Il est parfois nécessaire de simplifier un propos pour le rendre plus audible, mieux compréhensible. Il en va ainsi des premières présentations de la marque Lorige : la seule et unique maison Swiss Made dont les boites, éditées en séries limitées, sont conçues à partir de plaquettes de frein de bolides historiques.
L’avant-propos est toujours juste, mais loin de recouvrir l’ensemble du savoir-faire de Lorige. Car sous cette simple affirmation – « produire des boîtes de montres en carbone racing » - se cache en réalité un écosystème complet d’ingénieurs, d’artisans, d’horlogers ... et de pilotes. Et ce qui fait la force de Lorige, c'est que tous ces intervenants travaillent main dans la main au profit d’un même objectif : réaliser une montre véritablement unique.
Le premier maillon de la chaîne est Clément Étienvre, cofondateur et CEO de la marque. Il y a peu, l’homme écumait encore les paddocks et les courses en sa qualité d’ingénieur pour l’écurie TDS Racing. L’époque n’est pas révolue, mais la page est tournée : depuis qu’il a partagé avec ses associés l’idée de concevoir des montres en plaquettes de carbone racing sous la bannière Lorige, cette activité l’occupe à 100%. Et le cap a donc été mis vers ... Meyrin. C’est là que se trouve le partenaire manufacturier de Lorige. Son nom n’est guère connu du grand public : Régence Production, rebaptisée récemment Gecoh.
Discrétion assurée
L’entreprise n’affiche pas le faste des grandes manufactures genevoises. Et pour cause : elle travaille pour elles. La légendaire discrétion horlogère empêche de citer le moindre de ses clients, mais il y est question, au quotidien, de répétitions minutes et de tourbillons, parmi quantité d’autres complications et projets. Gecoh est donc un acteur de niche, resté à taille humaine, avec un savoir-faire très spécifique en matière de Haute Horlogerie. Soit, peu ou prou, la même définition que ... Lorige.
Le rapprochement s’est donc fait naturellement. Les deux partenaires convolent ensemble depuis leurs premières heures. Lorige dispose chez Gecoh d’un chef d’atelier d’envergure dont la confidentialité, pour un profil aussi recherché, impose de taire le nom. Au cœur de son équipe, un horloger travaille à l’assemblage et au réglage des collections de Lorige, les BL (deux aiguilles, date et réserve de marche) et AS (tourbillon central volant, heures et minutes). Même au sein des expérimentés ateliers Gecoh, l’exercice Lorige est délicat, car tous les éléments du mouvement (100% propriétaire Lorige) prennent place dans une boîte en carbone/carbone.
Dans le sillage d’Ayrton Senna
Cette technologie, elle aussi propriétaire Lorige, permet de convertir des disques de freins de bolides racing en boîtier de montre, grâce à un procédé d’injection breveté dont Lorige a l’exclusivité et, surtout, le secret. Avec une double contrainte : assurer l’étanchéité et l’emboîtage au cœur de ce matériau peu commun, et sans la moindre erreur possible, car chaque boîte Lorige est unique. La maison ne peut en produire que 2 à 4, grand maximum, dans chaque précieux frein historique qu’elle a en sa possession. Comme ceux de la fameuse McLaren MP4/8 d'Ayrton Senna de 1993, après son duel avec Alain Prost.
Doubler la production en 2026
Le fruit de cette collaboration rapproché séduit de plus en plus d’amateurs de courses et voitures de légende. En 2025, Lorige vendait une montre tous les 15 jours à des collectionneurs et passionnés de tous pays. En 2026, la cadence devrait doubler.
Parmi les derniers conquis, Luís Felipe « Pipo » Derani, pilote brésilien ayant notamment remporté les 24 Heures de Daytona et les 12 Heures de Sebring. Le jeune prodige, 33 ans, accompagne Lorige avec, en plus de ses performances sur circuit, une élégance, une distinction et une gentillesse peu communes. Le meilleur ambassadeur Lorige : un véritable requin sur circuit, un gentleman driver à la ville.