En horlogerie, il faut souvent remonter le temps pour mieux comprendre le présent, notamment pour le chronographe mais aussi pour les montres de plongée. Nous sommes en 2005 lorsqu’Audemars Piguet dévoile sa première montre diver. Elle est alors nommée Royal Oak Offshore « Scuba ». Ce n’est pas encore une collection, plutôt un ballon d’essai que tente la marque pour étoffer sa gamme Offshore, née 12 ans plus tôt sous le coup de crayon du designer Emmanuel Gueit. La « Scuba » n’est d’ailleurs produite qu’en version limitée de 35 exemplaires, à destination du détaillant Wempe qui, cette année-là, célèbre son centenaire.
L’accueil est positif. Audemars Piguet poursuit donc le développement de sa « Scuba », mais toujours de manière assez discrète, en éditions limitées, en 2006, 2008, 2009 puis en 2010. À cette date, la mention « Scuba » disparaît, au profit de la dénomination actuelle, « Diver ».
Dès lors, la gamme Diver se pérennise. Elle s’enrichit de nouveaux matériaux et de couleurs plus audacieuses : carbone forgé, tantale, céramique, et surtout une variation verte qui, en 2016, offre une signature esthétique inédite à la collection. La Royal Oak Offshore Diver n’est pas seulement une plongeuse professionnelle, elle devient une montre-bracelet du quotidien. Ses tons pop la font sortir du registre « tool watch » pour embrasser une destinée nautique plus vaste, des pontons au grand large en passant par les récifs et, bien au-delà, à la terre ferme de ceux qui aiment ses proportions plus musculeuses que celles de la Royal Oak traditionnelle.
Haute en couleur
De 2016 à 2026, Audemars Piguet étoffe sa ligne Offshore Diver. La couleur n’est plus une option, elle est devenue une composante essentielle de la gamme. En février dernier, la Manufacture a lancé deux nouveaux modèles en ce sens.
La première réunit trois pièces. La teinte les différencie : rose, turquoise, bleu abysse, en diamètre de 42 mm. Pour le reste, tout rappelle la pièce originelle, avec motif Méga Tapisserie, réhaut tournant par la couronne additionnelle à 11h, et la mention d’étanchéité à 300 mètres, telle qu’elle était apparue dès 2012 sur le cadran. C’est l’esprit originel, revisité avec une mise à jour majeure du mouvement, le Calibre 4308 automatique, lui-même fondé sur le 4302 qui anime plusieurs dizaines de références AP - le 4308 est pour le moment exclusif au modèle Diver.
Le chronographe entre en scène
Au même moment, la Royal Oak Offshore s’est également étoffée avec un Chronographe. C’est une complication consubstantielle à l’Offshore. Elle est apparue en même temps que la gamme elle-même. Les premières bases mouvement étaient des LeCoultre, avec module chronographe Dubois Dépraz. Les années passant, les bases externes ont été mises de côté lorsqu’Audemars Piguet a revendu les 40% qu’elle possédait de Jaeger-LeCoultre, prenant de facto son indépendance de manufacture intégrée. La Calibre 4401 des nouvelles Royal Oak Offshore Chronographe est le digne héritier de cette mutation. Les deux pièces annoncées en février combinent cette excellence mécanique avec l’attrait de la couleur - notamment l’historique couleur « Bleu Nuit, Nuage 50 » chère à la marque. Le second modèle, qui délaisse la boîte céramique pour du titane, lui préfère une livrée vert fumé.
Couleur & Chrono, le combo gagnant
Les nouveautés annoncées juste avant l’été poursuivent cette saga. Couleur et chronographe restent les deux mots-clés du lexique de la Royal Oak Offshore. Mais cette fois, les deux notions sont étroitement associées.
Les plus généreux modèles sont trois Royal Oak Offshore Chronographe Automatique de 42 mm. On y retrouve tout ce qui fait la singularité de celle que l’on appelait « The Beast » dès son lancement en 1993 en raison de ses proportions démesurées et de son large joint d’étanchéité apparent. La première montre, en acier avec cadran noir, marie le rose à l’esthétique de l’Offshore. La seconde, en titane, fait contraster du jaune et du turquoise avec un fond anthracite. Sur la troisième, en acier, des tons orange dynamisent le monochrome gris argenté. Chaque modèle est porté sur un bracelet interchangeable en cuir de veau texturé assorti à sa palette. La gamme est animée par le Calibre 4404, propre à l’Offshore et qui est lui-même une évolution du Cal. 4401.
Nouveau diamètre, nouveau calibre
Les trois autres nouveautés adoptent un diamètre de 37 mm - dont deux en titane, une première pour ce format. L’exercice de style est plus complexe qu’il n’y paraît. Réduire les proportions d’un modèle dont la singularité réside justement en ses généreuses mensurations XXL, risquait de mettre en péril l’ADN de la collection. Mais Audemars Piguet a préservé l’essence de l’Offshore et y a implanté le Calibre 6401 présenté en début d’année.
Fruit de cinq années de développement, il succède au Calibre 2385 (base Frédéric Piguet 1185), qui, depuis 1997, avait traversé près de trois décennies au catalogue AP. Comme son prédécesseur, le 6401 est un chronographe automatique intégré à roue à colonnes, équipé du système d’embrayage vertical breveté d’Audemars Piguet. Il se distingue également par une architecture épurée, conçue pour réduire le nombre de composants et éliminer les jeux mécaniques superflus. Il en résulte un chronographe à la fois robuste, fiable et réactif, dont l’activation des poussoirs requiert une pression allégée. Audemars Piguet le dévoile par un fond saphir.
Une nouvelle interprétation du design
Les trois nouvelles versions qui en sont munies consacrent des variations de design subtiles mais significatives. La boîte, affinée par rapport aux modèles précédents, est désormais surmontée d’une lunette aux lignes adoucies, dessinant une courbe continue de 6h à 12h. Sur les flancs, les protège-poussoirs sont dotés d’arêtes polies revues, qui s’intègrent avec fluidité à la carrure. Une attention particulière a été portée au cadran, qui décline une évolution du motif Tapisserie aux mailles élargies, associée à des aiguilles inédites de type « baignoire » et à des index luminescents sur le réhaut. L’indication de la date est déplacée de 4h30 à 6h, pour une composition plus équilibrée. Enfin, ces variations de turquoise, rose et bleu ciel sont fournies avec des bracelets interchangeables en caoutchouc - les deux dernières étant de surcroît pourvues d’une lunette sertie de 32 diamants pour un total d’environ 1 carat.
Une saga qui se réinvente
De la Diver au Chronographe, Audemars Piguet poursuit l’évolution de la Royal Oak Offshore sans renier les codes qui ont fait son identité. Entre héritage mécanique, nouvelles proportions et explosion de couleurs, ces dernières nouveautés montrent une collection toujours capable de se réinventer tout en restant fidèle à son ADN.
Royal Oak Chronographe Automatique - 42 mm
Boîte : acier ou titane, fond saphir
Dimensions : 42 x 15,3 mm
Mouvement : Calibre 4404 manufacture à remontage automatique, 32 mm, 433 composants, 4 Hz (28’800 alternances/heure), 70 heures de réserve de marche
Fonctions : chronographe flyback, heure, minute, petite seconde et date
Cadran : motif Méga Tapisserie
Bracelet : interchangeable en cuir de veau texturé, boucle ardillon
Royal Oak Offshore Chronographe Automatique - 37 mm
Boîte : acier, titane ou or rose fond saphir
Dimensions : 37 x 11,5 mm
Mouvement : Calibre 6401, manufacture à remontage automatique, 27 mm, 350 composants, 4 Hz (28’800 alternances/heure), 55 heures de réserve de marche
Fonctions : chronographe, heure, minute, petite seconde et date
Cadran : motif Tapisserie
Bracelet : interchangeable en caoutchouc, boucle ardillon