
Aussitôt dit, aussitôt fait: à New York, Jones fonde avec deux associés un réseau de distribution appelé à habiller d'un boîtier les mouvements de montres de gousset fabriqués en Suisse et, de là, à les distribuer dans toute l'Amérique du Nord. L'entreprise reçoit un nom ronflant: International Watch Company. Jones, accompagné de son ami l'horloger Louis Kidder, prend alors le bateau pour se rendre en Europe. Les deux compères emmènent dans leurs bagages non seulement une multitude d'idées, mais aussi des machines pour la fabrication en série de pièces et quelques plans de construction prêts à être utilisés pour les premières montres de fabrication suisse.
Première surprise: en Suisse romande avec ses centres de l'horlogerie, où Jones envisage de s'établir, on traite avec condescendance cet amateur d'innovation. En effet, les hommes qui fabriquent en grande partie des pièces de montre à domicile craignent les machines modernes et le concept d'une fabrication en série même si celui-ci a l'avantage incontestable d'une qualité toujours identique.
L'histoire aurait déjà pu s'arrêter là. Mais, en Suisse romande, Jones fait connaissance d'un industriel schaffhousois polyvalent, Heinrich Moser. Et celui-ci soumet à l'Américain une offrepas tout à fait altruiste, mais d'autant plus séduisante: à Schaffhouse, une petite ville du Nord de la Suisse dont l'Américain n'a sans doute encore jamais entendu parler jusque-là, il peut se mettre au travail immédiatement – dans des bâtiments industriels appartenant à Moser. Cerise sur le gâteau: il disposera aussi de l'énergie nécessaire pour actionner les machines – à cette époquelà, il n'était pas encore question de courant électrique. Une usine hydraulique construite par Moser lui-même fournit l'énergie indispensable directement à la fabrique par le biais d'arbres et de longs câbles de transmission. C'est ainsi que Jones vient à Schaffhouse en 1868 – et que Schaffhouse, loin de la Suisse romande, héberge soudain une fabrique de montres.
Jones peut donc réellement transposer dans la pratique son idée hardie. De même, son principe consistant à fabriquer des montres de grande qualité à des tolérances toujours identiques fonctionne – et justifie la réputation des montres de Schaffhouse, une réputation qui se perpétue jusqu'à aujourd'hui dans le monde entier.
Mais l'aventure qui a commencé de façon très prometteuse, sur le plan horloger, avec les premiers «calibres Jones», du nom du fondateur de la firme, prend une vraiment mauvaise tournure, sur le plan commercial, pour Jones lorsque l'Amérique – contrairement à sa promesse – ne diminue pas les droits de douane, d'un taux de 25 pour cent, édictés à cause de la guerre en 1864. L'avantage des plus faibles salaires suisses est donc réduit à néant. Jones rentre à Boston et la «fabrique de montres américaine» est reprise par des Suisses. Mais le fondateur laisse aux repreneurs cette ambition particulière de solutions techniques raffinées et toujours supérieures.
C'est ainsi que, par la suite, malgré les difficultés de ses débuts, la manufacture se développe au point de devenir l'un des fabricants les plus renommés de montres de gousset solides et d'une grande longévité. Et elle est aussi, dès le début, l'un des protagonistes les plus actifs de la révolution horlogère qui favorisait, vers les années 1900 déjà, la prééminence de la montre-bracelet. Mais la guerre de religion sur le port de la montre ne se termine réellement que dans les années Trente ou Quarante. Et c'est justement au moment où commence cette période de nouveaux bouleversements techniques que naissent quelques-unes des montres d'IWC les plus passionnantes et les plus convoitées des collectionneurs aujourd'hui encore. Certaines ont écrit des chapitres de l'histoire de l'horlogerie.
Six montres – six légendes de la fondation des familles de montres IWC d'aujourd'hui
De cette manière, ils se transforment toutefois aussi en des personnalités de l'horlogerie absolument nouvelles. Ils indiquent par exemple à quoi aurait ressemblé une Ingenieur de 1955 si son boîtier porté au poignet n'avait pas eu un diamètre de 37,5, mais de 42,5 mm.
Les six montres, qui sont respectivement proposées en édition illimitée en acier inoxydable avec cadran noir et en édition limitée en platine avec cadran argenté, sont toutefois plus qu'un simple «best of» de l'ère de la montre-bracelet chez IWC. Elles incarnent – chacune d'entre elles prise isolément – pratiquement la légende de la fondation des familles de montres de la manufacture qui existent aujourd'hui. Les 140 premières montres vintage en platine sont malgré tout en quelque sorte déjà réservées: elles sont proposées en offre particulière, toutes avec le même numéro, en tant que série absolument unique, dans une valise en cuir réalisée avec une grande minutie.
Six légendes célèbrent 140 ans d'IWC Schaffhausen
IWC Vintage Collection – Jubilee Edition 1868–2008Montre d'Aviateur Remontage Manuel

Cela commence avec la première Montre d'Aviateur de 1936: première montre spéciale de ce mode de locomotion encore jeune et fatigant, elle avait déjà à bord presque toutes les fonctionnalités importantes: par exemple un cadran noir avec des aiguilles et des chiffres lumineux de grande taille qui a servi de modèle pour le perfectionnement du classique design cockpit et, plus tard, pour certaines aussi, un mouvement avec pièces de l'échappement amagnétiques.
Montre d'Aviateur Remontage Manuel
Ref. IW3254
Mouvement
Calibre 98300
Alternances 18 000/ h / 2,5 Hz
Rubis 18
Réserve de marche 46 h
Remontage manuel
Boîtier
Matières platine, acier
Verre saphir, bombé, antireflet
Fond transparent saphir
Cadrans argenté, noir
Etanchéité 6 bars
Diamètre 44mm
Hauteur 12mm
Poids
Montre en platine avec bracelet cuir de veau noir 145 g
Montre en acier avec bracelet cuir de veau brun 89 g
Portugaise Remontage Manuel

En tant que première «montre de gousset-bracelet », elle a établi le format géant au poignet, aujourd'hui très largement répandu. Et c'est aussi elle qui a rompu, pour la première fois, le tabou consistant à porter au bras un authentique mouvement de montre de gousset. Avec succès et, d'ailleurs, chez IWC, jusqu'à aujourd'hui. Elle a ainsi créé une catégorie de montres absolument inédite. Il est donc incontestable que, en tant que fondatrice d'une admirable famille de montres IWC, la Portugaise figure parmi les témoins essentiels de la fière histoire de la société. Elle doit ce nom, apparu à la fin des années Trente du siècle dernier, à deux négociants portugais qui avaient exigé qu'elle ait exactement cet aspect et ces caractéristiques. Ils souhaitaient une montre d'une précision extrême qui rappellerait leur prestigieuse tradition de nation de navigateurs.
La «Portugaise» qui n'a été nommée ainsi que quelques années plus tard, était conçue, d'emblée, avec toutes ses fonctionnalités, comme montre d'observation inofficielle et, donc, comme instrument de navigation. Pour la Portugaise Remontage Manuel, nous avons choisi parmi les nombreux cadrans utilisés pour les Portugaises originelles celui qui est, sur le plan esthétique, assurément le plus intéressant et qui n'a encore jamais été utilisé pour les Portugaises des temps modernes: des chiffres arabes et des indices bâton se succèdent, la plage de mesure proprement dite étant séparée vis-à-vis du centre du cadran par un autre cercle et la minuterie étant exécutée dans la forme «chemin de fer» très populaire à cette époque. Les mêmes éléments graphiques réapparaissent également dans le cercle de l'affichage des secondes. La forme du boîtier (44mm) avec la lunette creusée et les cornes de bracelet légèrement galbés vers le bas correspondent à l'original. A la différence de celui-ci – et aussi du modèle anniversaire de 1993 – la Portugaise Vintage comporte au-dessus du cadran un verre saphir antireflets évidé. Elle est mue par le calibre 98295, qui est presque identique au mouvement de la Montre d'Aviateur Vintage: remontoir manuel, fréquence de balancier de 2,5 Hz, grand balancier à vis, spiral Breguet, platine trois-quarts en argentan nickelé, ponts perlés et décorés de côtes de Genève. Ici aussi, la queue de raquette surdimensionnée, la fameuse «flèche Jones», qui va du pont de balancier à la platine, rappelle le fondateur de la société, Florentine Ariosto Jones, qui a créé la manufacture sur les bords du Rhin, il y a 140ans, et l'a accompagnée lors de ses premières années.
Caractéristiques
Portugaise Remontage Manuel
Ref. IW5445
Mouvement
Calibre 98295
Alternances 18 000/h / 2,5 Hz
Rubis 18
Réserve de marche 46 h
Remontage manuel
Boîtier
Matières platine, acier
Verre saphir, évidé, antireflet
Fond transparent saphir
Cadrans argenté, noir
Etanchéité 3 bars
Diamètre 44mm
Hauteur 10mm
Poids
Montre en platine avec bracelet croco noir 103 g
Montre en acier avec bracelet croco noir 77 g

L'icône de l'horlogerie d'IWC a été revue et corrigée de fond en comble un demi-siècle après sa première apparition. Ce qui, il y a plus de cinquante ans, a été un gage de robustesse et de fiabilité dans l'Ingenieur en tant que calibre 8531 – et plus tard 8541– trouve aujourd'hui son prolongement logique dans le calibre de manufacture 80110 ou 80111. L'Ingenieur Automatic est équipée de ce groupe qui entraîne également la «nouvelle» Ingenieur présentée en 2005 – dont le boîtier de 42,5mm de diamètre est l'un des cadrans Ingenieur au style le plus raffiné – avec les indices à point-tiret (le point constitue la masse lumineuse) et les aiguilles Dauphin. Ce modèle est aujourd'hui une rareté de collectionneurs d'une qualité inégalée. L'hommage moderne à ce monument de l'horlogerie renonce au boîtier en fer doux de l'original et expose en revanche le mouvement de manufacture aux regards. Avec le verre en saphir antireflets évidé au-dessus du cadran et la lunette vissée, l'Ingenieur Vintage est étanche jusqu'à 12 bars.
Ref. IW3233
Hommage à la première Ingenieur avec mouvement automatique de 1955, avec le successeur du mouvement calibre 80111 à remontoir Pellaton, variante en platine limitée à 500 exemplaires
Mouvement
Calibre 80111
Alternances 28 800/ h / 4 Hz
Rubis 28
Réserve de marche 44 h
Remontage automatic
Boîtier
Matières platine, acier
Verre saphir, évidé, antireflet
Fond transparent saphir
Cadrans argenté, noir
Etanchéité 12 bars
Diamètre 42,5mm
Hauteur 14,5mm
Poids
Montre en platine avec bracelet croco noir 163 g
Montre en acier avec bracelet croco noir 99 g
Aquatimer Automatic

Ref. IW3231
Hommage à la première montre de plongeur d'IWC, l'Aquatimer de 1967, avec lunette tournante intérieure et le mouvement automatique actuel calibre 80111 à remontoir Pellaton, variante en platine limitée à 500 exemplaires
Mouvement
Calibre 80111
Alternances 28 800/ h / 4 Hz
Rubis 28
Réserve de marche 44 h
Remontage automatic
Boîtier
Matières platine, acier
Verre saphir, bombé, antireflet
Fond transparent saphir
Cadrans argenté, noir
Etanchéité 12 bars
Diamètre 44mm
Hauteur 14,5mm
Poids
Montre en platine avec bracelet croco noir 193 g
Montre en acier avec bracelet caoutchouc noir 122 g
Da Vinci Automatic


Caractéristiques
Ref. IW5461
Hommage à la première Da Vinci (électronique), mais avec mouvement automatique calibre 80111 à remontoir Pellaton, variante en platine limitée à 500 exemplaires
Mouvement
Calibre 80111
Alternances 28 800/h / 4 Hz
Rubis 28
Réserve de marche 44 h
Remontage automatic
Boîtier
Matières platine, acier
Verre saphir, bombé, antireflet
Fond transparent saphir
Cadrans argenté, noir
Etanchéité 3 bars
Diamètre 42mm
Hauteur 13,5mm
Poids
Montre en platine avec bracelet croco noir 166 g
Montre en acier avec bracelet croco noir 115 g


Ref. IW5448
Hommage à la Portofino originelle Réf. 5251, avec mouvement de montre de gousset et affichage extrêmement précis de la phase de lune, variante en platine limitée à 500 exemplaires
Mouvement
Calibre 98800
Alternances 18 000/ h / 2,5 Hz
Rubis 18
Réserve de marche 46 h
Remontage manuel
Boîtier
Matières platine, acier
Verre saphir, évidé, antireflet
Fond transparent saphir
Cadrans argenté, noir
Etanchéité 3 bars
Diamètre 46mm
Hauteur 11mm
Poids
Montre en platine avec bracelet croco noir 121g
Montre en acier avec bracelet croco noir 85 g