Avec sa production confidentielle, la marque vise un public de connaisseurs fortunés. Son CEO Thierry Oulevay souligne l'importance de travailler avec des détaillants reconnus.
WORLDTEMPUS - 18 janvier 2010
Propos recueills par Louis NardinDepuis sa création en 2005, Jean Dunand donnait rendez-vous tous les deux ans à la même période pour dévoiler sa nouveauté. N'étant pas totalement terminé, il faudra attendre Baselword pour découvrir ce chronographe monopoussoir de forme. Son CEO, Thierry Oulevay, a néanmoins expliqué à Worldtempus en quoi vendre des montres Jean Dunand était un exercice particulièrement délicat.

Thierry Oulevay, CEO de Jean Dunand @ Louis Nardin/Worldtempus
Thierry Oulevay: Grâce à la montée en puissance de la Russie et de l'Asie, nous avons été relativement épargnés. Il est néanmoins incontestable que nous avons ressenti un fort ralentissement aux Etats-Unis, un marché considéré comme l'un des plus difficiles et que nous avions placé en tête dans notre stratégie. Avez-vous dû faire face à une tendance conservatrice de votre clientèle qui se serait détournée de nouvelles marques pour d'autres, plus anciennes et connues?
Ce sont plutôt auprès des détaillants que l'on constate un recentrage sur des marques établies. Et dans ce cas, effectivement, la tâche est devenue plus difficile. Mais notre démarche demande d'abord dans un fort investissement pour expliquer aux clients notre philosophie, ce qui m'amène à dire qu'aucune montre Jean Dunand n'est prévendue à l'avance. Nous travaillons constamment pour expliciter notre différence, en quoi nous ne sommes ni des opportunistes, des excentriques ou encore une marque surfant sur une mode actuelle.Votre production en très petite quantité pourrait-elle vous dispenser de faire appel à des détaillants?
On pourrait le penser mais ce n'est pas le cas. Nos détaillants apportent une caution inestimable en s'investissant personnellement dans la vente d'une Jean Dunand. Notre clientèle, par nature très fortunée, leur fait une totale confiance. Ces relations privilégiées s'avèrent donc capitales. Ceci dit, il serait envisageable d'atteindre directement à l'acheteur final sans passer par des tiers. Mais il s'agirait alors d'un business model à part entière et qui n'est pas le nôtre.

Le Tourbillon Orbital avec cadran en saphir bleu © Jean Dunand