WORLDTEMPUS – 4 février 2009
Louis Nardin
Lionel Ladoire et ses créations éponymes détonnent. Comme lui, ses montres répondent à un anticonformiste autant réfléchi que maîtrisé. Ce fondateur n'est-il pas l'un des seuls patrons à arborer une crête punk, de couleur naturelle, certes, et à jouer de la batterie dans un groupe de rock-garage ? Reste qu'à l'instar d'autres marques comme MCT, Urwerk ou Hautlence, ses produits respectent en tout point les codes de la haute horlogerie et terme de qualité, de cohérence et de finitions.
Justement, les finitions sont au cœur des trois déclinaisons de son modèle original RGT – Roller Guardian Time. Et chaque version présente un caractère puissant et singulier qui mérite un temps d'arrêt. La surface de la « Punk Rock » est constellée de micropyramides symétriques, le fameux Clous de Paris que l'on rencontre habituellement sur les cadrans. Elle assume donc bien son nom provocateur puisque cette carapace lui donne une touche d'agressivité l'éloignant définitivement d'un certain consensus. Pour renforcer cette identité tranchée, et faire preuve en même temps du savoir-faire horloger de la maison, le mouvement a été pour la première fois squeletté et ses ponts perlés d'une façon volontairement démesurée pour créer un aspect déstructuré. Les 3 exemplaires valant 158'000 francs suisses hors taxes chacun ont tous été vendus. Ceci dit, Lionel Ladoire quittera le GTE sur un bilan en demi-teinte : toutes les séries spéciales qu'il y aura présentées auront trouvé preneur, la collection courante n'aura pas rencontré le même engouement.

Baptisé « Blue », la seconde série de 3 pièces fait la part belle aux couleurs pastel. Une partie du cadran a été découpée pour lui conférer un aspect squeletté et les parties bleues de ce dernier ont été colorées par un procédé de galvanoplastie proche de l'or noir. « Il fallait que ce modèle soit frais, pétillant. En associant du noir, du bleu, qui se retrouve sur le bracelet, et du gris titane, nous avons dégagé un équilibre entre grande classe et état d'esprit décontracté. » Il fallait débourser 127'000 francs suisses pour se l'offrir.

« White Choc » ou « Hot Choc », à voir Lionel Ladoire hésiter entre les deux, peut importe le nom final. La dernière montre de cette trilogie n'existe qu'à un exemplaire, lui-même réservé d'office à un membre du programme ultrasélect d'American Express Centurion Be Unique. Plongée dans les tons bruns, le souhait était ici de créer une pièce habillée. Pour la première fois, une RGT affichait un cadran Clous de Paris. L'acheteur aura dépensé 149'000 francs suisses hors taxes pour l'obtenir.
