Interview de Georges Kern

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Avec des produits aussi emblématiques que l'aviateur ou la portugaise, IWC aborde l'année en pleine confiance. Entretien avec Georges Kern, étoile montante du groupe Richemont.

Revolution #7 - Mars 2010Marco Cattaneo

IWC a placé l'année 2010 sous le signe de la Portugaise. Un retour aux sources ?
La Portugaise est un immense succès, un design mythique, au même titre que l'aviateur, que nous ne voulons pas révolutionner ; mais il était normal d'offrir une version plus sport, avec la Yacht Club Chronographe. Nous travaillons par rotation, nos produits sont relancés tous les cinq à six ans, au niveau technique, du design ou de la communication. Ou encore, comme nous le faisons cette année, pour compléter une gamme.

 

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Jean Reno, Zinédine Zidane, Luis Figo, après une édition 2009 “low profi le”, IWC a retrouvé ses stars lors du SIHH 2010.
Nous voulions renouer avec les événements, sans pour autant tomber dans l'arrogance ; nous avons partagé avec nos détaillants la relation privilégiée que nous entretenons avec nos ambassadeurs, en leur présentant notre nouveau film avec Jean Reno. Nous sommes encore en période de crise, il est important que les événements impliquant nos ambassadeurs soient authentiques, et pas « achetés ».

C'est tout de même un investissement marketing important.
Pas autant qu'on le pense. Ces gens-là gagnent des millions, ils n'ont pas besoin de notre argent, et savent parfaitement que nous sommes trop petits pour payer des “fees” normaux. Mais il y a d'autres moyens, comme soutenir leurs actions au travers des Fondations qu'ils représentent et surtout travailler dans la confiance. Personne ne me croit, mais je n'ai par exemple aucun contrat avec Jean Reno !

En soutenant notamment un projet aux Galapagos, vous avez placé 2009 sous le signe de l'environnement. Allez vous poursuivre dans cette voie ?
Nos projets dans ce domaine s'inscrivent tous dans la durée et ne datent pas de 2009, c'est une ligne que nous suivons depuis déjà sept ans, bien avant que certaines entreprises ne se découvrent une conscience écologique.

Nous avons trois niveaux de communication : la publicité, qui est clairement orientée produit, les projets auxquels nous nous associons, comme les Galapagos, et enfin les événements qui sont l'occasion de réunir les amis de la marque, ses ambassadeurs.

Quelles leçons tirez-vous aujourd'hui de la crise ?
Le monde se partage en deux de façon beaucoup plus claire qu'avant, il y a les gagnants d'un côté, les perdants de l'autre ; il n'y a plus de zone grise. Ce n'est pas vrai seulement pour l'horlogerie, où des marques vont croître et d'autres disparaître, on observe le même phénomène au niveau de secteurs industriels entiers, ou d'économies nationales : on verra des pays plonger plus profondément dans la récession pendant que d'autres rebondissent.

Et IWC se range dans le camp des gagnants ?
Les marques qui ont de vrais contenus ont gagné des parts de marché. Au-delà de l'émergence de marchés comme la Chine, la crise nous a également apporté des enseignements sur la distribution, et sur l'importance, en Europe, de réduire encore le nombre de points de vente tout en en augmentant la qualité, de façon significative.

La Chine est sur toutes les lèvres. Pouvez-vous dire aujourd'hui que votre premier client est chinois ?
La Chine n'est pas notre plus gros marché, mais si on y ajoute Hong Kong, Macao et les touristes chinois qui consomment à l'étranger, vous avez probablement raison, aujourd'hui, notre premier client est chinois.

 

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