Cette horloge unique est l’œuvre de l’ingénieur suisse Jean-Léon Reutter qui, en 1928, présenta un prototype d’horloge révolutionnaire fonctionnant grâce à de très légères variations de la température ambiante.
Son dispositif reposait sur un tube en verre en forme de U contenant un mélange de mercure et d’ammoniac : une extrémité était isolée de la chaleur, l’autre exposée. La moindre variation de température dilatait alors le gaz, ce qui faisait basculer le tube sous l’effet du mercure et permettait de remonter légèrement le mécanisme.
Cette innovation suscita un tel engouement que plus d’une centaine d’articles lui furent consacrés dans la presse internationale, des États-Unis à l’Afrique du Sud. Toutefois, le prototype devait encore être perfectionné pour être produit à grande échelle.
C’est à ce moment que Jacques-David Jaeger-LeCoultre entra en scène. En collaboration avec Reutter, il améliora le système en concevant un mécanisme à soufflet rempli de gaz sensible aux variations de température, éliminant ainsi l’usage du mercure, jugé risqué.
Ce nouveau dispositif fut introduit avec le modèle « Atmos 1 » en 1932. Fidèle à ses promesses, cette horloge pouvait fonctionner indéfiniment dès lors que la température ambiante variait, même de façon minime.
Des débuts techniques à une prouesse horlogère
Encore plus impressionnant, ce mécanisme permet à l’horloge de fonctionner avec une consommation d’énergie 65 millions de fois inférieure à celle d’une ampoule de 15 watts.
Les premiers modèles conçus par Reutter adoptaient la forme classique d’horloges sous cloche, où cadran et mécanisme étaient protégés par un dôme en verre. Cependant, la collaboration avec Jaeger-LeCoultre marqua une rupture avec ce style traditionnel, au profit d’un design plus moderne, en accord avec l’esthétique Art déco de l’époque.
Le dôme fut remplacé par des boîtiers sophistiqués réalisés dans des matériaux variés comme le bois exotique, l’acier poli, le cristal, la laque ou encore l’émail, mettant en valeur le fascinant mécanisme de mouvement perpétuel.
Dans les années 1950, l’Atmos devint un cadeau officiel du gouvernement suisse destiné aux personnalités de haut rang, parmi lesquelles Winston Churchill, John F. Kennedy et Charlie Chaplin.
Une icône intemporelle célébrée à Milan
Si la Reverso reste le modèle emblématique de Jaeger-LeCoultre, l’Atmos occupe sans doute la deuxième place. Produite presque sans interruption depuis près de cent ans, elle sert également, depuis les années 1970, de support à des collaborations entre les artisans des métiers rares de la maison et de grands designers.
Parmi eux, l’Australien Marc Newson est sans doute le plus célèbre. Il a notamment conçu en 2008 l’édition « 561 » en cristal Baccarat pour célébrer les 80 ans de l’invention, avant de poursuivre avec les modèles 566 en 2010 et 568 en 2016.
Sa participation à l’exposition The Perpetual Timekeeper, organisée à la Villa Mozart durant la Milan Design Week, apparaissait donc comme une évidence.
L’événement présente des modèles Atmos issus de chaque décennie, ainsi que d’autres créations horlogères de Jaeger-LeCoultre et cinq nouvelles horloges inédites.
La visite dure environ 30 minutes et est gratuite, sous réserve d’une inscription préalable via le site jaeger-lecoultre.com.
Du 21 au 26 avril, la maison proposera également une autre exposition intitulée Today’s Masters Meet Tomorrow’s Talents, mettant en avant le savoir-faire de ses ateliers d’artisans.
Organisée par la Michelangelo Foundation, elle se tiendra à la Casa Degli Artisti, sur le Corso Garibaldi.
Toutes les informations complémentaires sont disponibles sur jaeger-lecoultre.com