d’un nouveau genre. Directement inspiré du sac 2.55, il inscrit de manière très marquante la Première dans le vestiaire de Chanel. Dès son lancement, la Première impose un langage.
Une icône en mouvement
La Première n’a jamais cessé d’évoluer au fil des années, sans jamais renier son dessin originel. Elle s’est installée sur un doux ruban de satin pour les grands soirs, s’est aventurée du côté de la céramique ou du titane pour montrer qu’elle est toujours à la pointe, et s’est parée d’un bracelets double tour évoquant le mètre ruban des ateliers des couturières. Elle a également accueilli des charm’s sous forme de dé, épingle à nourrice, et mannequin Stockman, autant de clins d’œil à l’univers de la mode et aux gestes de création signés Gabrielle Chanel. Plus récemment, la Première a exploré des territoires encore plus inattendus : manchette, ceinture, collier, jusqu’à devenir, avec la Première Sound, un bijou connecté détournant les codes de l’écouteur filaire. Jamais figée, la Première se prête avec plaisir au jeu et à la surprise.
Le rouge, une déclaration d’amour
Aujourd’hui arrive sur le devant de la scène horlogère la Première Ruban Rouge. Elle se dévoile ainsi dans une teinte qu’elle n’avait jamais explorée. Une tonalité qui semble vouloir de nouveau s’affirmer chez Chanel, la Maison ayant récemment dévoilé une collection de maquillage baptisée « Rouge Noir ». Ici c’est un rouge flamboyant qui habille la Première. Le rouge dans l’univers de Chanel ? Il est une couleur essentielle, chère à Gabrielle. « Le rouge c’est la vie » disait la créatrice française, une phrase qui résume à elle seule le rapport instinctif, quasi vital, qu’elle entretenait avec cette teinte. Amour, passion, force, puissance, audace… cette couleur forte en symbolique réchauffe les cœurs ! Ainsi, Chanel déclare sa flamme à son icône.
Sur cette Première, le rouge s’exprime avec intensité. Le cadran en laque soleillé capte la lumière et joue avec ses reflets, donnant de la profondeur à une surface volontairement épurée. Le bracelet en caoutchouc au toucher velours, interprétation contemporaine du ruban, enveloppe le poignet avec douceur, renforçant la dimension couture de la pièce. Si la Première Ruban Rouge revendique une approche stylistique, elle n’en oublie pas pour autant sa préciosité avec son boîtier en or jaune et sa couronne sertie d’un discret diamant naturel taille brillant. En horlogerie comme en couture, Chanel rappelle l’attention qu’elle porte toujours aux détails.