Cadran minimaliste ou foisonnant : faut-il choisir ?

Fresh
© Breitling
J’aime les montres épurées… mais, en même temps, j’adore les cadrans saturés d’informations. Mes goûts oscillent sans cesse entre ces deux extrêmes. Bienvenue dans l’un des casse-têtes les plus délicats du design.

Connaissez-vous la chanson Messy de Lola Young, dans laquelle elle chante : « And I'm too messy, and then I'm too f***ing clean » (« Je suis trop désordonnée, puis beaucoup trop sage ») ? Elle parle d’une fille déséquilibrée qui arrive au bout du rouleau avec son mec, jamais satisfait, qui lui demande sans cesse d’être autre chose. Au-delà de ses dysfonctionnements et de sa mauvaise foi, lui-même est tiraillé. Il ne sait pas s’il veut une fille bien sous tous rapports ou une fille sauvage.

Je suis comme lui… du moins, en matière de montres. Je ne sais jamais si je préfère une montre épurée, réduite à l’essentiel et donc élégante, ou exactement l’inverse : un cadran chargé, une lunette élaborée, une multitude d’inscriptions et plusieurs fonctions bien visibles. Laissez-moi vous donner un aperçu de la diversité des goûts qui cohabitent dans mon cerveau, puis essayons de voir comment tout cela s’accorde avec les règles du design. Et n’oubliez pas de « me laisser un peu de répit : qui voulez-vous que je sois ? »

Le chargé, c’est bien

Le design, c’est là où la forme et la fonction se rejoignent. Lorsque les fonctions sont nombreuses, la forme doit leur attribuer à chacune un espace. Dans le cas des montres, tout est donc question d’agencement des indications.

À cet égard, j’ai toujours été un admirateur de la Navitimer. Sur cette montre, à peine retouchée depuis sa création en 1954, j’aime la règle à calcul, même si je ne vais probablement jamais apprendre à m’en servir. J’adore ses sept échelles concentriques qui occupent presque la moitié de l’ouverture du cadran. J’apprécie la présence simultanée du logo Breitling, de celui de la Navitimer et du logo de la marque représentant un avion. Et j’adore la disposition tricompax du chronographe, jamais modifiée, avec ses nombreux compteurs aux couleurs contrastées, bref, tout le tralala.

Cela fait beaucoup d’informations. Je ne peux pas en lire la plupart sans lunettes, mais je convoite cette montre depuis des décennies. Breitling vient de réactiver la collection avec son hommage à Miles Davis, qui reste une véritable jungle horlogère, mais procure une satisfaction étrangement évidente. Sa forme répond à la fonction de la meilleure manière qui soit.

Breitling Navitimer B09 Chronograph 41 Miles Davis © David Chokron / WorldTempus

Le minimalisme, c’est bien aussi

À l’autre extrémité du spectre, un objet aux fonctionnalités limitées peut être traité avec beaucoup plus de liberté. La créativité dispose d’une plus grande marge de manœuvre, mais une école de pensée veut qu’il soit alors aussi simple que son usage.

Dans cette catégorie, celle des montres épurées, je porterais volontiers tous les jours, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, une Parmigiani Tonda PF Micro-Rotor, celle sans date lancée en 2024. Son cadran présente un léger guillochage, ses index sont si courts qu’on les distingue à peine et ses aiguilles ajourées ressemblent à des ombres.

Elle est épurée sans être totalement dépouillée. Limpide, mais pas vide. Habillée, tout en restant polyvalente. Quant au logo de la marque, il est aussi discret que celle-ci est confidentielle. À mes yeux, elle incarne la quintessence de la classe, celle qui ne cherche pas à s’imposer, celle que seuls les initiés savent reconnaître (IYKYK, pour If You Know, You Know). Le goût à l’état pur.

Je ne vais pas trancher

Dans un monde où la catégorisation est devenue un réflexe, où le jugement vient si naturellement et où les clans, les groupes et les camps semblent compter davantage que l’équilibre et la raison, il y a de bonnes raisons de défendre l’éclectisme et le refus de prendre parti.

L’univers horloger est vaste et incroyablement diversifié, tout comme celui du design en général, et tous deux sont traversés par des questionnements similaires. Tous les styles, toutes les tendances et tous les genres cohabitent, tout comme les montres chargées et les montres épurées. Il en va de même pour leurs designers et, bien sûr, leurs clients.

Je suis comme eux, je suis comme vous. Parfois tiraillé entre les extrêmes, emporté par mes envies et enthousiasmé par les magnifiques propositions qui foisonnent actuellement. Alors, j’aime une chose et son contraire, et je l’assume. Je suis une personne aux goûts variés, et « je veux être moi-même, est-ce si difficile à accepter ? »

Parmigiani Tonda PF Micro-rotor © David Chokron

FAQ

Quel est le débat entre cadrans « encombrés » et cadrans épurés en horlogerie ?

Il oppose les cadrans denses, multi-fonctions, aux cadrans minimalistes et dépouillés. WorldTempus explore ces deux approches comme également valables, illustrées par la Breitling Navitimer et la Parmigiani Tonda PF Micro-Rotor.

Qu’est-ce que la Breitling Navitimer B09 Chronograph 41 Miles Davis ?

C’est une édition hommage à la Navitimer de 1954, reprenant la règle à calcul emblématique de la marque, ses sept échelles concentriques et sa disposition chronographe tri-compax à plusieurs compteurs.

Qu’est-ce que la Parmigiani Tonda PF Micro-Rotor ?

Un modèle minimaliste lancé en 2024, sans date, au cadran légèrement guilloché, aux index très courts, aux aiguilles squelettées et au logo discret.

À quoi sert une règle à calcul sur une montre chronographe ?

Une règle à calcul est une échelle rotative, sur la lunette ou le cadran, permettant des calculs de vitesse, distance ou consommation, rendue célèbre par la Navitimer de Breitling depuis 1954.

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