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Célébration du patrimoine

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Elle inaugure son incroyable musée, installé à l'emplacement même du premier atelier de son fondateur Antoine Le Coultre.

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L'entrée de la Galerie du Patrimoine habillée de différentes matières savamment dosées, verre, cuir ou encore ardoise. (DR)

Au coeur de la Galerie, une vitrine géante de 5 mètres de haut abrite 300 mouvements créés par la Grande Maison. (DR)

Explosion de feux d'artifice sur la façade de la Galerie du Patrimoine de Jaeger-Le Coultre. Le musée a été officiellement inauguré jeudi soir par sa marraine, la star Carole Bouquet. (J.F. AUBERT)

La mythique Reverso, montre dont le boîtier peut se retourner.
Ici, la Reverso Grande Sun Moon. (DR)




L
e patron de Jaeger Le­ Coultre Jérôme Lambert l'avait promis en début d'année: à son inauguration, la Galerie du Patrimoine de la mar­que horlogère allait en étonner plus d'un.
La surprise est en effet de taille et n'aura pas été gâchée par le récent cambriolage de la ma­nufacture en septembre dernier. Au Sentier, à l'emplacement même du premier atelier du fon­dateur de l'entreprise horlogère Antoine Le Coultre, se dresse un bâtiment des plus impression­nants. Voici la Galerie du Patri­moine, un musée retraçant plus d'un siècle et demi de savoir faire horloger, où sont exposés plus de 500 objets, véritables trésors de la Grande Maison de la Vallée de Joux.
Jeudi soir, les invités à l'inau­guration auront eu le plaisir de découvrir la star Carole Bouquet couper le ruban marquant l'ouverture officielle de la Gale­rie au milieu d'un feu d'artifice.
Passée l'entrée, une autre sur­prise attend le visiteur. Dé­ployées sur deux étages, les vitri­nes arborant les collections de la marques s'entremêlent entre le verre et le cuir dans une disposi­tion savante. Au centre, un mur transparent de près de 5 mètres de haut mais aussi de large expose probablement la plus ex­traordinaire collection de mou­vements horlogers jamais expo­sés.
«C'est notre coeur, nos tradi­tions », explique Jérôme Lam­bert, décrivant les 300 calibres présentés dans ce musée, vérita­ble reflet de l'art horloger de Jaeger Le Coultre depuis 1833.
Hommage à la Vallée

Un art qui comprend, outre la conception de mouvements com­pliqués, la création de collections horlogères dont la renommée n'est plus à faire. A chaque épo­que correspond une montre qui l'aura marquée. De la Duoplan, la première montre féminine qui, dans les années 20, devient un symbole d'élégance, à la my­thique Reverso, cette montre ré­versible dont le succès n'a cessé de croître depuis 1931 ( lire ci­contre).
Au total, des centaines de montres de poches, montres-bra­celets, montres bagues, broches ou pendentif, pendulettes et autres garde-temps d'une com­plexité extrême ont été réunis dans la Galerie du Patrimoine de la manufacture aujourd'hui pro­priété du groupe Richemont.
Celle-ci accueillera chaque année plusieurs expositions. «Ces expositions seront mar­quées par les dernières créations que nous sortirons», dévoile le patron de Jaeger Le Coultre, qui précise que pour son inaugura­tion, le musée a choisi de mettre en relief les documents fonda­teurs de la Manufacture à la Vallée de Joux. Une façon de rendre hommage à cette région reconnue comme l'un des ber­ceaux de la tradition horlogère helvétique.
Nul doute, la Galerie du Patri­moine de Jaeger Le Coultre vaut vraiment le détour. Les amateurs devront toutefois encore atten­dre quelques mois avant de pou­voir admirer ces chefs-d'oeuvre. Cambriolage oblige, le patron de la Manufacture a décidé de re­pousser l'ouverture son musée au public d'environ 6 mois, afin de tester les différentes procédu­res de sécurité.

Tribune de Genève / FLORENCE NOËL  / www.tdg.ch

 

 

Jaeger-LeCoultre approfondit sa relation clients

La marque de montres, qui multiplie les opérations vers ses acheteurs, ouvre aujourd'hui un musée au sein de sa manufacture.

A côté de son modèle emblématique, la Reverso, la marque élargit son offre, avec par exemple cette tulipe s'ouvrant sur une montre toute en pierres précieuses et la Master Compressor Extreme LAB, une montre ne nécessitant ni huile ni graisse susceptibles de sécher.

Dans une vitrine haute de plus de 4 mètres s'échelonnent 300 mouvements de montres de différentes époques. Plus loin, quelque 200 modèles anciens sont mis en scène, d'une version de poche datant de 1928 à une Reverso dévoilant le portrait, en émail, d'une jeune Indienne à l'histoire mystérieuse. Inaugurée aujourd'hui par Jaeger-LeCoultre dans sa manufacture suisse de la vallée de Joux, cette Galerie du patrimoine - version modernisée du musée - doit appuyer le travail actif de la marque en matière de relations avec ses clients. Une majorité de gros détaillants commercialisant la griffe a d'ailleurs déjà planifié des visites avec ses propres consommateurs. Une fois par semaine, l'espace est, en outre, ouvert à tous sur inscription. Dans l'univers de l'horlogerie, le lien à la marque prend une importance particulière et le secteur emprunte ses propres voies pour séduire et fidéliser des acheteurs généralement très avertis. Jaeger-LeCoultre organise ainsi une fois par an dans ses villes phares des « master classes » permettant aux amoureux de la marque de démonter et recréer une montre sous la houlette d'un expert. Dans l'espoir qu'ils parlent de cette expérience dans leurs prochains dîners en ville. Cette année, la session parisienne est prévue en novembre. Autre étage du dispositif : des conférences sont données à travers le monde sur des thèmes pointus de l'horlogerie comme le Tourbillon Tour qui rassemblait un historien et un ingénieur des matériaux ou, au printemps prochain, le Duomètre Tour.

Constitution d'un club

La marque du groupe Richemont a aussi lancé un club. Outre l'échange d'informations, la discussion autour d'un blog ou la possibilité de construire virtuellement une montre sur un site Internet réservé, être membre ouvre accès à des événements. En avril, lors du Salon international de la haute horlogerie, des boutiques à Londres, Paris, Genève et Hong Kong les invitaient à découvrir une nouveauté. Dans l'Hexagone, il a fallu refuser du monde.

Dans sa communication, l'horloger met aussi largement sa manufacture sur le devant de la scène. « Dans un monde à la recherche de valeurs et d'intégrité, faire savoir que tous les mouvements sont fabriqués en interne est important. Etre le plus ouvert possible sur l'extérieur aide à nouer un lien aussi spécifique, intime et émotionnel que peut l'être la relation que chacun entretient avec sa propre montre », souligne Jérôme Lambert, directeur général de Jaeger-LeCoultre.

Pour ses opérations de mécénat, la griffe mise sur la photographie, au travers notamment d'un partenariat avec le Jeu de Paume à Paris. « Nous avons voulu choisir un thème d'expression parlant à tout le monde. Chacun fait de la photo alors que seuls certains peignent ou jouent d'un instrument. En outre, il s'agit d'un art jeune, ayant des bases classiques mais un aspect contemporain », ajoute le directeur général.

L'horloger, qui vend environ 50.000 pièces par an, revendique une croissance à deux chiffres de ses ventes, supérieure à celle d'un marché de la montre de luxe en très bonne forme. En France, la progression a atteint quelque 20 % l'an dernier. La médaille a toutefois un revers : la difficulté à satisfaire les commandes, faute de stock suffisant. « Actuellement, nous n'arrivons pas à suivre la demande non seulement sur les nouveaux modèles pour lesquels nos clients ont l'habitude d'attendre mais aussi sur les classiques », relève Yves Meylan, directeur de Jaeger-LeCoultre France. A la fin de l'hiver - le site étant en altitude il faut laisser passer les frimas -, la manufacture doit donc démarrer un programme d'agrandissement de 9.000 m2, alors qu'elle en compte 13.000 aujourd'hui.

En attendant, les nouveautés au prix moyen plus élevé tirent la croissance. Exemples extrêmes : deux pièces à 700.000 et 1 million d'euros se sont vendues cet été à Paris. « La marque est respectée et désirable dans ce segment de prix », se félicite Yves Meylan.

Des montres sport

L'horloger a aussi élargi son offre, notamment vers des montres sport. La Galerie doit d'ailleurs servir à exposer cette diversité. L'industriel ne veut pas se résumer, dans l'esprit du public, à son modèle emblématique, la Reverso, une icône qui a fêté l'an dernier ses 75 ans. Dans l'Hexagone, cette dernière représente sensiblement la moitié des ventes, contre les deux tiers auparavant.

« En sortant des produits d'image, nous faisons découvrir l'étendue de nos propositions », souligne le directeur France. Dernière innovation en date : la Master Compressor Extreme LAB, une montre en série très limitée ne nécessitant ni huile ni graisse susceptibles de sécher. A terme, certaines solutions seront adaptées à des produits un peu plus abordables.

Autre piste suivie : la haute joaillerie. Lors de la récente Mostra de Venise, une rose et une tulipe s'ouvrant sur une montre toute en pierres précieuses ont été présentées au cours d'une soirée et vendues dans la foulée pour la bagatelle de 500.000 et 550.000 euros. Avec, une contrainte : laisser à la marque le temps de les montrer à travers le monde. Ces deux objets préfigurent d'autres pièces. Une réplique comme une autre aux marques de joaillerie qui ont largement pris position dans le champ de l'horlogerie.

Les origines de l'horloger

1833 : Antoine LeCoultre, horloger autodidacte formé dans la forge de son père, fonde un atelier en Suisse, dans la vallée de Joux.1866 : Son fils Elie transforme le lieu en manufacture, maîtrisant toutes les étapes de la fabrication et de l'assemblage.1903 : Le Parisien Edmond Jaeger met les Suisses au défi de fabriquer des calibres plats qu'il a inventés. Le petit-fils de la maison, Jacques-David LeCoultre, s'y attelle, débutant ainsi une collaboration.1931 : Incarnant les valeurs de l'Art déco, la montre Reverso est créée.1937 : Les créations horlogères portent la signature Jaeger-Lecoultre.

 

Le Echos / CLOTILDE BRIARD  / www.lesechos.fr

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