Aujourd’hui encore, le monde horloger tourne sous l’effet de ce choc.
Nous sommes à la fin du 18ème siècle. À l’époque, chaque montre imposait alors son petit rituel : il fallait sortir une clé, glisser la tige dans le boîtier et donner, chaque matin, les quelques tours nécessaires pour que le temps consente à repartir.
L’horloger suisse Abraham-Louis Perrelet met fin à ce geste quotidien, en exploitant une énergie gratuite que nous dissipons tous sans même y penser : celle de nos gestes…
Une montre autonome ?
Son invention a pour objectif de capter une partie de l’énergie cinétique que nous dépensons à chacun de nos mouvements. En bougeant, le porteur fait tourner une masse oscillante, ou rotor. Ce rotor entraîne le barillet qui se comprime et stocke l’énergie qui fera tourner les aiguilles pendant plusieurs dizaines d’heures.
À l’origine, ce rotor était une invention purement technique, dissimulée au cœur du calibre, invisible à celui qui portait la montre. Chez Perrelet, il quitte enfin les coulisses et passe au premier plan : visible côté cadran, il fait de la mécanique un élément de design.
Double dose d’énergie !
En 1995, la maison reprend l’idée et la perfectionne : Perrelet dévoile le Double Rotor, un système avec deux masses oscillantes, l’une au dos du mouvement, l’autre côté cadran. Ce dispositif breveté permet de capter plus d’énergie et de remonter plus rapidement le ressort, tout en offrant une meilleure stabilité de remontage.
Le plus fascinant reste la vue : on voit le remontage s’effectuer en direct. La rotation du rotor anime le cadran d’un mouvement perpétuel, presque hypnotique. C’est une véritable leçon de mécanique miniature, où l’on observe l’énergie naître, se transmettre et se transformer sous ses yeux.
Cléopâtre et Eleonore : reines du mouvement
Cette année, Perrelet transpose ce principe dans deux montres joaillières : Cléopâtre et Eleonore. Deux noms illustres pour deux interprétations féminines du Double Rotor.
La première rend hommage à l’Égypte antique : un éventail de nacre et de diamants qui s’ouvre au moindre mouvement. Cléopâtre VII, qui régna au Ier siècle avant notre ère, inspire cette composition lumineuse où le rotor central, serti de trente diamants, tourne au-dessus d’un cadran à motif soleil.
La seconde évoque l’élégance du Premier Empire. Éléonore d’Aquitaine, Reine de France puis d’Angleterre, prête son nom à une montre dont le rotor pavé de diamants forme des rayons étincelants, comme une cascade de lumière en mouvement.
Toutes deux sont logées dans un boîtier en titane grade 5, léger et résistant, et déclinées en une palette de cadrans évocateurs :Perle du Nil, Azur de Thèbes, Rosée d’Alexandrie, Plume de Paon et Kohl Éternel pour Cléopâtre ; Perle Royale, Bleu de Chartres, Rose d’Orient, Vert Noble et Noir Velours pour Joséphine.
Cléopâtre a conquis César, Joséphine a charmé Louis VII : chez Perrelet, elles conquièrent le temps.